En résumé :
- Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a jugé «crédibles» les informations selon lesquelles la Russie «vole» les exportations de céréales ukrainiennes «pour les vendre à son propre profit».
- Il estime aussi que Vladimir Poutine utilise l’arme du blé pour faire du «chantage» et obtenir une levée des sanctions internationales contre l’invasion de l’Ukraine.
- D’intenses combats se poursuivent à Sievierodonetsk, ville clé du Donbass soumise à de nombreuses frappes de l’armée russe.
Gérard Larcher va se rendre à Kyiv «prochainement». Le président du Sénat, Gérard Larcher, annonce ce mardi qu’il se rendrait dans la capitale ukrainienne, sans préciser encore de date. Il affirme avoir été invité par le président de la Rada, le Parlement ukrainien, Rouslan Stefantchouk, en visite en France ce mardi. Les autorités ukrainiennes attendent également avec impatience qu’Emmanuel Macron accepte leur invitation à venir à Kyiv.
À l’issue de notre entretien, @r_stefanchuk m’a invité à me rendre à Kiev. Je vous l’annonce : j’ai accepté son invitation et me rendrai prochainement dans la capitale de l’Ukraine. pic.twitter.com/TqcTaxOAB2
— Gérard Larcher (@gerard_larcher) June 7, 2022
«Environ 800 civils» réfugiés dans une usine de Severodonetsk, selon la direction du site. Alors que les combats font rage dans Severodonetsk entre les armées ukrainienne et russe depuis plusieurs jours, l’avocat américain du magnat Dmytro Firtach, propriétaire de l’usine chimique Azot, affirme que quelque 800 civils sont réfugiés sur le site. «Parmi ces 800 civils figurent environ 200 des 3 000 employés de l’usine et environ 600 habitants de Severodonetsk», a-t-il ajouté. Selon le communiqué publié sur le site internet du Group DF, les 200 employés toujours présents sur le site de l’usine «restent […] pour assurer la protection des produits chimiques hautement explosifs encore sur le site». La présidence ukrainienne n’avait pas confirmé l’information en fin d’après-midi.
Pour la footballeuse russe Nadya Karpova, impossible de «regarder cette inhumanité et rester silencieuse». Nadya Karpova, membre de l’équipe féminine russe et attaquante de l’Espanyol Barcelone en Espagne, fait partie des très rares sportifs russes à s’être prononcé publiquement contre ce que Moscou appelle son «opération militaire spéciale» en Ukraine. Le président russe Vladimir Poutine «nous a tout pris, il a pris notre avenir», a déclaré Nadya Karpova lors d’une interview accordée à la BBC à Barcelone : «En même temps, il l’a fait avec notre consentement tacite. Ils [le gouvernement] n’ont pas été témoins d’une forte résistance. La plupart des gens fermaient simplement les yeux sur l’injustice, pensant que ce n’était pas leur affaire». Pour elle, les personnes en Russie qui justifient la guerre en Ukraine sont «otages de la propagande» et qu’elle «a de la peine pour elles», ajoutant : «Je crois que nous devons tout faire pour les en libérer».
Sergueï Lavrov est arrivé en Turquie. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est arrivé mardi soir en Turquie pour discuter de l’instauration de couloirs maritimes afin de faciliter les exportations de céréales en mer Noire, a constaté un photographe de l’AFP. Sergueï Lavrov doit rencontrer mercredi le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu. Au cœur des négociations, la possibilité pour l’Ukraine, acteur majeur du marché mondial des céréales, d’exporter ses récoltes actuellement bloquées dans ses ports.
L’écrivain de science-fiction Dmitry Gloukhovsky fait l’objet, depuis ce mardi, d’un mandat d’arrêt international émis par la Russie. Son crime ? Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, l’écrivain de 42 ans qui réside en Europe, dénonce inlassablement la guerre, sur les réseaux sociaux et dans des billets publiés dans les médias internationaux, dont Libération. Sur Telegram, Gloukhovsky explique qu’il est accusé «d’avoir discrédité les forces armées russes» et pointé Vladimir Poutine comme responsable du conflit. Il ajoute : «Je suis prêt à répéter tout ce que j’y ai écrit : «Arrêtez la guerre ! Admettez que c’est une guerre contre une nation entière et arrêtez-là !»» La loi russe punit sévèrement - jusqu’à 15 ans de prison ferme - ce qu’elle considère comme des fausses informations sur la guerre ou le dénigrement de l’armée russe. Soit tout ce qui échappe à la narration officielle. Relire son portrait publié en août 2021.
27 000 engins explosifs neutralisés dans la région de Tchernihiv depuis le début de la guerre. Une journée ouverte à la presse a eu lieu dans la région de Tchernihiv ce mardi. L’objectif : expliquer et montrer la réalité du travail des unités pyrotechniques du Service d’urgence de l’État qui s’efforce de déminer les territoires ukrainiens. Après le départ des troupes russes, les sapeurs ont trouvé des obus d’artillerie de calibre 152 et des roquettes de type «Gradov». Au total, 27 000 engins explosifs ont été neutralisés depuis la désoccupation de la région de Tchernihiv. A l’heure actuelle, 45 personnes et 17 unités d’équipement travaillent au déminage de la région de Tchernihiv. Ce mardi, la journée a été particulièrement animée : le chien Patron, véritable mascotte dans son pays, est venu aider à dénicher les bombes enfouies dans le sol.
Les Etats-Unis reconnaissent que la guerre en Ukraine a entraîné une inflation inacceptable. La secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, a reconnu mardi que l’inflation atteignait des «niveaux inacceptables», mais a également cherché à souligner qu’il ne s’agissait pas d’un problème exclusif aux États-Unis. «La guerre de Poutine en Ukraine a des répercussions sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires dans le monde entier», a déclaré Janet Yellen face aux législateurs. «Nous ne sommes pas le seul pays à connaître l’inflation. Vous pouvez le constater dans pratiquement tous les pays développés du monde», a-t-elle néanmoins précisé.
Un mort et trois blessés dans une frappe à Kharkiv. Une personne a été tuée et trois autres blessées après qu’une frappe russe a touché la deuxième ville d’Ukraine, Kharkiv, selon le maire local Ihor Terekhov. La Russie «ne laisse pas Kharkiv tranquille et maintient constamment les gens dans la peur», a déclaré Ihor Terekhov à la télévision nationale.
Pour Volodymyr Zelensky, les sanctions n’ont «pas encore eu beaucoup d’influence sur la Russie». Invité à s’exprimer lors d’une conférence organisée par le journal américain The Financial Times, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a au passage critiqué l’appel de Macron à «ne pas humilier la Russie» : «Je ne comprends pas… Humilier la Russie. Cela fait huit ans qu’ils nous tuent. De quoi parlons-nous ?», a déclaré Volodymyr Zelensky. Avant d’assurer qu’il ne voyait pas de «conditions préalables pour que la Russie arrête la guerre en Ukraine». Il a ajouté d’ailleurs que «les sanctions n’ont pas encore eu beaucoup d’influence sur la Russie».
⚡️Zelensky says stalemate with Russia not an option, criticizes Macron’s calling to not humiliate Russia.
— The Kyiv Independent (@KyivIndependent) June 7, 2022
President Zelensky told FT that he does not see preconditions for Russia to stop the war in Ukraine, adding that sanctions “haven’t had much influence on Russia yet.”
La Russie contrôle 97 % de la région de Louhansk, selon Choïgou. Le ministre russe de la défense, Sergueï Choïgou, a déclaré que les forces de Moscou contrôlent 97 % de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine. «Les forces russes se sont emparées des quartiers résidentiels de la ville clé de Sievierodonetsk, dans l’est du pays, et se battent pour prendre le contrôle d’une zone industrielle à sa périphérie et des villes voisines», a-t-il ajouté. De son côté, le gouverneur de Louhansk Serhiy Gadai, a concédé que les forces russes contrôlent la périphérie industrielle de la ville : «Les combats de rue les plus durs se poursuivent, avec plus ou moins de succès. La situation change constamment, mais les Ukrainiens repoussent les attaques», a-t-il déclaré.
La Russie n’appliquera plus les arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme. Ce mardi, les députés russes ont adopté en troisième et dernière lecture une loi autorisant la Russie à ne plus appliquer les décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), après l’exclusion du pays du Conseil de l’Europe en mars. «La Cour européenne des droits de l’Homme est devenu un instrument de lutte politique contre notre pays dans les mains d’hommes politiques occidentaux», a affirmé Viatcheslav Volodine, le président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. «Certaines de ses décisions étaient en contradiction directe avec la Constitution russe, nos valeurs et nos traditions», a-t-il ajouté. Conséquence de cette loi, la Russie n’appliquera plus les décisions de la CEDH prises après le 15 mars, date à laquelle Moscou a annoncé sa décision de quitter le Conseil de l’Europe dont elle était membre depuis 1996.
A Sievierodonetsk, la situation militaire est «constamment difficile». «Nos forces armées ont consolidé leurs positions, tenant les frontières de la ville qu’elles ont occupées», a déclaré Oleksandr Striuk, chef de l’administration militaire de la ville à la télévision nationale. «Les combats ne s’apaisent pas. Les orcs [nom donné aux soldats russes par les Ukrainiens en référence aux créatures maléfiques de l’oeuvre de JRR Tolkien] lancent de plus en plus de forces ; beaucoup d’artillerie et d’équipements sont concentrés ici, à l’assaut de la ville. Les orcs essaient d’avancer, nous les arrêtons», a précisé Striuk, ajoutant qu’il reste entre 10 000 et 11 000 personnes dans la ville.
Berlin et Vilnius annonce leur volonté d’implanter une brigade de l’Otan en Lituanie. Dans une déclaration commune, le chancelier allemand Olaf Scholz et le président lituanien Gitanas Nauseda ont indiqué que leurs deux pays allaient prendre des dispositions afin d’élargir l’unité de combat multinationale de l’Otan en Lituanie pour en faire une brigade à terme. Il est peu probable que cette initiative soit bien accueillie du côté du Kremlin : Moscou a déclaré à plusieurs reprises que toute augmentation de la présence de l’OTAN dans la région balte serait accueillie avec une réaction hostile.
Selon le chancelier allemand, la Russie ne pourra pas maintenir sa force militaire en raison des sanctions occidentales. Olaf Scholz affirme que les sanctions occidentales imposées à la Russie sont «très efficaces et d’une très grande portée». Elles devraient faire reculer l’économie russe «de plusieurs décennies». «Elle [la Russie] ne pourra pas participer au progrès du monde, au progrès économique et technique. Cela devient chaque jour plus clair, et c’est un préjudice important», a déclaré le chancelier lors de sa visite à la capitale lituanienne de Vilnius pour une rencontre avec les chefs des États baltes.
Près de 600 Ukrainiens détenus par les Russes dans la région de Kherson. L’Ukraine accuse l’armée russe d’avoir emprisonné près de 600 personnes, essentiellement des journalistes et militants pro-Kyiv, dans la région de Kherson, dans le Sud du pays, entièrement occupée par les forces de Moscou. «Selon nos informations, environ 600 personnes sont […] détenues dans des sous-sols spécialement aménagés dans la région de Kherson», a indiqué Tamila Tacheva, représentante du président ukrainien pour la Crimée, péninsule ukrainienne frontalière de Kherson et qui a été annexée par Moscou en 2014. Il s’agit «essentiellement de journalistes et militants» qui ont organisé «des rassemblement pro-ukrainiens à Kherson et dans sa région» après l’occupation de ce territoire par les Russes, a-t-elle précisé.
Repr Ukraine's President in Crimea: in Kherson region about 600 people abducted by russia's invaders.They're facing inhuman treatment&torture. Some (both civilians &POWs) are taken to Crimea. Abducted people from the Zaporizhzhia region are also being taken to Crimea pic.twitter.com/TFP2iI5FYW
— Ukrainian Mission to OSCE & UN in Vienna (@UKRinOSCE) June 7, 2022
A Marioupol, les eaux usées se mêlent à l’eau potable. Dans cette ville portuaire du sud-est de l’Ukraine ravagée et désormais sous occupation russe, les craintes sont passées des bombardements incessants à la détérioration des conditions sanitaires. Les eaux usées s’infiltrent désormais dans les réseaux d’eau potable. Lundi, Petro Andriouschchenko, l’un des responsables locaux en exil de la ville, a déclaré que les responsables russes qui contrôlent désormais Marioupol envisageaient d’y imposer une quarantaine : «les cadavres en décomposition et les ordures contaminent l’eau potable, exposant les habitants restants au risque de choléra et d’autres maladies», précise-t-il. «La ville s’est vraiment transformée en une ville avec des cadavres partout. Ils sont entassés. Les occupants ne parviennent pas à les enterrer, même dans des fosses communes. Il n’y a pas assez de capacité même pour cela», assure-t-il.
L’Ukraine aura besoin d’environ six mois pour déminer les eaux de ses ports de la mer Noire. Selon le vice-ministre ukrainien de la politique agraire et de l’alimentation, Taras Vysotskyi, le pays aura besoin d’environ six mois pour déminer les eaux autour de ses ports de la mer Noire et cela même si le blocus russe est levé. Et concernant les exportations de céréales, il y a urgence : «Si la Russie refuse de lever son blocus, l’Ukraine ne pourra exporter qu’un maximum de deux millions de tonnes de céréales par mois», a déclaré Taras Vysotskyi. Avant la guerre, l’Ukraine pouvait exporter jusqu’à six millions de tonnes de céréales par mois. Actuellement, plus de 20 millions de tonnes de céréales sont bloquées dans les silos ukrainiens et le pays est confronté à de graves contraintes de capacité lorsqu’il tente d’exporter ses céréales par voie routière, fluviale et ferroviaire afin d’éviter une crise alimentaire mondiale.
Les fermiers ukrainiens sous la menace des mines. Dans les anciens territoires occupés par l’armée russe et repris par les forces ukrainiennes, il est bien difficile de reprendre une vie normale. En battant en retraite il y a quelques semaines, les soldats russes ont pris soin de miner les territoires abandonnés. Selon les autorités ukrainiennes, près de la moitié du territoire ukrainien est contaminé par des engins explosifs. Elles indiquent qu’il faudra au moins 50 ans pour tout nettoyer. En attendant, les paysans ukrainiens vivent sous la menace des engins explosifs. Le 19 mai dernier, après une réunion des ministres du Développement du G7 à Berlin, le ministre du Développement international Indien Harjit Sajjan a rapporté des propos tenus par Denys Shmyhal : selon lui, les soldats russes auraient également miné les champs afin de paralyser les récoltes. «Les agriculteurs ukrainiens risquent d’être soufflés sur les mines en cultivant des terres», écrit le média indépendant The New Voice Of Ukraine dans un tweet publié ce mardi après-midi.
Ukrainian farmers are risking to be blown on the mines while cultivating land 😪
— The New Voice of Ukraine (@NewVoiceUkraine) June 7, 2022
Photos: Mykola Kurinnyi pic.twitter.com/wZOrnUVT0B
Pour Boris Johnson, hors de question que le président ukrainien subisse des pressions pour accepter un accord de paix. Lors d’une réunion du cabinet avec ses ministres, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a déclaré que le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, ne devait pas subir de «pressions» pour accepter un mauvais accord de paix avec la Russie. Le Premier ministre britannique a promis que le Royaume-Uni «resterait à l’avant-garde» du soutien à l’Ukraine. Pour Boris Johnson, il est vital que le président Zelenskiy ne soit pas contraint d’accepter une mauvaise paix et note que les mauvais accords de paix ne durent pas, avant d’ajouter que «le monde doit éviter toute issue où l’agression injustifiée de Poutine semble avoir porté ses fruits».
Le ministre des Affaires étrangères de la République de Lettonie répond à Emmanuel Macron. L’appel du président français à «ne pas humilier la Russie» continue de faire des vagues. Cette fois, c’est au tour d’Edgars Rinkēvičs, le ministre des Affaires étrangères de la République de Lettonie de réagir à la polémique. «Le monde démocratique doit défendre les valeurs et l’honneur d’abord, il ne faut pas s’extasier sur le bien-être émotionnel des agresseurs, ils ne vont de toute façon pas apprécier cette extraordinaire gentillesse», a-t-il écrit dans un tweet publié lundi soir.
The democratic world must defend values and honour first, we should not get overexcited about the emotional well-being of aggressors, they are not going to appreciate this extraordinary kindness anyway
— Edgars Rinkēvičs (@edgarsrinkevics) June 6, 2022



