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Faux rebond

Ecosse : les championnats du monde de ricochet éclaboussés par une affaire de galets trop parfaits

Le scandale a secoué la petite île d’Easdale, où s’est tenue la compétition sportive annuelle le 6 septembre. Plusieurs concurrents ont été disqualifiés pour falsification.

Les concurrents s'affrontent lors des championnats sur l'île d'Easdale, en Ecosse, le 25 septembre 2013. (Jeff J Mitchell/Getty Images via AFP)
Publié le 17/09/2025 à 18h09

Comme un – petit – pavé dans la mare au royaume du rebond aquatique. Organisés depuis 42 ans en Ecosse, les championnats du monde de ricochet– compétition pourtant réputée pour sa convivialité – ont été éclaboussés cette année par une affaire de tricherie inédite, raconte le New York Times. Et l’incident est pris très au sérieux. Chaque année, quelque 2 200 participants issus de 27 pays différents parcourent de longues distances pour se rendre sur la petite île d’Easdale, petit point d’un kilomètre carré secoué par les vents, au large de la côte ouest de l’Ecosse. Le but est simple : couronner un ou une nouvelle championne du monde de ricochet.

Contrairement à ce que l’image de ce loisir pourrait suggérer, l’univers des lanceurs de galets sur l’eau est régi par un règlement bien précis. Chaque concurrent se doit d’utiliser des pierres issues de l’ardoise naturelle de l’île. Les juges sont assistés par un appareil de mesure très spécial, «l’anneau de vérité», afin de s’assurer que leur taille ne dépasse pas trois pouces de diamètre (7,62 cm). Une rigueur réglementaire décrite par la BBC, que quelques participants sont accusés d’avoir enfreint cette année en trafiquant leurs pierres pour les rendre plus efficaces au lancer, selon les organisateurs.

Des pierres trop rondes

Si Kyle Mathews, l’un des organisateurs, n’a pas précisé combien des 400 participants avaient triché, il assure que chacun des suspects a reconnu la fraude et accepté d’être rétroactivement disqualifié de la compétition de cette année. Grâce à l’anneau de vérité, explique le journal britannique Scottish Sun, les organisateurs ont pu repérer les pierres trop parfaites, les tricheurs utilisant des machines pour les broyer.

Lucy Wood, qui détient le record mondial Guinness du plus grand nombre de victoires au championnat mondial féminin de ricochets sur l’eau – et qui a remporté son sixième titre cette année –, s’est dite impressionnée par la façon dont l’affaire a été résolue. «Cela n’arriverait pas dans beaucoup de sports», a-t-elle soutenu.

D’une pierre deux coups

L’évènement a été organisé pour la première fois en 1983 par Albert Baker, puis relancé en 1997 par le groupe communautaire Eilean Eisdeal. Avec le temps, la compétition a pris de l’ampleur et les participants doivent désormais s’inscrire en ligne. L’année dernière, quelque 2 000 personnes se sont disputé les 400 places disponibles, qui ont été vendues en trois minutes, selon Kyle Mathews. L’événement attire également de nombreux spectateurs, notamment en raison de son emplacement isolé sur une île sans voitures habitée par une population qui ne dépasse pas les 60 personnes.

Géré par des bénévoles, le championnat finance des projets communautaires et des œuvres caritatives locales. L’année dernière, 15 000 livres sterling soit environ 17 300 euros ont été récoltés. D’après les organisateurs, le scandale de tricherie a fait d’une pierre deux coups. Par ricochet, le championnat, remporté par l’Américain Jonathan Jennings chez les hommes avec une distance cumulée de 177 mètres, a reçu plus d’attention que les années précédentes grâce à la controverse qu’il a suscitée.

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