C’était il y a cinq ans et cela ressemble presque à une autre époque. Portés par l’enthousiasme de millions de personnes dans des «marches pour le climat», les écologistes avaient cartonné aux élections européennes de 2019. Avec 74 sièges, 22 de plus que lors de la précédente législature, les voici quatrième force parlementaire du continent. Depuis, la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et l’inflation sont passées par là, et l’urgence climatique a semblé reléguée au second plan. Conséquence : les écologistes pourraient être les grands perdants du prochain scrutin (6 au 9 juin).
«Divisions profondes»
Selon différents sondages, le groupe écologiste au Parlement européen pourrait être amputé d’au moins un tiers de ses membres. En Allemagne, les enquêtes d’opinion donnent les Grünen – partenaires de la coalition dirigée par Olaf Scholz – sous la barre des 10 %. En 2019, ils avaient dépassé les 20 %. Un record. En France, la liste écolo menée par Marie Toussaint reste bloquée autour des 8 %, à 5 unités du score de Yannick Jadot lors de la dernière élection (13 %, 13 élus). «Attention aux prophéties autoréalisatrices», nuance l’eurodéputé écolo français David Cormand, rappelant «que les sondages ne prédisent pas forcément l’avenir». La preuve : en 2019, à deux jours du scrutin, les enquêtes les plaçaient tous sous les 1




