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Impérialisme

Donald Trump réaffirme son souhait d’un Groenland américain

Le locataire de la Maison Blanche a répété dimanche 4 janvier sa volonté d’annexer ce territoire riche en minéraux, après que la Première ministre danoise a exhorté les Etats-Unis de «cesser leurs menaces».

A Nuuk, au Groenland, le 11 mars 2025. (Evgeniy Maloletka/AP)
Publié le 05/01/2026 à 11h09

Et maintenant, à qui le tour ? Après l’opération militaire lancée par Donald Trump pour capturer Nicolás Maduro au Venezuela samedi 3 janvier, le milliardaire républicain a vite rappelé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du pays d’Amérique du Sud, ravivant les craintes des nombreux autres territoires convoités par le locataire de la Maison Blanche. Jouissant d’importantes ressources minières et d’un emplacement stratégique, le Groenland est depuis bien longtemps dans le collimateur de Donald Trump. A bord d’Air Force One dimanche 4 janvier, ce dernier a réaffirmé son souhait de voir ce territoire danois passer sous la coupe américaine. «Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper», a-t-il déclaré.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a de nouveau exhorté les Etats-Unis à «mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre», a-t-elle écrit dans un communiqué dimanche soir.

«Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois»

C’est une publication sur X de l’épouse de Stephen Miller, le directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, juste après la chute de Maduro samedi 3 janvier, qui a rappelé la menace américaine qui plane sur le Groenland. Katie Miller a publié une carte du territoire aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une courte mais symbolique légende en capitales : «SOON» («bientôt»). Dans la foulée, Donald Trump a entériné ces menaces : «Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… Parlons du Groenland dans vingt jours.»

Se fournissant largement auprès de Washington pour son armement, le Danemark est un allié historique et traditionnel des Etats Unis. Sur ses réseaux sociaux, le Premier ministre du Groenland, territoire autonome danois, Jens-Frederik Nielsen, a martelé que «les relations entre les pays et les peuples sont fondées sur le respect et le droit international et non sur des symboles qui ignorent notre statut et nos droits». «Nous sommes ouverts au dialogue, a-t-il ajouté sur Facebook, mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international.»

Vives réactions

Face aux menaces répétées du milliardaire républicain qui ne semble freiner devant rien, la Première ministre danoise a rappelé que le Royaume du Danemark – qui inclut les îles Féroé et le Groenland –, «fait partie de l’Otan et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l’alliance». Ce lundi 5 janvier, le porte-parole de la diplomatie française Pascal Confavreux a affirmé que la France était «solidaire» du Danemark. «Il ne peut pas y avoir de modification des frontières par la force», a-t-il martelé.

De son côté, l’ambassadeur de Copenhague aux Etats-Unis, Jesper Moller Sorensen, a republié la publication de Katie Miller en y ajoutant un «rappel amical» des liens de défense entre les deux pays, rapporte le Guardian. «Nous sommes des alliés proches et devons continuer à œuvrer ensemble comme tels», a-t-il ajouté, précisant que le Danemark avait augmenté ses dépenses de défense en 2025, s’engageant à hauteur de 13,7 milliards de dollars, selon le quotidien britannique.

L’annonce fin décembre par Donald Trump de la nomination d’un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois avait déjà provoqué un accès de fièvre entre les deux pays. Jeff Landry, ancien procureur général choisi pour le job, avait déclaré que c’était «un honneur de servir ce poste bénévole afin de faire du Groenland une partie des Etats-Unis». Il y a un an, en janvier 2025, 85 % des Groenlandais s’étaient dits opposés à une future appartenance aux Etats-Unis, selon un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq. Seulement 6 % d’entre eux y étaient favorables.

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