En résumé :
- Les autorités suisses ont dénombré pour l’instant 40 morts lors de l’incendie qui a ravagé un bar de la station de ski de Crans-Montana pendant la soirée du réveillon du Nouvel-An. 119 personnes ont été blessées, dont 113 identifiées. Une dizaine est prise en charge dans des hôpitaux français ce vendredi soir.
- Au moins 14 Français ont été blessés. Huit sont toujours portés disparus, selon le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
- «Tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes mises sur les bouteilles de champagne», a annoncé la procureure. Une enquête est en cours pour établir les responsabilités des patrons du bar Le Constellation, un couple de Français d’origine corse, qui assurent que leur établissement était conforme aux normes.
- Retrouvez les principales informations de la journée d’hier ici.
L’organisation suisse de transfusion sanguine assure que les stocks sont «normaux» mais appelle aux dons
Appel aux donneurs et donneuses de sang en Suisse. Alors que la prise en charge des victimes de l’incendie nécessite aussi de recourir à de nombreuses poches de sang, l’organisation suisse Transfusion interrégionale CRS assure sur Instagram qu’elle surveille «attentivement» ses stocks. «Ils sont actuellement normaux et nous permettent d’assurer l’approvisionnement des hôpitaux.» Mais l’organisme appelle tout de même à «prendre rendez-vous» pour faire un don : «en cette période suivant les Fêtes de fin d’année, il est important de garantir des stocks suffisants dans les jours et les semaines à venir.»
10 lits mobilisés et 19 disponibles dans les hôpitaux français pour soigner les blessés
Les hôpitaux français continuent d’être mobilisés pour prendre en charge une partie des victimes de l’incendie, la Suisse ayant demandé à plusieurs pays d’accueillir des blessés. La ministre française de la Santé, dans un message publié sur X, a dressé un nouveau bilan en ce début de soirée : deux lits ont été mobilisés hier, huit supplémentaires l’ont été aujourd’hui et dix-neuf restent «disponibles» dans les établissements français. «Je tiens à saluer la coopération étroite entre l’ensemble des acteurs mobilisés», a-t-elle ajouté. Jean-Michel Barrot, ministre des Affaires étrangères, a annoncé que la France aura accueilli «d’ici ce soir» 11 personnes dans ses hôpitaux «à Lyon, Metz, Nantes et en région parisienne, dont trois ressortissants suisses».
Je tiens à vous tenir informés de l’évolution de la situation à la suite du drame survenu en Suisse. L’ensemble des services de santé est pleinement mobilisé pour assurer la prise en charge des victimes, en coordination étroite avec les autorités suisses.
— Stéphanie RIST (@stephanie_rist) January 2, 2026
À ce stade :
– 2 lits…
Les propriétaires du Constellation assurent avoir été plusieurs fois contrôlés et coopérer avec les autorités
Auprès de nos confrères de 20 minutes Suisse, le propriétaire français du bar Le Constellation, où a eu lieu l’incendie lors de la nuit du Nouvel an, a assuré être avec sa femme très touchés par l’événement : «Nous ne pouvons ni dormir ni manger, nous allons très mal.» Il a également déclaré faire «tout (son) possible pour aider à clarifier les causes» du feu. Dans la Tribune de Genève, il assure par ailleurs que son établissement a été «inspecté à trois reprises» ces dix dernières années et que «tout s’est fait dans les normes». Le couple a été entendu par la justice suisse.
«Il faut mieux réglementer sans tuer la fête» : l’hôtellerie-restauration appelle à plus de contrôles
La catastrophe du Constellation pose à nouveau la question de la sécurité. Si les normes en France sont très strictes dans les boîtes de nuit, elles le sont moins dans les autres établissements. Des professionnels réclament l’interdiction des feux scintillants dans ces lieux. Lire notre analyse.
«Je m’accroche au moindre espoir, mais je dois m’attendre au pire»
Pour les familles des victimes, l’attente est longue et difficile à vivre. Ils sont nombreux à être encore sans nouvelles ce vendredi après-midi d’un proche qui a passé la soirée du Nouvel an dans le bar Le Constellation. Comme Alexandra Ivanoska, rencontrée par notre envoyée spéciale à Crans-Montana, qui raconte cette attente pesante et le maigre espoir qu’il lui reste de retrouver son fils vivant (six blessés sont toujours non-identifiés) : «Je m’accroche au moindre espoir, à tout ce que je peux, mais je dois m’attendre au pire, à sa mort.» Lire notre reportage à Crans-Montana.
Des médecins militaires français dépêchés en Suisse
Une équipe de médecins militaires français a été dépêchée en Suisse pour une «mission d’évaluation des blessés brûlés en vue de leur évacuation». Cette équipe, composée d’un plasticien, d’un anesthésiste et d’une infirmière spécialisée ainsi que d’un médecin des pompiers, est arrivée sur place en début d’après-midi, a déclaré le ministère des Armées. «Elle restera plusieurs jours pour soutenir le travail des autorités sanitaires suisses» et participera à l’évaluation des personnes brûlées «en vue de leur évacuation dans les structures compétentes selon l’état des lésions».
Pourquoi les identifications des cadavres prennent autant de temps ?
Face à la presse ce vendredi après-midi, le chef de la police judiciaire du Valais a détaillé le processus d’identification des victimes et les raisons qui font que près de deux jours après l’incendie, beaucoup de famille ne savent toujours pas si leur proche est décédé. Depuis jeudi, une équipe d’une trentaine de personnes, composée de policiers scientifiques, de médecins légistes et de dentistes suivent un protocole strict sur les dépouilles. Elles les examinent, relèvent les empreintes digitales, font des prélèvements ADN et collectent les objets qu’elles trouvent sur les corps. Ces données post-mortem sont ensuite comparées avec celles recueillies auprès des familles (objets, informations sur les habits portés par le disparu, prélèvement ADN).
«Une fois ces deux éléments ante-mortem et post-mortem obtenus, un dossier est préparé, puis il est soumis à une commission d’identification composée du ministère public, de la médecine légale et d’un policier, explique-t-il. Si les données correspondent, la commission va valider la procédure.» Le ministère public va pouvoir autoriser la libération du corps, la médecine légale va compléter le certificat de décès et une fois toutes ces étapes passées, le décès sera annoncé aux familles. Si l’attente est longue et pénible, le processus vise à s’assurer de ne pas confondre deux victimes.
Huit Français toujours portés disparus, annonce Jean-Noël Barrot
Près de deux jours après le drame, plusieurs victimes n’ont pas encore été identifiées. Ce vendredi après-midi, huit Français qui ont passé la soirée du Nouvel an dans le bar où l’incendie s’est déclenché à Crans-Montana n’ont toujours pas été localisés, explique sur X Jean-Noël Barrot, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
L'enquête se poursuit, une possible instruction pour incendie et homicide par négligence
Pour confirmer l’hypothèse d’un incendie parti des bougies incandescentes et établir la responsabilité, ou non, de l’établissement, l’enquête se poursuit, explique la procureure générale du canton du Valais : «La suite de l’enquête portera sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité (extincteurs, voies de fuite, respect de normes incendies, moyens de lutte contre le feu, nombre de personnes présentes ce soir-là, nombre de personnes que le bar est autorisé à accueillir).»
«Tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes mises sur les bouteilles de champagne”
La procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, a fait le point sur l’enquête. Si «toutes les pistes sont explorées», il y a «des hypothèses qui se confirment aujourd’hui», et «tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes mises sur les bouteilles de champagne». Les flammes auraient ensuite touché le plafond et ont produit «un embrasement très rapide et général» de l’établissement. La procureure explique se baser sur des vidéos, des témoignages et des constatations faites sur place pour avancer cette hypothèse. Les deux gérants français de l’établissement ont également été entendus.
113 blessés identifiées, dont 14 Français et 11 Italiens
Les identifications continuent. Lors de la conférence de presse ce vendredi après-midi, les autorités ont annoncé que parmi les 119 personnes blessées, 113 ont pu être identifiées. Il s’agit de 71 Suisses, 14 Français, 11 Italiens, 4 Serbes, un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais. Pour les 14 autres, «la nationalité demeure inconnue». Pour les 40 personnes décédées, les spécialistes essayent encore de les identifier. «Les protocoles d’identification formelle standardisés au niveau international prennent du temps», précise la police locale.
Une cérémonie organisée vendredi prochain à Crans-Montana
Le président du Conseil d’Etat du canton du Valais a annoncé ce vendredi après-midi qu’une cérémonie aura lieu à Crans-Montana dans une semaine, le vendredi 9 janvier : «Elle sera l’occasion de se rassembler, de faire communauté, de faire communion, de vivre ensemble ce deuil national. Un livre de condoléances sera mis en ligne dès samedi sur le site internet de la confédération.»
Une cinquantaine de blessés transférés à l'étranger
Face à l’ampleur de la catastrophe et au nombre très important de blessés qui sont souvent dans des situations d’urgence absolue, la solidarité s’active. «Une cinquantaine de blessés ont été transférés ou vont l’être très prochainement dans des pays européens», a annoncé le président du Conseil d’Etat du canton du Valais. Ils doivent être placés dans des «centres spécialisés pour les grands brûlés». La France fait partie des pays qui doivent accueillir une partie de ces victimes : onze seront dans des hôpitaux français d’ici ce soir. Le gouvernement français a par ailleurs proposé d’envoyer des médecins spécialisés en Suisse, ce que les autorités suisses ont accepté.
40 morts et de nombreux blessés qui «luttent pour survivre»
Le bilan se précise. Lors d’une conférence de presse, Mathias Reynard, le président du Conseil d’Etat du canton du Valais, a annoncé que 40 personnes avaient été tuées dans l’incendie. Le bilan pourrait encore s’aggraver alors que parmi les 115 blessés admis à l’hôpital, beaucoup «luttent encore aujourd’hui pour survivre», a-t-il expliqué.
«Nos équipes font le maximum», assure le président du Conseil d'Etat du canton du Valais
La conférence de presse, très attendue, a débuté. Le président du Conseil d’Etat du canton du Valais, Mathias Reynard, a assuré en préambule que les équipes suisses «font le maximum pour sauver des vies, pour soutenir les familles et ne laisser personne seul, et identifier de la façon la plus rapide possible les victimes».
Le ministre italien des Affaires étrangères à Crans-Montana
Antonio Tajani, le ministre italien des Affaires étrangères, s’est rendu à Crans-Montana à la mi-journée. Il s’est recueilli près de l’établissement où l’incendie s’est déclenché et a proposé à la Suisse l’aide de la police scientifique italienne pour identifier les victimes.
Deux toulousaines parmi les victimes
D’après Ici Occitanie, deux amies Toulousaines font partie des victimes de l’incendie. L’une d’entre elles est actuellement hospitalisée en Allemagne et a été placée dans le coma, selon sa sœur contactée par la radio. La famille de la seconde toulousaine est de son côté toujours sans nouvelle. Elles ont toutes les deux passé la nuit dans le bar de la station de ski Crans-Montana qui a pris feu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.
En Suisse, les «faiseurs de secrets» sollicités par les proches des victimes
C’est une tradition bien ancrée en Suisse. Depuis des siècles, des hommes et des femmes se revendiquent de l’autre côté des Alpes «faiseurs de secrets». Ils auraient les capacités, héritées de leurs ancêtres, de soulager des douleurs et de guérir en prononçant une formule magique, parfois même au téléphone sans voir directement la personne qui a recours à leurs services. Ces dernières 48 heures, rapporte Le Temps, les faiseurs de secrets sont sursollicités par des proches des victimes de l’incendie souhaitant apaiser les souffrances liées aux brûlures. La liste des faiseurs de secrets s’échange sur les réseaux sociaux. Même les hôpitaux «ont la liste et les appellent», raconte l’un d’entre eux, cité par le quotidien suisse.
Le drapeau Suisse en berne au Conseil de l'Europe
A l’instar de ce qui a été fait sur le Palais fédéral de Suisse, à Berne, le drapeau Suisse qui flotte au Conseil de l’Europe a été mis en berne ce vendredi par solidarité. «Nos pensées vont aux victimes, à leurs proches et à l’ensemble de la communauté suisse en ces moments difficiles. Le Conseil de l’Europe salue également l’engagement des secouristes et de toutes celles et ceux qui se mobilisent sur le terrain pour venir en aide aux victimes et soutenir leurs familles», écrit l’instance européenne basée à Strasbourg dans un communiqué.
Avant le drame de Crans-Montana, de sinistres précédents
Le 5-7 en Isère, le Kiss au Brésil, le Pulse en Macédoine du Nord… Comme le Constellation, d’autres établissements festifs ont été ravagés dans l’histoire récente par des incendies meurtriers. Notre article.



