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Libération
Liberté de la presse

Dans l’Union, un sursaut bien tardif

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Depuis peu, l’UE tente de contrer les régimes autoritaires avec les moyens dont elle dispose, parfois pas assez contraignants.

Des exemplaires du quotidien hongrois «Delmagyarorszag». (Laszlo Balogh)
ParJean Quatremer
Correspondant européen
Publié le 10/03/2021 à 9h58

«Si vous répétez assez souvent un mensonge, il devient vérité», clame le slogan peint sur un mur. Mais une petite fille a barré le mot «vérité» de cette phrase attribuée à Hitler ou à Goebbels, son ministre de la Propagande, c’est selon, et le remplace par le mot «journalisme». Ce dessin à la Banksy a été tweeté le 28 février par le Premier ministre slovène, le populiste Janez Jansa, qui s’est fait une réputation sur le réseau social à s’en prenant violemment aux journalistes, qu’ils soient slovènes ou non. Ou encore en félicitant Donald Trump le 4 novembre pour sa «réélection» à la présidence des Etats-Unis… Or c’est cet homme qui va présider, à partir du 1er juillet et durant six mois, le Conseil des ministres de l’Union. Un symbole malheureux pour une Europe qui se veut l’incarnation des valeurs démocratiques, mais qui ne dispose guère de moyens pour les faire respecter dans ses propres murs.

«Climat qui mène à l’autocensure»

Car la Slovénie n’est pas le seul problème de l’UE : la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Bulgarie ou encore Malte violent délibérément la liberté de la presse, l’un des piliers de la démocratie. «Il est inimaginable que des chefs de gouvernement ou, plus largement, d

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