En résumé :
- Une nouvelle session de pourparlers entre responsables russes et ukrainiens a démarré lundi matin, par visioconférence cette fois. Elle se poursuivra ce mardi.
-Une frappe de l’armée russe contre une tour de télévision près de la ville de Rivne, dans l’ouest de l’Ukraine, a fait au moins six morts et neufs blessés.
- Un convoi de 160 voitures a pu quitter la ville de Marioupol, ce lundi midi, via un couloir humanitaire, une première depuis le début du siège de la ville le 1er mars dernier.
- L’armée russe «n’exclut pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes qui sont déjà encerclées», prévient le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
La Russie accuse l’Occident de vouloir provoquer un défaut de paiement artificiel par ses sanctions gelant les avoirs de Moscou à l’étranger. « Les déclarations selon lesquelles la Russie ne peut remplir ses obligations concernant sa dette publique ne correspondent pas à la réalité », a insisté lundu le ministère des Finances, avant d’ajouter que « le gel des comptes en devises de la Banque de Russie et du gouvernement peut être vu comme le désir de pays étrangers de provoquer un défaut artificiel ».Pour la Russie, il y va de son honneur et non seulement de son accès futur aux marchés financiers. Depuis deux décennies et surtout depuis la crise de 2014, Moscou s’est en effet efforcé de se constituer une santé financière irréprochable, avec un taux d’endettement très faible et des réserves de plus de 600 milliards de dollars constituées grâce à la rente pétrolière. Mais aujourd’hui la partie des réserves détenues à l’étranger, environ 300 milliards de dollars, est devenue son talon d’Achille: gelées dans le cadre des sanctions occidentales, elles mettent la Russie au défi d’honorer plusieurs échéances de paiement de dettes en devises étrangères courant mars-avril.
Pour Fabien Roussel (PCF), «l’agresseur c’est Poutine». Il est arrivé en dernier sur TF1. Il s’est installé sur le tabouret : veste bleue, chemise blanche et pas de cravate. Le communiste a longtemps pointé du doigt les Etats-unis, les «gendarmes du monde». Ce n’est plus le cas aujourd’hui : «Il y a un agresseur et c’est Poutine.» Fabien Roussel valide la stratégie d’Emmanuel Macron : «Il faut parler d’une main ferme et ouverte pour obtenir un cessez-le-feu.» Le député communiste du Nord, contrairement aux écologistes et aux socialistes, est contre l’embargo du gaz Russe car l’Europe ne peut «pas s’en passer».
Pour Zemmour, Poutine est - quand même - «tyrannique». Avant dernier sur les huit candidats à la présidentielle à passer dans l’émission de TF1 «la France face à la guerre», Eric Zemmour a cherché à changer l’image de poutinophile qui lui colle à la peau depuis le début de la guerre en Ukraine. Celui qui a «condamné tout de suite l’invasion en Ukraine» s’est posé en «patriote» défendant «la souveraineté nationale, l’intégrité des frontières, donc je ne vais pas me retrouver à encourager le non-respect des frontières», que représenterait selon lui, par extension, l’invasion russe. Celui qui a longtemps réclamé un «Poutine français» à la tête de la France a toutefois refusé, comme d’autres candidats, à «qualifier» le dirigeant russe de dictateur. Il a concédé qu’il avait des «méthodes rudes, tyranniques». Après avoir expliqué que, les Russes étaient, en général, «un peuple brutal». Rien que ça.
Jean-Luc Mélenchon s’est assis sur le tabouret installé sur le plateau deTF1. Pas très longtemps : il s’est vite levé pour répondre aux questions. Le candidat de La France insoumise - le «non-aligné» - est contre l’envoi des armes en Ukraine. Comment faire alors ? Jean-Luc Mélenchon souhaite «isoler politiquement le gouvernement» de Vladimir Poutine «l’autocrate» en prenant langue avec la Chine et l’Inde et en tapant sur les oligarques. Le candidat de La France insoumise qui tente de se débarrasser de l’étiquette d’allié de Poutine qui lui colle à la peau compte également sur la «résistance du peuple russe» pour faire reculer le maître du Kremlin.
Sur le plateau de TF1, Emmanuel Macron est le seul des huit candidats à pouvoir déclarer : «Dans les prochaines heures, je parlerai encore à Vladimir Poutine.» Le président-candidat défend sa stratégie de «stopper cette guerre sans faire la guerre» et d’en «maximiser les coûts pour la Russie» par un train de sanctions, qu’il se dit prêt à renforcer encore. Niant toute «naïveté», il légitime son dialogue permanent avec Poutine. «C’est ce qui parfois évite le pire», dit-il en citant le maintien d’une activité minimale de l’Agence internationale de l’énergie atomique en Ukraine. Il refuse de qualifier de «dictateur» son homologue. «Ce n’est pas en l’insultant ou en le qualifiant que je serais le plus efficace», se défausse-t-il, petit sourire aux lèvres. Au passage, Macron se décerne un satisfecit sur sa politique européenne, en rappelant qu’il exhorte l’Union à muscler sa souveraineté, notamment militaire, depuis 2017. «C’est exactement cet agenda qui est en train de s’imposer par la force des choses», se félicite-t-il.
Le musée de l’Ermitage rappelle des tableaux prêtés pour l’ exposition sur les beautés vénitiennes à Milan. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, plusieurs musées, d’un côté comme de l’autre de la ligne de front, vident les expositions en rapatriant leurs œuvres. Après la demande française de retirer des pièces prêtées au Musée du Kremlin, c’est au tour de la Russie d’interrompre ses prêts, en Italie notamment. Le tour que prend L’Année croisée des musées, une collaboration entre les institutions culturelles russes et italiennes, illustre les tensions diplomatiques. Mikhail Piotrovsky, directeur du musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, vient de réclamer les tableaux qui figurent dans Titien et l’image de la femme dans la Venise du XVIe siècle, rapporte le Figaro. Cette exposition sur les beautés vénitiennes au Palazzo Reale de Milan, ouverte la veille de l’invasion russe en Ukraine, va devoir se passer de plusieurs pièces, dont la Jeune femme au chapeau à plumes de Titien et la Jeune femme avec vieil homme de profil du peintre Giovanni Cariani. L’Ermitage réclame également la toile Une jeune femme de Pablo Picasso, exposée à la Fondation Fendi à Rome. Certains Italiens font le parallèle entre le retour forcé des œuvres à Saint-Pétersbourg avec l’éviction du chef d’orchestre Valery Gergiev, un proche de Vladimir Poutine, des représentations de La Dame de pique de Tchaïkovski à la Scala de Milan. Jusqu’à ce jour, les tableaux de Vassily Kandinsky, exposés au Palazzo Roverella à Rovigo, n’ont fait l’objet d’aucune demande de retour de la part de la Russie. La cinquantaine d’œuvres, dont certaines proviennent de la Galerie Tretiakov de Moscou et du State Russian Museum de Saint-Petersbourg, sont visibles dans l’exposition «Vassily Kandinsky, L’Opéra 1900/1940″ près de Padoue jusqu’au 26 juin.
Yannick Jadot, représentant d’un parti à la tradition pacifiste, est-il devenu va-t-en guerre ? L’écolo, qui soutient les sanctions économiques et la livraison d’armes à l’Ukraine, évacue la critique rapportée par les journalistes de TF1 : «Ce n’est pas être va-t-en guerre que vouloir soutenir la résistance. Ce qui se joue c’est la démocratie, la liberté. Poutine envahit l’Ukraine parce qu’il ne supporte pas la démocratie.» Depuis le début du conflit, le député européen fait une comparaison : «Il faut livrer des armes comme on aurait dû le faire pendant la guerre d’Espagne pour armer les républicains contre les fascistes». Jadot veille toujours à montrer que la question climatique va de pair avec d’autres enjeux, en particulier le social. Depuis que la guerre a éclaté, il montre aussi qu’elle est liée à la démocratie : «il y a trop de complaisance envers Poutine car nous sommes dépendant des énergies fossiles qui tuent le climat et la démocratie». Il faut donc en finir, sans pour autant «demander aux Français de faire des efforts», insiste-il, mais en investissant massivement dans la rénovation thermique des bâtiments et dans le renouvelable.
Pour Valérie Pécresse, «l’Europe a fait preuve d’une certaine forme de naïveté» face à Poutine. La candidate de LR, troisième sur huit candidats à passer dans l’émission de TF1 «la France face à la guerre», a jugé que «peut-être qu’une diplomatie plus construite aurait permis d’éviter cette menace». Au début de l’émission, elle a surtout voulu faire vouloir que «la guerre en Ukraine n’efface pas les difficultés des Français» : manière de les inviter, malgré tout, à envisager un changement de Président.
Pour Marine Le Pen, l’ombre encombrante de Vladimir Poutine. «J’ai condamné dès le début et mille fois de la manière la plus claire qui soit l’invasion de l’Ukraine», commence d’entrée de jeu la patronne du Rassemblement national (RN), qui précise aussi avoir «également dénoncé l’envahissement de l’Irak par les Etats-Unis». La candidate d’extrême droite, qui a longtemps chanté les louanges de Vladimir Poutine, refuse en revanche de qualifier le Russe de «dictateur» au motif que «le président de la République est en train de négocier la paix [et] est en pleine diplomatie». «Mon obsession, c’est la paix, a t – elle martelé, en réitérant son opposition à la plupart des sanctions. Ce que je ne veux pas c’est que le prix du gaz soit multiplié par huit, celui du pétrole par deux, de l’électricité, qui est indexé sur le prix du gaz, d’autant.» Bref, «que la France se fasse Hara Kiri économiquement».
Sur TF1, au débat télé des candidats à la présidentielle, Anne Hidalgo (PS) première à se poser du côté des partisans de la fermeté européenne face à Poutine. A ceux qui, en face, se présentent comme le camp de la paix, elle répond : «Bien sûr qu’il faut la paix mais ça ne peut pas se faire au profit d’oppresseurs.» Sur une scène tricolore en mode ring, debout, la socialiste a défendu les sanctions économiques et la livraison d’armes à l’Ukraine. Interrogée sur Jean-Luc Mélenchon, qu’elle caricature en «agent de la Russie», la maire de Paris s’est contentée de rappeler que «nous ne pouvons pas être dans la complaisance avec un dictateur», préférant se placer dans un affrontement avec Macron, critiqué pour sur son bilan énergétique. Elle présidente, elle investirait massivement sur le renouvelable avant de sortir du nucléaire pour en finir avec la dépendance énergétique. Dans un futur plus proche, pour faire face aux conséquences de la guerre, elle baisserait la TVA sur l’essence à 5,5 %, et bloquerait le prix des énergies.
Une journaliste de la télé russe arrêtée après avoir brandi une pancarte anti-guerre. La scène est inédite. Pendant le journal du soir de la première chaîne russe, une femme est apparue derrière la présentatrice brandissant une pancarte «non à la guerre [en anglais]. Ne croyez pas à la propagande. Ils vous mentent (en russe)». Il s’agit de Marina Ovsyannikov, une rédactrice en chef de la chaîne. Avant son acte de bravoure, elle avait enregistré un message vidéo dans lequel elle dit que son père est ukrainien. Elle appelle à des mobilisations contre la guerre en Ukraine et se dit honteuse d’avoir participé par son travail à la propagande du Kremlin. Elle a été arrêtée et livrée à la police dans la foulée. Et risque jusqu’à 15 ans de prison sous la nouvelle loi punissant la propagation d’informations visant à «discréditer» les forces militaires.
Before appearing on air, she recorded a video asking to apologize for participating in propaganda and demanding an end to the war pic.twitter.com/xHPRd4FkCf
— Hanna Liubakova (@HannaLiubakova) March 14, 2022
Pour le président du groupe écologiste au Sénat, les ventes d’armes à la Russie par la France «posent de véritables questions d’ordre moral». Les premières réactions politiques tombent après les révélations de Disclose concernant les livraisons d’armes à la Russie par la France entre 2015 et 2020. «Le droit international n’étant pas rétroactif, on ne peut pas dire que ce soit illégal mais ces ventes posent de véritables questions d’ordre moral. La France aurait pu et aurait dû les suspendre, explique à Libération Guillaume Gontard, vice-président de la commission des affaires étrangères et de la défense au Sénat. On voit les gouvernements successifs conduire cette politique de VRP de ventes d’armes à l’étranger. Or ces armes se retournent contre des civils, contre des démocraties et pourraient à terme se retourner contre nous. Cette manière de faire vide de sens la voie diplomatique que veut emprunter la France.» Le président du groupe écologiste au Sénat plaide pour que la «position commune» arrêtée par l’Union européenne en 2008 devienne un règlement et que la Commission européenne puisse contrôler les licences d’exportation. Une délégation parlementaire pourrait aussi, ajoute Guillaume Gontard, contrôler le type d’armes vendues, les conditions et les garanties données sur le respect des droits de l’Homme, du droit international et du droit des conflits armés.
Scholz et Erdogan sur la même ligne à Ankara. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ont réaffirmé ce lundi à Ankara la nécessité d’un cessez-le-feu rapide entre la Russie et l’Ukraine et la volonté de poursuivre leur coopération militaire avec Kiev. Il s’agissait de la première rencontre entre les deux dirigeants depuis l’arrivée du successeur d’Angela Merkel. Interrogé sur la neutralité qu’observe son pays dans ce conflit, Erdogan a dit vouloir «conserver ses liens d’amitié avec [le président ukrainien] Zelensky et [le président russe] Poutine».
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Neuf morts dans une frappe contre une tour de télévision à Rivne (ouest). Une frappe de l’armée russe contre une tour de télévision près de la ville de Rivne, dans l’ouest de l’Ukraine, a fait plusieurs victimes ce lundi. «A 16 heures, nous pouvons déclarer qu’il y a 9 morts et 9 blessés», a indiqué à la presse Vitali Kobal, le responsable de l’administration locale, précisant que «deux missiles» avaient touché la tour de télévision du village d’Antopil, à 15 kilomètres à l’est de Rivne, et un bâtiment administratif situé juste à côté. «Pour le moment, les opérations de secours sont toujours en cours et se poursuivront jusqu’à ce que les débris dans les bâtiments soient complètement déblayés», a-t-il ajouté. Selon Kobal, l’accès à la télévision était déjà rétabli en fin de journée dans la partie nord de la région de Rivne, via le réseau câblé.
Emmanuel Macron mardi dans un centre accueillant des réfugiés ukrainiens. Ce lundi, l’Elysée annonce que le président de la République, Emmanuel Macron, se rendra mardi dans le Maine-et-Loire, visiter un centre de réfugiés ukrainiens. Il devrait être accompagné des ministres de l’Intérieur et déléguée chargée de la Citoyenneté, Gérald Darmanin et Marlène Schiappa.
Kyiv demande «l’expulsion immédiate» de la Russie du Conseil de l’Europe. Le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal, a demandé ce lundi au Conseil de l’Europe «l’expulsion immédiate» de la Russie de cette organisation paneuropéenne de défense des droits humains. «Nous demandons de prendre une décision concernant l’expulsion immédiate de la Russie du Conseil de l’Europe», a lancé le chef du gouvernement ukrainien, s’exprimant par visioconférence lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui siège à Strasbourg.
Quand l’équipe Biden briefe Tik Tok. «Nous considérons qu’il s’agit d’une voie cruciale dans la façon dont le public américain découvre les dernières informations» : le directeur de la stratégie numérique de la Maison Blanche, Rob Flaherty, explique dans le Washington Post ce qui a conduit la Maison Blanche à convier, jeudi, une trentaine de très (très) jeunes influenceurs numériques pour leur donner des clés de lecture occidentales du conflit déclenché par la Russie en Ukraine. Dans cette guerre de l’information, personne ne doit être laissé à l’écart. Et si on cumule, ces créateurs sont en mesure de toucher plusieurs millions d’Américains, d’où l’importance de leur expliquer les objectifs stratégiques des Etats-Unis, l’aide militaire ou humanitaire ou «comment Washington réagirait en cas d’attaque nucléaire russe ?»
Reprise mardi des pourparlers russo-ukrainiens, annonce Kyiv. La quatrième session de pourparlers entre l’Ukraine et la Russie reprendra mardi, a rapporté un négociateur de Kyiv. «Nous faisons une pause technique dans les négociations jusqu’à demain» pour permettre «des travaux supplémentaires des sous-groupes de travail et la clarification» de certains termes, a déclaré ce lundi sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, un négociateur et conseiller du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Ces discussions, qualifiées de «difficiles» par Zelensky, avaient débuté plus tôt lundi par visioconférence. Il s’agit de la quatrième session de pourparlers. Les trois précédentes s’étaient tenues aux frontières ukraino-bélarusse et polono-bélarusse.
Elon Musk, le PDG de Tesla, provoque en duel… Vladimir Poutine. Le PDG de Tesla aime tweeter. Et ce lundi, Elon Musk a décidé de proposer sur le réseau social sa «solution» au conflit en Ukraine. «Je défie par la présente Vladimir Poutine en combat singulier. L’enjeu : l’Ukraine.» Moins d’une heure après, devant l’absence de réponse de la Russie, Musk a décidé de s’adresser directement au compte Twitter du Kremlin pour lui demander, en russe, s’il acceptait le défi. Etrangement, ni Poutine ni le Kremlin n’ont pour l’instant répondu.
I hereby challenge
— Elon Musk (@elonmusk) March 14, 2022
Владимир Путин
to single combat
Stakes are Україна
La situation militaire en Ukraine ce lundi.



