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Législatives au Royaume-Uni : Keir Starmer, l’heure du fédérateur du Labour

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Prudent, compétent, europhile et rassembleur, le chef des travaillistes n’a ni le peps ni la jeunesse du Tony Blair de 1997. Il a toutefois réussi à transformer le parti du Labour après l’une de ses pires défaites électorales, et lui a offert jeudi 4 juillet sa première victoire, éclatante, en quatorze ans. Il deviendra vendredi le nouveau Premier ministre britannique.

Le leader du Labour, Keir Starmer, le 2 juillet à Claycross, en Angleterre. (Stefan Rousseau/AP)
ParJuliette Démas
correspondante à Londres
Publié le 03/07/2024 à 6h00, mis à jour le 05/07/2024 à 9h13

On est loin des nineties, quand le guitariste d’Oasis déboulait sur scène pour recevoir son Brit Award et lâchait au micro que Tony Blair, alors jeune et fringant chef de l’opposition, faisait partie des rares personnes dans la salle à «offrir aux jeunes un peu d’espoir». L’année suivante, en 1997, Blair était élu à la plus large majorité enregistrée depuis 1935, et le Labour, rebaptisé New Labour pour l’occasion, partait pour treize années de gouvernance ininterrompue.

Cette fois, le Royaume-Uni qui rebascule vers la gauche n’est plus dans l’ère Cool Britannia, mais plutôt dans celle du «coule Britannia», et l’espoir est teinté d’amertume. Le pays a connu sa troisième récession en seize ans, les prévisions de croissance sont minces et les services publics sont en crise. Le pays n’est plus ce modèle qui fait envie : il est devenu la risée de l’Europe, dont il a claqué la porte au terme d’un référendum non contraignant et de longues années de pénibles négociations. L’heure est désormais au sérieux et à la diligence, et Keir Starmer, l’actuel chef du L

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