En résumé :
- Après deux jours de négociations incluant Volodymyr Zelensky, à Berlin, Kyiv s’est félicité ce lundi de «réels progrès» accomplis dans les pourparlers avec les Etats-Unis pour trouver une issue à l’invasion russe en Ukraine. L’agence Reuters a cependant fait savoir que les Etats-Unis ont demandé à Kyiv d’évacuer ses troupes de la région de Donetsk, actuellement dominée par la Russie.
- Plusieurs dirigeants étaient à Berlin lundi soir pour participer aux discussions. Emmanuel Macron était du voyage, tout comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.
- Donald Trump s’est entretenu avec Voldymyr Zelensky et les Européens par téléphone dans la soirée.
Le Bundestag pourrait avoir été victime d'une cyberattaque pendant la visite de Volodymyr Zelensky
Alors que Volodymyr Zelensky était en Allemagne pour négocier un accord sur la guerre qui fait rage dans son pays, les membres du Parlement allemand n’ont pendant plusieurs heures pas pu avoir accès à leur système de messagerie, rapporte la Financial Times. Suffisant pour que plusieurs responsables suspectent une cyberattaque. L’Allemagne avait déjà dénoncé il y a quelques jours la guerre hybride menée par la Russie dans le pays.
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Donald Trump assure qu'un accord n'a jamais été aussi proche
«Nous sommes plus proches aujourd’hui que nous n’avons jamais été» d’un accord mettant fin à la guerre avec la Russie, a déclaré Donald Trump dans le Bureau ovale ce lundi soir : «A l’heure actuelle, la Russie souhaite également que cela cesse. Le problème, c’est qu’ils veulent que cela cesse, puis tout à coup, ils ne le veulent plus, et l’Ukraine veut que cela cesse, puis tout à coup, elle ne le veut plus, donc nous devons les mettre d’accord.» Il s’était entretenu quelques minutes plus tôt avec Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens.
«Davantage de personnes doivent être prêtes à se battre», selon le chef d'Etat-major britannique
Après les déclarations guerrières du chef d’Etat-major français, place à celles du chef d’Etat-major britannique. «La situation est plus périlleuse que tout ce que j’ai pu vivre au cours de ma carrière, et le prix de la paix augmente», a déclaré Richard Knighton dans un discours devant le Royal United Services Institute, un think tank spécialisé dans la défense. Si «les forces armées sont la première ligne de défense» du Royaume-Uni et «doivent être prêtes à combattre et à vaincre», répondre à cette menace «nécessite bien plus que de simplement renforcer nos forces armées», a-t-il ajouté. Cela signifie avoir «davantage de personnes prêtes à se battre pour leur pays».
Les négociateurs américains ont demandé aux Ukrainiens de quitter l'est du Dombass
On en sait davantage sur le contenu des discussions entre Ukrainiens et Américains et on comprend mieux pourquoi les positions sur les questions territoriales demeurent éloignées. L’agence Reuters fait savoir que les Etats-Unis ont demandé à Kyiv d’évacuer ses troupes de la région de Donetsk, actuellement dominée par la Russie. «Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une demande américaine, a nuancé Zelensky. Je nous vois comme des partenaires stratégiques, aussi je dirais plutôt que ce que nous avons entendu, c’est la vision russe, la demande de la Fédération russe.» Selon une source diplomatique, «l’atmosphère [des négociations] est bonne mais les buts respectifs demeurent assez éloignés les uns des autres», illustrant là l’impossibilité pour Zelensky de céder du territoire.
Les leaders européens saluent les pourparlers entre l'Ukraine et les Etats-Unis
Dans une déclaration partagée par le gouvernement allemand, les dirigeants européens ont salué des «progrès significatifs» dans les propositions américaines pour amener la paix en Ukraine. Les dirigeants européens se sont par ailleurs proposés pour diriger une «force multinationale» en Ukraine. Celle-ci serait «composée de contributions de nations volontaires, et soutenue par les Etats-Unis» et aurait pour mission de soutenir de manière «durable» l’armée ukrainienne, limitée à 800 000 soldats. Ils ont par ailleurs estimé qu’aucune concession territoriale ne saurait avoir lieu tant que les garanties de sécurité envisagées ne sont pas en place.
Trump et Zelensky doivent s'appeler
Après la journée de pourparlers, Donald Trump et Volodymyr Zelensky doivent s’entretenir au téléphone. Selon une source au sein de l’administration américaine qui s’est adressée à la presse par téléphone, «tout ce dont les Ukrainiens ont besoin selon nous pour se sentir en sécurité est inclus». Un négociateur américain qui participait lui aussi à l’échange téléphonique a toutefois averti que ces garanties de sécurité pour l’Ukraine, dont il n’a pas donné de détails concrets, «ne seraient pas sur la table indéfiniment». Il a précisé que ces garanties de sécurité - «en platine», selon lui - demanderaient un vote du Sénat américain et ajouté que «le président Trump était prêt à ça. Je crois que cela a particulièrement surpris les Ukrainiens et les Européens.»
Sur les questions territoriales, les différences persistent, prévient Zelensky
S’il a reconnu des «progrès» s’agissant des garanties de sécurité proposées à l’Ukraine le satisfont, le président Volodymyr Zelensky se montre plus prudent sur les discussions au sujet des territoires. «Il existe des questions complexes, en particulier celles concernant les territoires […]. Pour le dire franchement, nous avons encore des positions différentes», a déclaré le chef d’Etat.
Des garanties «remarquables» aux yeux de Merz
L’optimisme était également de mise chez le chancelier Merz. L’issue des pourparlers américano-ukrainiens constitue «une vraie chance pour un processus de paix», a estimé le dirigeant allemand, qui a hébergé les discussions des deux derniers jours. Il a apporté son soutien aux garanties de sécurité qui figurent dans le projet d’accord, qu’il a jugées «remarquables». Friedrich Merz a profité de sa prise de parole pour faire pression sur les pays de l’UE, frileux à l’idée de saisir des avoirs gelés russes pour financer un prêt à l’Ukraine : «Si nous n’arrivons pas à le faire, la capacité d’action de l’Union européenne sera gravement compromise pour des années, et même plus longtemps.»
Les Etats-Unis optimistes sur le projet d'accord
Côté américain, c’est l’enthousiasme qui domine. Les discussions ont été «vraiment positives», s’est dans un premier temps réjoui devant la presse un haut responsable américain désirant rester anonyme. «Nous avons l’espoir d’être sur le chemin de la paix.» Il a par ailleurs assuré que le projet d’accord issu des négociations prévoyait des «garanties de sécurité très fortes» pour Kyiv, comparables à celles figurant dans l’article 5 du traité de l’Otan, qui prévoit qu’une attaque armée contre un pays membre de l’alliance soit considérée comme une attaque dirigée contre tous, ce qui implique une intervention militaire solidaire de chaque membre. Les Etats-Unis estiment par ailleurs que la Russie «va accepter» le projet d’accord.
Zelensky évoque des discussions «pas faciles» mais «productives»
L’heure était à la satisfaction pour le président ukrainien, qui s’est exprimé à la suite de son négociateur. «Ces conversations ne sont jamais faciles, pour être honnête avec vous, a reconnu au bout de ses pourparlers avec la partie américaine, dimanche et lundi à Berlin. Mais la conversation était productive, avec beaucoup de détails, vraiment beaucoup.»
De «réels progrès», se félicite le négociateur ukrainien à Berlin
«Les négociations entre l’Ukraine et les Etats-Unis ont été constructives et productives, avec de réels progrès accomplis. Nous espérons parvenir d’ici la fin de la journée à un accord qui nous rapprochera de la paix», a indiqué Roustem Oumerov, négociateur en chef de l’Ukraine à Berlin sur X. La fumée blanche n’est pas pour autant de mise, le service presse du diplomate précisant que l’accord n’était pas contractuel mais l’espoir d’un alignement des positions américaines et ukrainiennes. Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner - le gendre de Donald Trump - «travaillent de manière extrêmement constructive pour aider l’Ukraine à trouver une voie vers un accord de paix durable», a estimé Oumerov.



