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Reportage

Quand des street medics bordelais partent en Ukraine pour transmettre leur savoir-faire sur le terrain

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Trois amis, secouristes de rue pendant les gilets jaunes, ont effectué un aller-retour en Ukraine pour apporter du matériel médical et délivrer des formations des gestes de premiers secours aux combattants civils.

Le 1er avril à Saint-Caprais-de-Bordeaux (Gironde), Alex et Antonin, aidés par la femme d'Alex (à droite), préparent le camion qui leur permettra d'apporter plusieurs tonnes d'aide médicale en Ukraine. (Thibaud Moritz/Libération)
ParEva Fonteneau
correspondante à Bordeaux
Publié le 12/04/2022 à 11h34

Trente-trois heures à l’aller, trente-et-une heures au retour. Le voyage a été long, intense. Mais Max et Alex ne pensent déjà plus qu’à une chose, retourner dès que possible en Ukraine. «Frustrés de ne pas avoir fait plus.» Les deux amis sont street medics, ou secouristes de rue. La première fois qu’on a entendu parler d’eux, c’était pendant le mouvement des gilets jaunes, à Bordeaux, en automne 2018. Dans les cortèges, mêlés à la foule de manifestants, on les reconnaissait grâce à leur tee-shirt blanc et leur croix bleue en étendard. Chaque samedi, ils étaient plusieurs dizaines à se retrouver en première ligne pour prodiguer les premiers soins aux blessés.

Des années plus tard, le duo s’est recréé aux confins de l’Europe. «Aider, c’est dans notre ADN. Cette fois, on a voulu apporter notre soutien aux Ukrainiens», pose d’emblée Max, 31 ans, ambulancier de profession. Partis presque six jours début avril, les deux compagnons de route, rejoints par un ami volontaire, Antonin, se sont fixé deux objectifs : apporter 20m3 de matériel médical jusqu’à l’hôpital de Lviv, ville-refuge depuis le début de la guerre, dans l’ouest de l’Ukraine, et former des volontaires à la médecine de rue dans une ville voisine.

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