En résumé :
- Après plusieurs jours d’intense activité diplomatique, Donald Trump a estimé mardi soir qu’il ne restait que «quelques points de désaccord» à régler pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. En ce sens, la Russie a confirmé ce mercredi une discussion «la semaine prochaine» entre l’émissaire spécial américain, Steve Witkoff, et Vladimir Poutine.
- Le Kremlin a fait état ce mercredi de «certains points positifs» dans le plan de paix américain de Donald Trump, tout en assurant qu’il était «encore trop tôt» pour parler d’un accord. L’agence Bloomberg a révélé mardi que sa première version avait en réalité été élaborée avec les Russes.
- En parallèle, l’armée russe poursuit ses frappes sur l’Ukraine, 19 blessés ayant été recensés dans la ville de Zaporijjia cette nuit, ainsi que ses opérations sur le front terrestre. Elle a revendiqué la prise de plusieurs villages ces derniers jours.
- Retrouvez ici toutes les informations de mardi sur le conflit et les tractations pour un plan de paix américain pour l’Ukraine.
Le FMI va accorder un nouveau programme d’aide de 8,2 milliards de dollars à l’Ukraine
Le Fonds monétaire international (FMI) s’est entendu avec le gouvernement ukrainien pour un nouveau programme d’aide de 8,2 milliards de dollars, sur quatre ans. Il doit permettre de soutenir «une série de réformes macroéconomiques et structurelles» pour stabiliser l’économie du pays en guerre. Ce nouvel accord, qui doit être validé par le Conseil d’administration du FMI, vient prendre le relai du précédent programme d’aide d’environ 15 milliards de dollars accordé en mars 2023.
La Russie ne fera aucune «concession» sur le plan de paix américain
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré ce mercredi que la Russie ne fera aucune concession majeure sur le plan de paix pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Le haut-diplomate russe réagissait aux propos de Donald Trump qui avait déclaré que des progrès avaient été réalisés lors des dernières discussions, et que la Russie faisait des concessions. S’il salue les efforts des Etats-Unis, il a assuré à des journalistes à Moscou : «Il ne saurait être question de concessions, ni d’abandon de notre position sur les points clés».
Puisque la Russie «rejette tous les efforts de paix, les sanctions doivent être renforcées», estime Volodymyr Zelensky
Lors d’un entretien ce mercredi avec la présidente de la Commission européenne, Volodymyr Zelensky a martelé la nécessité de maintenir la pression sur la Russie alors que les efforts de paix menés par les États-Unis se poursuivent. Le président ukrainien a remercié Ursula von der Leyen pour sa prise de parole, plus tôt dans la journée, au parlement européen et a ajouté : «Nous sommes d’accord : tant que la Russie continuera à rejeter tous les efforts de paix, les sanctions à son encontre devront être renforcées et l’aide financière et militaire à l’Ukraine devra se poursuivre.» D’après le Guardian, ils ont tous deux évoqué «la situation diplomatique actuelle», et les travaux en cours de l’UE sur l’utilisation des avoirs russes gelés.
Le Kremlin évoque un «processus sérieux» en cours pour mettre fin à la guerre en Ukraine
Le Kremlin a qualifié ce mercredi de «processus sérieux» les efforts diplomatiques en cours autour du plan américain pour mettre fin à la guerre en Ukraine, avant une visite prévue la semaine prochaine à Moscou de l’émissaire américain. «Le processus est en cours. Il s’agit d’un processus sérieux», a commenté à un journaliste le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. «À l’heure actuelle, il n’y a probablement rien de plus important que cela», a-t-il ajouté.
Pour l'Allemagne, l'Ukraine ne doit être forcée à céder des territoires
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, s’est exprimé ce mercredi devant les parlementaires allemands au sujet du plan de paix américain pour mettre fin à la guerre. Pour lui, «l’Ukraine ne doit pas être contrainte de céder unilatéralement des territoires». «Il ne doit pas y avoir de paix de capitulation pour l’Ukraine», estime-t-il, car «ce serait trahir» le pays européen. De manière générale, «tous les efforts» menés en faveur de la paix doivent conduire à «une Europe plus sûre». Dans ce cadre, assure-t-il, «l’Allemagne doit redéfinir son rôle car nous ne pouvons pas savoir sur quelles alliances nous pourrons compter à l’avenir».
La Suède pousse pour de nouvelles sanctions envers la Russie
La Suède pousse l’Union européenne à aller de l’avant ce mercredi avec une nouvelle série de sanctions contre la Russie. La ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a déclaré que son pays souhaitait que l’UE mette en place dès que possible une 20e série de sanctions contre la Russie afin de maintenir la pression sur Moscou, selon Reuters. En début de semaine, elle a également exposé les lignes rouges de la Suède pour tout accord de paix en Ukraine, affirmant que la Suède ne «récompenserait jamais l’agression» et ne reconnaîtrait pas «l’annexion illégale de la Crimée ou de toute autre partie du territoire ukrainien» par la Russie.
La cheffe de la diplomatie européenne estime qu'il faut «contenir la Russie»
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a réaffirmé ce mercredi qu’«il est important» de continuer «à soutenir l’Ukraine et à faire pression sur la Russie». «C’est ce à quoi nous travaillons», affirme-t-elle, même si «pour l’instant, rien n’indique que la Russie soit prête à un cessez-le-feu». «Il nous faut encore passer d’une situation où la Russie fait semblant de négocier à une situation où elle est contrainte de négocier. […] Si Poutine ne peut pas atteindre ses objectifs sur le champ de bataille, il tentera d’y parvenir par la négociation.»
Elle termine en affirmant qu’il faut contenir l’armée russe pour mettre fin à la guerre et pour «prévenir de nouvelles attaques». L’objectif, selon elle, devrait être de «contenir la Russie pour qu’elle n’ait plus la possibilité d’envahir le monde».
Plan de paix américain : Trump sacrifie l’Ukraine et l’Union européenne ne peut s’en prendre qu’à elle-même
Face au président américain et Vladimir Poutine, les Européens ont oublié que la faiblesse n’a jamais découragé les forts comme l’a montré leur propre histoire. Lire le billet de Jean Quatremer.
L'armée ukrainienne affirme avoir frappé une usine russe de composants de missiles
L’armée ukrainienne a déclaré ce mercredi avoir frappé une usine russe, la «VNIIR-Progress», produisant des équipements de navigation et d’autres composants pour missiles de croisière et balistiques dans la région russe de Tchouvachie.
Le dessin de Clémence Lallemand, illustratrice jeunesse
A l’occasion du Libé spécial auteur·es jeunesse dans les kiosques ce mercredi, l’illustratrice Clémence Lallemand (Un garage qui décoiffe, le Dipoilocus) est revenue, en dessin et non sans humour, sur le «plan de paix» de Donald Trump.
Le Kremlin estime qu'il est trop tôt pour dire si la paix en Ukraine est proche
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré ce mercredi qu’il était prématuré de parler d’un accord de paix dans un avenir proche pour l’Ukraine, a rapporté l’agence de presse Interfax. Interrogé par les journalistes sur la possibilité d’un accord de paix, Dmitri Peskov a répondu : «Attendez, il est encore trop tôt pour le dire.»
L'armée ukrainienne met en garde contre une situation difficile sur le front sud
L’armée ukrainienne a mis en garde ce mercredi contre une situation «difficile» dans une partie clé du front sud, où les forces russes ont récemment progressé, mais a déclaré que les forces ukrainiennes avaient établi des voies d’approvisionnement et n’étaient pas encerclées. «Des combats acharnés font rage pour chaque mètre de notre terre natale», a déclaré l’état-major de l’armée dans un message publié sur les réseaux sociaux, faisant référence à la ligne de front près de la ville de Houliaïpole, sur laquelle les troupes de Moscou ont exercé une pression constante ces dernières semaines. «La situation sur la ligne de front est vraiment difficile, mais il n’y a pas d’encerclement, la communication avec nos soldats est maintenue, la logistique est en place et l’évacuation des blessés est en cours», indique le message.
Le Kremlin souffle le chaud et le froid
Le Kremlin a fait état ce mercredi de «certains points positifs» dans le plan américain visant à régler le conflit en Ukraine, tout en assurant n’en avoir encore discuté «en détail avec personne». «Certains points, on peut dire qu’ils sont positifs, mais beaucoup d’autres nécessitent une discussion spéciale entre experts», a déclaré à la télévision publique russe le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov. Il a également jugé «inutiles» les efforts des Européens pour jouer un rôle dans le règlement du conflit en Ukraine. «Les Européens cherchent à se mêler de toutes ces affaires, de manière tout à fait inutile, il me semble», a-t-il lancé. Ce n’est pas comme si le conflit n’avait pas lieu sur le continent européen.
L'Europe soutiendra l'Ukraine sans relâche jusqu'à la paix, promet Ursula von der Leyen
L’Europe soutiendra l’Ukraine sans relâche jusqu’à ce qu’elle obtienne une paix «juste et durable», a affirmé ce mercredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les députés européens à Strasbourg. «L’Europe doit maintenir la pression sur la Russie, jusqu’à ce qu’il y ait une paix juste et durable. Et je veux être très claire : l’Europe se tiendra aux côtés de l’Ukraine et la soutiendra à chaque étape».
La Russie se défend après les révélations de Bloomberg
L’agence Bloomberg a révélé mardi le contenu d’une conversation téléphonique entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov. Un peu plus de cinq minutes de discussion, le 14 octobre dernier, pour poser les bases d’un futur plan de paix largement favorable à Moscou et convaincre Donald Trump d’y adhérer, le tout sous l’impulsion de Steve Witkoff lui-même. Confirmant aussi son extrême complaisance à l’égard des Russes. «Je parle assez souvent à Witkoff, mais le contenu de ces conversations est confidentiel», a réagi ce mercredi Iouri Ouchakov auprès de la télévision publique russe. Selon lui, de telles révélations risquent de nuire à une amélioration des relations entre Moscou et Washington qui «se construisent, de manière difficile» grâce notamment à des contacts téléphoniques.
L'émissaire de Donald Trump va discuter «la semaine prochaine» avec Vladimir Poutine
L’émissaire spécial américain Steve Witkoff doit se rendre à Moscou «la semaine prochaine» pour discuter avec le président russe Vladimir Poutine, a annoncé le président américain – une visite confirmée ce mercredi matin par le Kremlin. Donald Trump a précisé dans l’avion l’emmenant en Floride, où il va passer quelques jours pour la fête de Thanksgiving, que son gendre Jared Kushner, médiateur sans rôle officiel, participerait «peut-être» à la réunion. Le secrétaire à l’Armée de terre américain Dan Driscoll, après avoir mené des discussions avec les Russes à Abou Dhabi, va de son côté rencontrer les Ukrainiens.
Des frappes russes à Zaporijjia font 19 blessés
Malgré l’avancée des négociations pour parvenir à une paix entre l’Ukraine et la Russie, les frappes russes se sont poursuivies ce mercredi sans répit. Les services de secours ukrainiens ont annoncé que la ville de Zaporijjia, dans le sud du pays, avait subi une attaque russe «massive» dans la nuit de mardi à mercredi. Le bilan de ces frappes, qui ont touché une trentaine d’immeubles, a été porté à 19 blessés, a indiqué Ivan Fedorov, chef de l’administration militaire de la région. Volodymyr Zelensky avait jugé mardi «particulièrement cynique» que Moscou continue à frapper son pays en pleins pourparlers de paix. Une pluie de drones et de missiles russes s’était abattue sur Kyiv dans la nuit de lundi à mardi, faisant au moins sept morts.



