Quand les policiers ont sonné à la porte, il était 4 heures du matin. Ce 2 avril 2003, tout avait été minutieusement préparé. Ils s’étaient procuré les clés de l’entrée de l’immeuble. En bas, la fourgonnette attendait pour embarquer la mère célibataire et ses cinq enfants, une famille intégrée mais déboutée du droit d’asile depuis plus de dix ans. Pour Hassan Akkouch, qui avait 13 ans, l’expulsion est restée un traumatisme. «On est tous devenus malades à cause de ça, ma mère et mes frères et sœurs. Dès que j’ai des papiers d’identité dans la main, dès que je monte dans un avion, dès que ça sonne à la porte… j’y repense», dit-il.
L’expulsion se passe très mal. Narges, sa mère, est victime d’une crise d’épilepsie, la première de sa vie. Elle s’effondre sur le sol. Maradona, son petit frère âgé de 9 ans, est réveillé en sursaut. Il se met à vomir. «La peur, raconte Hassan. C’était le jour de son anniversaire.» «On arrête ce petit théâtre, lâche un des trois policiers dans l’appartement. C’est le moment de repartir au pays. Ça nous arrange en ce moment, les vols sont pas chers.»
«Je vivais à Berlin, comme tous les autres enfants, dans un quartier que je n’avais jamais quitté. A l’école, j’étais le porte-parole de la classe. Je faisais déjà de la breakdance à un niveau professionnel», raconte Hassan assis à la terrasse d’un café au centre de Berlin, Leipziger Platz, à l’endroit exact où passait le mur. Il commande un cappuccino sans lactose, passe




