En résumé
- Kyiv a indiqué perdre jusqu’à 200 soldats par jour.
- Deux Britanniques et un Marocain ont été condamnés à mort jeudi pour leur participation à des combats dans des rangs de l’armée ukrainienne.
- Face aux sanctions de l’Occident, la Russie va se concentrer sur le commerce avec la Chine, l’Inde et les puissances du Moyen-Orient, selon Vladimir Poutine.
Frédéric Leclerc-Imhoff «préférait l’ombre de sa caméra pour mettre en lumière ceux qui ne sont rien». «Fred avait le souci de la belle image, pas par nombrilisme, mais par humanité positive comme un rempart face à la barbarie.» En une seule phrase, face à une foule de journalistes, d’amis et de passants réunis sur la place de la République, la mère de Frédéric Leclerc-Imhoff, tué en Ukraine, aura réussi à résumer la beauté du journalisme à laquelle nombre de ses confrères aspirent.
Reportage sur place
Pourquoi l’Ukraine réclame toujours plus d’armes lourdes. Pour inverser le rapport de force dans la bataille du Donbass, les autorités ukrainiennes réclament à leurs alliés de nouvelles armes. Le gouverneur de Louhansk, l’une des deux divisions administratives de la région, a assuré jeudi que l’artillerie occidentale de «longue portée» permettrait à l’Ukraine de reprendre le contrôle total de Sievierodonetsk, la dernière grande ville qui échappe encore à Moscou mais qui menace de tomber. Sa capture parachèverait la conquête de l’oblast (région administrative) et ouvrirait la voie vers la capitale de facto, Kramatorsk.
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Depuis le début de l’invasion, 270 ponts ont été détruits. Dans le Donbass, théâtre de violents combats depuis plus d’un mois, le front se fige le long du Donets, la rivière qui serpente dans l’est de l’Ukraine. L’armée russe a conquis presque l’intégralité de l’oblast de Louhansk, l’une des deux divisions administratives de la région. Il ne lui manque que les villes jumelles de Sievierodonetsk et de Lysychantsk, séparée par le Donets. Un seul pont relie encore les deux villes, donc le territoire occupé par les Russes et le reste de l’Ukraine. Ici comme dans d’autres régions, les troupes envoyées par le Kremlin peinent à franchir ce que les militaires appellent les «coupures humides» : fleuves, lacs, mers…
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RT France conteste sa suspension devant la justice européenne. La chaîne d’information RT France (ex-Russia Today) conteste devant la justice européenne la suspension de sa diffusion dans le cadre des sanctions de l’UE contre Moscou, le média d’Etat russe revendiquant sa «liberté d’expression». Accusés d’être des instruments de «désinformation» du Kremlin, les médias Spoutnik et RT (y compris sa version francophone RT France) ont été interdits de diffusion dans l’UE à partir du 2 mars, à la télévision comme sur internet, suite à un accord des Vingt-Sept peu après le début de l’offensive russe contre l’Ukraine. La chaîne RT France, propriété d’une association financée par Moscou, ANO-TV Novosti, conteste cette mesure devant la Cour de justice de l’UE à Luxembourg, arguant d’une atteinte à la liberté d’expression contraire au droit européen. Le tribunal de l’UE rendra dans les prochains mois son verdict, qui pourra être contesté en appel.
La France prête à participer au déminage des accès au port d’Odessa. «Nous sommes à disposition des parties pour au fond que se mette en place une opération qui permettrait d’accéder au port d’Odessa en toute sécurité, c’est-à-dire de pouvoir faire passer des bateaux en dépit du fait que la mer est minée», déclare un conseiller de l’Elysée. Le but est de favoriser l’export des céréales ukrainiennes. Il faut que «ces grains exportés d’Odessa puissent aller sur les marchés où ils sont attendus à des prix raisonnables et praticables, notamment pour les pays africains», souligne le palais. Le président russe Vladimir Poutine a donné son «consentement» pour une telle opération lors d’un entretien avec Emmanuel Macron le 28 mai, rappelle la présidence française, en relevant qu’une initiative en ce sens de la Russie et la Turquie cette semaine n’avait en revanche pas abouti.
Berlin accuse la Russie de «mépris total» pour le droit humanitaire. Les informations sur les condamnations à mort de ressortissants étrangers servant dans les forces armées ukrainiennes sont «choquantes», écrit le ministère allemand des Affaires étrangères sur son compte Twitter. «En tant que combattants, ils sont des prisonniers de guerre et ont droit à des protections spéciales en vertu de la Convention de Genève. Cela montre une fois de plus le mépris total de la Russie pour le droit humanitaire international», ajoute le ministère.
Volodymyr Zelensky salue le rôle moteur de Londres dans le soutien occidental à l’Ukraine. «Les mots se transforment en actions. C’est ce qui fait la différence entre les relations entre l’Ukraine et la Grande-Bretagne et celles entre l’Ukraine et d’autres pays», déclare le président ukrainien sans nommer les autres pays visés. Il s’exprime à l’occasion d’une visite à Kyiv du ministre britannique de la Défense Ben Wallace. «Armes, finances, sanctions : dans ces trois dossiers, la Grande-Bretagne montre son leadership», poursuit Volodymyr Zelensky dans une vidéo publiée sur son compte Telegram. Cette visite de travail de deux jours visait à entendre de vive voix «comment évoluent les besoins opérationnels des forces armées ukrainiennes, alors que la nature du conflit continue de changer», indique le ministère britannique de la Défense dans un communiqué.
«L’Ukraine appartient à la famille européenne», rappelle l’Elysée ce vendredi, alors que la Commission européenne doit prochainement rendre son avis sur le statut de candidature à l’intégration dans l’UE pour Kyiv. «Il faut nous assurer que l’Union est capable d’intégrer de nouveaux membres, poursuit une source à l’Elysée. Il faut prendre en considération l’aspiration européenne des Balkans», notamment la Serbie et le Kosovo, afin «d’éviter qu’un vide ne s’installe dans cette région» qui pourrait «être comblé par la Russie, la Chine ou la Turquie».
La France défend le principe d’une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies sur la question des stocks de céréales. «L’ONU doit être au centre du jeu pour sécuriser l’accès au port d’Odessa, qui dispose du plus grand stock», defend-on à l’Elysée en rappelant que la «mer est minée». Les agences des Nations unies doivent également «avoir un mandat pour inspecter les bateaux et prévoir une distribution de ces grains de manière acceptable.» Dans l’entourage du chef de l’Etat, on rappelle que les sanctions en vigueur contre la Russie n’empêchent pas d’exporter ces céréales. «C’est un mensonge» de l’affirmer comme le «fait le ministre Lavrov (en charge des Affaires étrangères en Russie)».
Emmanuel Macron «attend le bon moment» pour se rendre en Ukraine, selon l’Elysée. Le président Français ira mardi en Roumanie, notamment pour rendre visite aux 500 soldats français déployés dans le cadre de l’Otan, qui ont été rejoints par 300 Belges en mars. Le lendemain, le chef de l’Etat sera en Moldavie pour apporter le soutien de la France à la présidente Maia Sandu, venue en France le 19 mai. «Toujours disponible pour se rendre en Ukraine», selon une source de l’Elysée, le président de la République attend le «bon moment» pour aller à Kyiv, quand «ce sera le plus utile pour le président Zelensky».
Des frappes ukrainiennes dans la région de Kherson. Oleksiï Reznikov le ministère ukrainien de la Défense a indiqué ce vendredi après-midi avoir frappé des positions militaires russes dans la région de Kherson, dans le sud du pays, l’une des premières zones dont se sont emparées les troupes de Moscou après son invasion du pays en février. Dans un communiqué publié ce matin, le ministère a déclaré avoir lancé de nouvelles frappes aériennes sur «une série de frappes sur des bases ennemies, des lieux d’accumulation de matériel et de personnel, et des dépôts de campagne autour de cinq établissements différents dans la région de Kherson».
Jeudi, l’Ukraine a lancé une offensive afin de reconquérir son territoire dans la région de Kherson en reprenant notamment des territoires aux forces russes. Oleksiï Reznikov n’a pas donné de détails mais a indiqué que les forces russes avaient «subi des pertes en hommes et en matériel», mais qu’elles avaient battu en retraite en prenant soin de miner le territoire à mesure qu’elles étaient repoussées et qu’elles avaient érigé des barricades pour les troupes ukrainiennes.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères qualifie «d’hystérique» la réaction de la Grande Bretagne au sujet des prisonniers de guerre. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié ce vendredi après-midi d’«hystérique» la réaction de la Grande-Bretagne à la condamnation d’Aiden Aslin et de Shaun Pinner à Donetsk, ville contrôlée par les séparatistes russes. Auparavant, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait refusé de commenter ces affaires, affirmant qu’elles relevaient de la compétence de la république populaire de Donetsk aux mains des séparatistes pro-russes.
Les ministres britanniques des Affaires étrangères d’Ukraine et du Royaume-Uni ont discuté de la libération des prisonniers de guerre. Ce vendredi, la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss a déclaré qu’elle s’était entretenue avec son homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, afin de discuter des efforts déployés pour obtenir la libération des prisonniers de guerre «détenus par des mandataires russes». Dans un tweet publié en début d’après-midi, Liz Truss a évoqué «la libération des prisonniers de guerre détenus par des mandataires russes». «Le jugement contre eux est une violation flagrante de la convention de Genève, a-t-elle insisté, avant d’ajouter que «le Royaume-Uni continue de soutenir l’Ukraine contre l’invasion barbare de Poutine».
Spoke with Ukrainian FM @DmytroKuleba to discuss efforts to secure the release of prisoners of war held by Russian proxies. The judgement against them is an egregious breach of the Geneva convention.
— Liz Truss (@trussliz) June 10, 2022
The UK continues to back Ukraine against Putin’s barbaric invasion. pic.twitter.com/DyKZAP4HA6
Des cartes pour sensibiliser les civils ukrainiens aux mines et autres engins explosifs. La guerre en Ukraine a laissé de grandes quantités de munitions abandonnées et non explosées (bombes, grenades, mines terrestres, missiles, roquettes, obus, etc.) dispersées dans tout le pays. Un risque majeur pour tous ceux qui vivent et travaillent dans la région, y compris les populations locales, les travailleurs humanitaires et les soldats. 8 000 cartes de sensibilisation doivent être distribuées sur le territoire ukrainien. Elles permettent de reconnaître le type d’arme constaté et ses dangers.
The first packs are on the ground and in use. The RAF are delivering a further 8000 packs. Help us teach non combatants of the dangers of unexploded ordnance in #Ukraine https://t.co/MJrEgQAQfe
— Explosive hazard awareness cards for Ukraine (@UkraineCards) June 9, 2022
Risk awareness is simply the most cost-effective solution to saving lives and limbs pic.twitter.com/JuThMIGKY6
Selon Oleh Bondar, responsable des services de déminage de la Sécurité civile ukrainienne, plus de 300 000 km² d’Ukraine, soit près de la moitié du territoire du pays, sont contaminés d’engins explosifs. «Cela coûtera à l’humanité des centaines de milliards de dollars. Mais nous débarrasserons notre terre, à la fois des agresseurs, de la ferraille et des déchets qu’ils ont laissés derrière eux», a tweeté hier soir le ministère ukrainien de la Défense, postant des clichés pris par l’agence américaine de photo satellite Maxar. On y voit des centaines de cratères disséminés dans les champs ukrainiens.
It will take decades to reap this "crop" which the ruscists sowed on our soil. It will cost humanity hundreds of bln of $ But we will clear our land, both of the aggressors and of the scrap metal and waste they left behind.
— Defence of Ukraine (@DefenceU) June 9, 2022
Photos by @Maxar, @GeneralStaffUA, @cguzy, @ratushnyi_r pic.twitter.com/j4M5v4vkmv
«L’Europe doit agir», insiste Volodymyr Zelensky à Copenhague. Invité du sommet démocrate de Copenhague qui se tient ce vendredi, le président ukrainien Volodymr Zelensk a une nouvelle fois demandé à l’Europe d’agir pour soutenir son peuple. «L’Europe doit agir. Si les mots sont prononcés, s’ils sont mis sur papier et deviennent des documents de droit international, cela doit fonctionner. Ils doivent agir en conséquence. Et quand cela arrivera, il ne sera pas question de savoir qui va gagner et où se trouve la ligne de front. Oui à la démocratie. Oui à l’Europe», a martelé le président ukrainien.
Копенгагенський демократичний саміт. Наголосив, що демократія має бути дієвою – в усіх сенсах. Європа має бути дієвою. Якщо слова сказані, якщо вони покладені на папір і стали документами міжнародного права, вони повинні працювати. Вони повинні діяти. І коли це буде так, не виникатиме питання про те, хто ж переможе і де лінія фронту. Звичайно, демократія. Звичайно, Європа. І передусім у свідомості лідерів, які мають діяти, а не лише говорити.
Posted by Володимир Зеленський on Friday, June 10, 2022
A Kharkiv, des fleurs en soutien aux soldats Ukrainiens. «Les habitants de Kharkiv montrent à tous les Ukrainiens un exemple de fermeté et d’unité. Les personnes sous le feu sortent les ordures, réparent les infrastructures endommagées et plantent des fleurs dans les parterres de fleurs de la ville. Ils ont créé cette œuvre en l’honneur des Forces armées !», écrit la Rada, le Parlement ukrainien, dans un post publié ce vendredi sur Twitter.
Харків’яни показують усім українцям приклад незламності та згуртованості.
— Верховна Рада України (@verkhovna_rada) June 10, 2022
Люди під обстрілами вивозять сміття, лагодять пошкоджену інфраструктуру та висаджують квіти на міських клумбах.
Цей витвір вони створили на честь ЗСУ!
Голос України: https://t.co/gsB60VvcnV pic.twitter.com/J6QxKNWw84
Le Japon impose de nouvelles sanctions contre la Russie. Le gouvernement japonais a imposé de nouvelles sanctions contre la Russie et va interdire la fourniture de camions, de camions-bennes et de bulldozers au pays. C’est ce qu’a annoncé ce vendredi le ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, Kōichi Hagiuda.
A Kyiv, seuls les jardins d’enfants disposant d’un abris sous-terrain sont ouverts. La capitale ukrainienne essaie de reprendre petit à petit une vie normale, mais la sécurité reste la priorité absolue. «Par conséquent, seuls les jardins d’enfants disposant d’abris dans leurs sous-sols ou à proximité seront autorisés à travailler», a indiqué l’administration d’Etat de la ville de Kyiv dans une publication partagée par le ministère ukrainien des Affaires étrangères.
🧸#Kyiv is trying to come back to normal life, although security is the top priority.
— MFA of Ukraine 🇺🇦 (@MFA_Ukraine) June 10, 2022
Therefore, only kindergartens with shelters in their basements or nearby will be allowed to work.
📸 Kyiv City State Administration#StandWithUkraine️#StopRussianWar#ArmUkraineNow pic.twitter.com/l9FHEeoI65
A Moscou, le remplaçant de McDonald’s en Russie se dévoile. Oubliez les arches dorées, Ronald Mc Donald et le big mac : en Russie, on a dit au-revoir à la chaîne de restauration rapide américaine qui a déserté le pays, en partie à cause des sanctions occidentales. Aujourd’hui, plus de 1 000 anciens restaurants McDonald’s ont été intégrés à une nouvelle chaîne et doivent rouvrir. Le nouveau logo, revisité, représente un hamburger et deux frites en forme de «M», mais le nom de la nouvelle marque n’a pas encore été révélé. Cette réouverture coïncide avec la Journée de la Russie, qui célèbre l’indépendance du pays, à l’endroit même de la place Pouchkine à Moscou où McDonald’s a ouvert pour la première fois en Russie en 1990.
Former McDonalds restaurants in Russia have a new logo. And it's, uh, really something: https://t.co/rSzAndaj2j pic.twitter.com/QZEpae5RgL
— Katia Dmitrieva (@katiadmi) June 9, 2022
Emmanuel Macron à Kyiv en milieu de semaine ? Selon le Parisien, le chef de l’Etat pourrait se rendre à Kyiv en milieu de semaine. L’Elysée qui planche sur un déplacement en Roumanie du président mardi et mercredi réfléchit également à organiser une halte à Kyiv. Cela fait plusieurs semaines qu’un déplacement du président de la République dans la capitale ukrainienne est évoqué. «Rien n’est acté. Des projets sont à l’étude. Pendant la présidentielle, Emmanuel Macron avait indiqué qu’il consacrerait son premier déplacement, s’il était réélu, à une visite en Allemagne et une autre immersion dans les troupes françaises à l’étranger», indique seulement un conseiller du palais au Parisien.



