A la veille du scrutin législatif, un vent nouveau souffle sur la Catalogne, région tout spécialement touchée par les affres du coronavirus. Il a un visage, apaisé et posé, un regard bonhomme, avec d’amples lunettes et un air terriblement sérieux. A 54 ans, Salvador Illa est le trublion socialiste de ces élections, le candidat favori qui menace d’en finir avec l’hégémonie nationaliste régionale – un mouvement qui depuis 2012 a opéré un net virage souverainiste en multipliant les défis au pouvoir central via deux référendums d’autodétermination illégaux (en 2014 et 2017) et des protestations de rue contre la décision du Tribunal suprême d’incarcérer pour «sédition» neuf dirigeants sécessionnistes (en 2019). Cette dérive, et la tension qui en a découlé, Salvador Illa prétend précisément y mettre fin.
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«Depuis une dizaine d’années, soulignait-il il y a quelques jours, les provocations du camp séparatiste ont avivé les divisions au sein de la société catalane et causé une terrible confrontation. Moi, je veux tourner la page et réconcilier les Catalans.» La feuille de route de Salvador Illa : mettre entre parenthèses la question de l’identité et d’un possible divorce avec l’Espagne («Un référendum n’a pas de sens pour notre Constitution») et se centrer sur la «reconstruction d’une région meurtrie par la cécité nationaliste, les bataille




