En résumé :
- L’Ukraine a déclaré jeudi avoir reçu un «projet de plan» de la part des Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Ce plan a été réalisé en catimini par les Américains, sans y associer les Européens. Parmi les 28 mesures qu’il contient, il est notamment prévu que Kyiv cède à Moscou les régions de Donetsk et Louhansk dans l’est du pays, mais aussi que la Russie réintègre le G8.
- Selon Reuters, Kyiv subit une pression intense pour se plier aux mesures imposées par le texte concocté par les Américains. Les Etats-Unis lui laissent jusqu’à jeudi pour accepter l’accord, avant de diminuer les livraisons d’armes et le partage de renseignements.
- Ce vendredi, Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer ont évoqué ce plan, qui prévoit de fortes concessions à faire à la Russie, et ont affirmé leur volonté de «préserver à long terme les intérêts vitaux européens et ukrainiens».
Trump met la pression sur Zelensky de la Maison Blanche
Interrogé sur le rejet de son projet par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Donald Trump a lancé qu’il «faudrait bien» que ce plan convienne à Kyiv. «Il faudra bien que cela lui plaise, et si cela ne lui plaît pas, alors, vous savez, ils n’auront qu’à continuer à se battre», a dit le président américain pendant un échange avec la presse à son bureau de la Maison Blanche.
«Un entretien téléphonique fructueux et confidentiel» : Donald Trump et Friedrich Merz «d'accord sur les prochaines étapes»
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président américain Donald Trump se sont «mis d’accord sur les prochaines étapes», lors d’un entretien au sujet du plan américain pour l’Ukraine, a annoncé vendredi le chancelier. «Je viens de discuter du plan de paix pour l’Ukraine avec le président des États-Unis lors d’un entretien téléphonique fructueux et confidentiel», a déclaré Friedrich Merz dans une publication sur le réseau social X, précisant qu’ils s’étaient «mis d’accord sur les prochaines étapes». «Je vais maintenant en informer nos partenaires européens», a-t-il ajouté.
Plan de paix américain pour l’Ukraine : «Il n’y a jamais eu quelque chose d’équivalent dans l’histoire»
Un «dirty deal» qui n’est rien d’autre qu’une «capitulation» et qui ouvre la porte à la prochaine guerre. François Heisbourg, conseiller spécial de la Fondation pour la recherche stratégique et auteur d’Un monde sans l’Amérique (éd. Odile Jacob, 2024), qui se trouve actuellement à Lviv, en Ukraine, n’a pas de mots assez durs pour qualifier les dernières propositions de «paix» américaines. Lire notre interview.
Réunion téléphonique ce vendredi soir entre plusieurs ministres des Affaires étrangères européens, dont le Français Jean-Noël Barrot
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, va s’entretenir vendredi soir avec ses homologues européens pour discuter de l’Ukraine, a indiqué une source diplomatique française. Selon Reuters, cette source indique que l’appel, organisé dans le format dit de Washington, réunira les ministres des Affaires étrangères d’Allemagne, de Pologne, de Grande-Bretagne, de Finlande et d’Italie, ainsi que le chef de la diplomatie européenne. Le «format de Washington» fait référence à une réunion des chefs d’État qui s’est tenue dans la capitale américaine en 2025 et qui a rassemblé les dirigeants de ces pays pour discuter des efforts de paix en Ukraine.
Entretien entre le président ukrainien et le chef de l’Otan Mark Rutte
Le chef de l’Etat ukrainien s’est entretenu ce vendredi avec le secrétaire général de l’OTAN. Volodymyr Zelensky rapporte avoir évoqué avec Mark Rutte les «options diplomatiques disponibles» pour mettre fin à la guerre entre son pays et la Russie. «Nous coordonnons ensemble les prochaines étapes.» Les Ukrainiens, «plus que quiconque au monde, aspirent à la fin de cette guerre, à la fin des massacres et à une paix digne», a-t-il ajouté. «Ils sont convenus de rester en contact étroit tandis que nous travaillons tous à mettre fin à l’effusion de sang et à la destruction», a indiqué un responsable de l’Alliance atlantique à l’AFP, sans donner davantage de détails sur cet entretien. Dans l’un des 28 points du plan, l’Ukraine doit s’engager à inscrire dans sa constitution qu’elle ne rejoindra jamais l’OTAN.
«Rien ne doit être décidé sur l'Ukraine sans l'Ukraine», martèle Von der Leyen après un appel avec Zelensky
Un plan de paix pour mettre fin à la guerre en Ukraine, le tout sans consulter l’Ukraine ? Pour la présidente de la Commission européenne, c’est non. «Rien ne doit être décidé sur l’Ukraine sans l’Ukraine», a martelé ce vendredi Ursula von der Leyen après un appel avec Volodymyr Zelensky. «En ce qui concerne les prochaines étapes, les dirigeants européens se réuniront demain en marge du G20, puis en Angola», où se tiendra un sommet Union européenne Union africaine, a-t-elle ajouté.
Le plan américain pour l'Ukraine peut «servir de base à un règlement définitif» du conflit, déclare Poutine
Le président russe, qui affirme avoir reçu le plan de paix américain, souligne que ce dernier peut servir de «base à un règlement définitif» du conflit. «Nous sommes prêts pour une proposition de paix, mais des détails du plan doivent encore être discutés», a-t-il ajouté lors d’une réunion gouvernementale retransmise à la télévision, tout en menaçant de conquérir plus de territoires si l’Ukraine venait à refuser le plan Trump. Le président russe a cependant affirmé que la proposition échafaudée par la Maison Blanche, et révélée jeudi, n’avait pas été discutée avec la Russie.
Le président ukrainien se dit prêt «à œuvrer rapidement et de manière constructive pour la mise en œuvre» du plan de paix américain
Après avoir dans un premier temps annoncé des «alternatives» au plan de paix élaboré par la Maison Blanche, Zelensky a ce vendredi déclaré dans un message posté sur Telegram être «prêt à travailler rapidement et de manière constructive pour garantir son succès».
Volodymyr Zelensky a jusqu'au jeudi 27 novembre pour répondre au plan de paix, annonce Donald Trump
Nouvel ultimatum du locataire de la Maison Blanche. Donald Trump a indiqué dans l’émission Brian Kilmeade Show sur Fox News qu’il laissait jusqu’au jeudi 27 novembre à l’Ukraine pour accepter sa proposition de paix en 28 points. «J’ai géré de nombreuses échéances, mais si les choses avancent bien, vous pouvez les décaler. Mais ce sera bien jeudi, nous pensons que c’est le calendrier approprié», a-t-il déclaré.
Trump travaille avec Kyiv et Moscou pour arrêter la guerre «le plus vite possible»
Après la présentation d’un plan qui prévoit de lourdes concessions de l’Ukraine, le président américain travaille à la fois avec Kyiv et Moscou pour arrêter la guerre «le plus vite possible», a déclaré ce vendredi un responsable américain. Cette guerre «dure depuis bien trop longtemps, avec trop de morts absurdes», ajoute la même source.
Avec le plan américain pour l’Ukraine, la Russie gagnerait sans combattre un territoire équivalent à celui du Luxembourg
Le projet américain pour l’Ukraine dévoilé jeudi, qui stipule notamment le retrait de l’armée ukrainienne de territoires qu’elle contrôle encore, conduit à un gain net d’environ 2 300 km² pour Moscou, selon l’analyse des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW). Un gain qui représente quasiment l’équivalent de la superficie du Luxembourg (2 590 km²), sans tirer le moindre coup de feu. Le plan en 28 points prévoit par ailleurs de reconnaître comme de facto russes la Crimée, annexée par Moscou en 2014, et les régions de Donetsk et Lougansk, dans l’est du pays. Il attribue aussi à la Russie de vastes territoires qu’elle contrôle actuellement dans les régions Kherson et Zaporijia. En tout, le plan proposé par Washington acterait alors l’abandon par l’Ukraine de 20 % de son territoire, pour en récupérer moins de 0,5 %.
L'Ukraine, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni travaillent actuellement sur une contre-proposition, selon Reuters
Alors que le président ukrainien vient d’annoncer, dans une allocution vidéo à la nation publiée sur ses réseaux sociaux, vouloir proposer des «alternatives» au plan Trump, Reuters révèle que l’Ukraine, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne travaillent en ce moment même sur une contre-proposition. Selon l’une des trois sources interrogées par l’agence de presse, ce contre-plan impliquerait probablement d’autres pays européens.
Nouvelle douche froide pour les Européens
Les Etats-Unis et la Russie ont négocié en secret un accord imposant des concessions colossales à l’Ukraine. Cette révélation, dévoilée mercredi 19 novembre, provoque stupeur et inquiétude en Europe, écartée d’un processus qui confirme les intentions réelles de Trump.
Analyse
Pour le secrétaire général de l’ONU, une solution de paix pour l'Ukraine doit respecter son «intégrité territoriale»
A la veille d’une réunion du G20 à Johannesburg – au cours de laquelle l’Union Européenne devrait se pencher à nouveau sur le plan américain pour l’Ukraine –, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres rappelle que toute «solution de paix» devrait respecter «l’intégrité territoriale» de l’Ukraine, ainsi que la charte de l’ONU et la loi internationale. Guterres a par ailleurs déploré que ce plan «n’ait jamais été présenté formellement par les Etats-Unis ou toute autre entité».
Le président ukrainien s'est entretenu avec le vice-président américain
Volodymyr Zelensky s’est entretenu ce vendredi avec J.D. Vance sur le plan de paix proposé par la Maison Blanche, a indiqué une source à la présidence ukrainienne. «L’appel s’est achevé il y a environ une demi-heure», a ajouté cette source sous couvert d’anonymat. Le président ukrainien a affirmé qu’il avait signifié au vice-président américain qu’il «continue de respecter» la volonté de Donald Trump de «mettre fin au bain de sang». «Nous considérons chaque proposition réaliste de manière positive», a ajouté Zelensky sur Telegram, peu après avoir repoussé le plan américain en assurant qu’il ne «trahira» pas son pays.
Zelensky va proposer des «alternatives» au plan Trump
Confronté à «l’un des moments les plus difficiles de l’histoire» de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky a affirmé ce vendredi après-midi qu’il proposera des «alternatives» au plan Trump. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux ce vendredi, au lendemain de la publication du plan concocté par la Maison Blanche pour mettre fin au conflit entre l’Ukraine et la Russie, Zelensky a déclaré : «Je présenterai des arguments, je persuaderai, je proposerai des alternatives», promettant qu’il ne «trahira» pas l’Ukraine. Et de poursuivre : «L’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile : la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé».
Volodymyr Zelensky concerte ses alliés Européens face au plan américain largement favorable au Kremlin
Les concessions colossales imposées à l’Ukraine par le plan de paix américain dévoilé jeudi n’ont pas manqué de faire réagir : stupeur et inquiétudes côté européen, victoire et réjouissances pour les Etats-Unis et la Russie. Le président français, le Premier ministre britannique et le chancelier allemand ont acté ce vendredi lors d’un entretien téléphonique d’urgence avec Volodymyr Zelensky vouloir «préserver à long terme les intérêts vitaux européens et ukrainiens», selon un communiqué de la chancellerie allemande. Bien que Friedrich Merz, Emmanuel Macron et Keir Starmer aient salué les «efforts américains» pour trouver une solution, ils ont réaffirmé au président ukrainien «leur soutien total et inchangé sur le chemin vers une paix durable et juste». L’Elysée a par ailleurs précisé que toute décision nécessite le «soutien conjoint et le consensus» des Européens et de l’Otan.



