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Choc

Deux membres d’équipage français tués dans le crash d’un avion libyen en Turquie

L’accident du Falcone 50 a eu lieu le mardi 23 décembre près d’Ankara. Les cinq passagers, dont le chef d’état-major des armées libyennes, ont été tués ainsi que les trois membres d’équipage. La Turquie a ouvert une enquête.

Le chef d'état-major des armées libyennes et quatre autres passagers ont trouvé la mort mardi 23 décembre lorsque leur avion d'affaires s'est écrasé peu après son décollage d'Ankara. (ADEM ALTAN/AFP)
Publié le 26/12/2025 à 19h35, mis à jour le 27/12/2025 à 9h33

Deux Français faisaient partie des membres d’équipage du jet qui s’est écrasé mardi soir près d’Ankara, tuant tous ses passagers, dont le chef d’état-major des armées libyennes et ses quatre conseillers, a-t-on appris de source diplomatique française vendredi.

«Deux de nos ressortissants, membres de l’équipage, sont décédés dans l’accident aérien survenu le 23 décembre en Turquie», a affirmé cette source à l’AFP, sans préciser l’identité de ces ressortissants. «Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, via notre ambassade en Turquie et le centre de crise et de soutien, est en contact avec les familles et les accompagne dans leurs démarches», a-t-elle ajouté sans autre détail.

Cinq passagers, trois membres d’équipage

Outre le chef d’état-major de l’armée de Tripoli, le général Mohamed Al-Haddad, quatre de ses conseillers et trois membres d’équipage se trouvaient à bord de l’appareil, un Falcon 50, qui s’est écrasé moins de quarante minutes après son décollage.

La boîte noire a été retrouvée, selon les autorités turques qui ont fait état d’une panne électrique à bord de l’avion et ouvert une enquête pour déterminer les causes de l’accident. Selon le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloğlu, la boîte noire sera analysée dans un «pays neutre». Les résultats de l’analyse seront partagés «avec notre nation et le monde entier avec une totale transparence», a-t-il assuré.

Le ministre turc de la Justice Yilmaz Tunc a précisé depuis que «contact a été pris avec l’Allemagne à cet effet» d’analyse, ainsi que pour l’examen des enregistreurs vocaux de l’appareil. «Les investigations techniques et les enquêtes médico-légales sur la cause de la panne se poursuivent avec la plus grande minutie», a-t-il assuré.

Pilote et co-pilote

L’avion, un Falcon-50, avait été affrété auprès de la compagnie privée Harmony Jets, basée à Malte selon son site qui précise que la maintenance de ses appareils est effectuée à Lyon, en France. Contactée par l’AFP, Harmony Jets a refusé de préciser la nationalité du pilote et de l’équipage.

«Cette tragédie ne nous a pas seulement privés de personnes qui étaient nos collègues mais aussi comme des membres de notre famille», a répondu son service communication par email, arguant de sa «peine très vive» pour décliner toute demande de précision. «Nous ne sommes pas en mesure de préciser les identités ni autre détail à ce stade», ajoutait-il, affirmant faire «toute confiance aux autorités compétentes et coopérer pleinement avec elles».

Selon Airport Haber, un site d’information turc spécialisé dans les affaires aéronautiques, outre les Français - pilotes et co-pilotes selon cette source qui donne les noms - l’équipage comptait aussi une hôtesse de nationalité grecque dont un journal grec a diffusé les photos, précisant que la jeune femme avait rejoint la compagnie depuis deux mois.

Visite officielle en Turquie

En France, le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) «participe à l’enquête ouverte par la Turquie», a-t-il indiqué sur X vendredi, précisant que trois de ses enquêteurs «se rendent sur place accompagnés de conseillers techniques», comme il est d’usage en cas d’accident survenu à l’étranger à un aéronef de construction ou de conception française.

Le chef d’état-major libyen s’était rendu mardi à Ankara pour une visite officielle à l’invitation de son homologue turc. Il a aussi été reçu mardi par le ministre de la Défense et le chef d’état-major turcs, à l’occasion d’une des fréquentes visites que se rendent les responsables des deux pays.

La Turquie est un allié de poids du gouvernement de Tripoli, reconnu par l’ONU, au côté duquel elle est engagée y compris militairement depuis janvier 2020, lui fournissant notamment des drones de combat et des instructeurs militaires mais également un soutien économique.

3 jours de deuil national

Les dépouilles du chef d’état-major libyen et de ses conseillers seront rapatriées ce samedi matin, a annoncé le ministère turc de la Défense. «Une cérémonie d’adieu» a été organisée en présence du ministre de la Défense Yasar Güler et de nombreux hauts responsables de l’armée turque, dont son chef d’état-major, sur la base aérienne de Murted, près de la capitale turque, a indiqué le ministère sur X.

A l’annonce de la mort du général Al-Haddad, les deux camps rivaux en Libye, le gouvernement d’unité nationale (GNU) basé à Tripoli et celui de Benghazi, à l’Est, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar, ont décrété trois jours de deuil national, dans un rare élan d’unité.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver la stabilité avec deux exécutifs rivaux qui s’y disputent le pouvoir.

Mise à jour le 27 décembre avec le rapatriement des dépouilles du chef d’état-major libyen et de ses conseillers en Libye.
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