En résumé :
- Une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne dès janvier 2027 est envisagée dans le plan de paix des Etats-Unis pour mettre fin à la guerre entre Moscou et Kyiv, a affirmé ce vendredi un haut responsable au fait du dossier.
- Volodymyr Zelensky est attendu lundi à Berlin, a annoncé ce vendredi un autre haut responsable. Selon le président ukrainien, les deux questions essentielles restant à négocier sont le contrôle de la région orientale de Donetsk et le statut de la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par Moscou dans le sud de l’Ukraine.
- Donald Trump a fait part jeudi de son exaspération face à l’absence de résultat des pourparlers pour mettre fin à la guerre, Washington sommant Kyiv d’accepter des concessions territoriales qui pourraient comprendre une zone démilitarisée.
L’UE accepte de geler indéfiniment les actifs russes, en supprimant les obstacles au prêt à l’Ukraine
L’Union européenne a accepté ce vendredi de geler indéfiniment les avoirs de la banque centrale russe détenus en Europe, levant ainsi un important obstacle à l’utilisation de ces fonds pour aider l’Ukraine à se défendre contre la Russie. Cette décision des États membres de l’UE vise à mettre à profit une partie des avoirs souverains russes qu’ils ont immobilisés après l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022. Après cet entérinement, les avoirs souverains russes resteront gelés aussi longtemps que nécessaire, plutôt que de voter tous les six mois pour prolonger le gel. Ce qui élimine, de facto, le risque que la Hongrie et la Slovaquie, qui entretiennent de meilleures relations avec Moscou que d’autres États membres, refusent à un moment donné de renouveler le gel, obligeant ainsi l’UE à rendre l’argent à la Russie.
Les Ukrainiens n'ont fait aucun «deal sur les territoires» et «n'en envisagent pas aujourd'hui», selon l'Elysée
Les Ukrainiens n’ont fait «aucun deal» territorial et n’en «envisagent pas aujourd’hui», a insisté vendredi la présidence française, après des déclarations de presse laissant penser qu’ils étaient ouverts à une démilitarisation de territoires qu’ils contrôlent encore et que les Russes réclament. «Les Ukrainiens n’ont pas fait de deal sur les territoires, n’envisagent pas aujourd’hui de deal sur les territoires, n’envisagent pas de DMZ (zone démilitarisée)», a insisté un conseiller du président français Emmanuel Macron.
Les Européens et Ukrainiens demandent par ailleurs aux Américains de leur apporter des «garanties de sécurité» avant toute négociation territoriale dans l’est de l’Ukraine occupée par les Russes, a déclaré vendredi soir la présidence française. «Les attentes des Européens à l’égard des Américains […] ça peut ressembler à ce qu’on appelle un peu facilement une sorte d’article cinq [ndlr : comme à l’Otan], c’est-à-dire une garantie américaine pour ceux qui participent à la coalition des volontaires», a souligné un conseiller de l’Elysée. «Il faut une pleine visibilité sur les garanties de sécurité que peuvent donner les Européens et les Américains aux Ukrainiens avant tout aménagement sur les questions territoriales contentieuses», ajoute Paris.
Navire turc endommagé en Ukraine : la Turquie appelle à une «suspension» des attaques contre les ports et les infrastructures énergétiques
Le ministère turc des Affaires étrangères a appelé à une «suspension» des attaques contre les ports et les infrastructures énergétiques après qu’un navire de transport turc a été endommagé dans une frappe aérienne russe, sur la mer Noire. «Nous insistons une fois de plus sur l’importance d’un cessez-le-feu immédiat entre la Russie et l’Ukraine et réitérons la nécessité d’un accord visant à prévenir toute escalade en mer Noire, notamment en garantissant la sécurité de la navigation et en suspendant les attaques ciblant les infrastructures énergétiques et portuaires», a déclaré le ministère dans un communiqué.
Un navire de transport turc endommagé dans une frappe russe près du port ukrainien d'Odessa
Un navire de transport turc a été endommagé dans une frappe aérienne russe près de la ville portuaire ukrainienne d’Odessa, sur la mer Noire, a-t-on appris de sources concordantes. «La Russie a lancé une frappe de missile sur des infrastructures portuaires civiles dans la région d’Odessa», a annoncé sur Telegram le vice-premier ministre chargé de la reconstruction, Oleksiy Kuleba, affirmant que ce «ferry» a été endommagé dans le port de la mer Noire, sans faire de victimes. Dans un communiqué, l’armateur turc propriétaire du bateau a expliqué que son navire «qui transporte des camions entièrement chargés de fruits frais, de légumes et de denrées alimentaires sur la route Karasu – Odessa, a été victime d’une attaque aérienne, peu après avoir accosté au port de Chornomorsk», voisin d’Odessa.
L'adhésion de l'Ukraine à l'UE, c'est encore loin d'être fait
Elle est donc bien dans les discussions. Un responsable au fait des pourparlers sur la fin de la guerre entre la Russie et l’Ukraine a dit vendredi à l’AFP qu’une adhésion de l’Ukraine à l’UE était envisagée dès janvier 2027, dans une dernière version du plan des Etats-Unis : «C’est un sujet de négociation et les Américains y sont favorables.» Une information confirmée par le journal britannique Financial Times. Une telle adhésion, en à peine plus d’un an, semble malgré tout peu probable. Les plus optimistes des responsables européens tablaient jusqu’ici sur une adhésion en 2030. «C’est sûr que les Américains vont choisir pour nous, ironise un diplomate européen. C’est n’importe quoi : il faut un appétit pour l’élargissement (du bloc) qui n’est pas là.»
Lancé tambour battant au lendemain de l’invasion russe, le processus d’adhésion de l’Ukraine dans l’Union européenne est depuis plusieurs mois au point mort. Et pour cause : cette procédure longue et complexe exige l’unanimité des 27 Etats membres à chaque nouvelle étape. Or le chef du gouvernement hongrois Viktor Orban a décidé de geler de facto tout le processus d’adhésion en usant de son droit de veto. Le dirigeant conservateur, qui cultive sa proximité avec le président russe Vladimir Poutine, affirme qu’une entrée de l’Ukraine dans l’UE «ruinerait» le bloc. Sans son feu vert, aucun progrès possible.
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L'Allemagne confirme la venue de Volodymyr Zelensky à Berlin lundi
Le président ukrainien ira bien à Berlin en début de semaine prochaine. La chancellerie allemande a confirmé que Volodymyr Zelensky se rendra dans la capitale lundi pour y rencontrer Friedrich Merz et plusieurs dirigeants de l’UE et de l’OTAN. «De nombreux dirigeants européens ainsi que les chefs de l’UE et de l’OTAN se joindront aux discussions», explique l’Allemagne dans un communiqué.
L'Ukraine réclame des garanties de sécurité avant tout accord de paix
Des garanties de sécurité «réelles» pour l’Ukraine sont un «préalable» à tout accord de paix, et devront être souscrites dans un document ayant force légale, assure à l’AFP l’ambassadrice ukrainienne auprès de l’Otan Alyona Getmanchuk. «Si, pour certains de nos partenaires, l’essentiel est de conclure l’accord puis de régler les garanties de sécurité, pour nous, c’est désormais une condition préalable à la conclusion de l’accord», a-t-elle expliqué. Et pour qu’elles soient vraiment efficaces, il faudra qu’elles soient contenues dans un document «juridiquement contraignant», sous forme d’un «traité avec les États-Unis et peut-être avec un certain nombre d’États européens, une coalition de volontaires». Ce texte devra aussi contenir un «langage suffisamment solide, proche» de celui précisé dans l’article 5 du Traité de l’Otan, qui prévoit une assistance mutuelle de chaque allié en cas de conflit.
Les 27 lèvent un obstacle pour utiliser les avoirs russes gelés, la Banque centrale russe saisit la justice
La Banque centrale russe a déclaré ce vendredi saisir la justice à Moscou contre Euroclear, une société belge qui détient l’essentiel des avoirs gelés de la Russie que l’UE veut utiliser pour financer l’aide à l’Ukraine. Jeudi, les 27 pays de l’UE ont levé un obstacle clé à l’utilisation de ces avoirs gelés en pérennisant les sanctions contre Moscou, qui servent de base à leur immobilisation pour financer un prêt de 90 milliards d’euros à Kyiv. Selon le plan de la Commission européenne, l’Ukraine ne devrait rembourser ce prêt que si la Russie lui paie des réparations. Si Moscou refuse, alors les sanctions ayant conduit au gel de ces avoirs resteraient en place, Kyiv n’aurait rien à débourser, et la Russie ne pourrait toujours pas exiger le retour ces avoirs. Reste encore à convaincre la Belgique, qui refuse toujours de donner son accord à ce recours aux avoirs russes, avant le Conseil européen du 18 décembre.
Volodymyr Zelensky s'est rendu à Koupiansk, que les Russes prétendent contrôler.
Le président ukrainien a publié ce vendredi sur Telegram une vidéo enregistrée avec son téléphone portable à Koupiansk, dans la région de Kharkiv, devant la stèle située à l’entrée de la ville. «Aujourd’hui, il est extrêmement important d’obtenir des résultats sur le front afin que l’Ukraine puisse obtenir des résultats en matière de diplomatie. C’est comme ça que cela fonctionne : toutes nos positions fortes à l’intérieur du pays sont des positions fortes dans les discussions sur la fin de la guerre, a déclaré Zelensky, face caméra, en gilet pare-balles et doudoune kaki. Merci à chaque soldat ! Merci à toutes nos forces terrestres — aujourd’hui, c’est votre journée. Merci, les gars.» Le 20 novembre, le chef d’état-major russe Valery Gerasimov avait informé Vladimir Poutine de la prise de contrôle de Koupiansk. Puis le 2 décembre, Gerasimov avait de nouveau assuré que les militaires russes encerclaient un groupe des Forces armées ukrainiennes dans la région de Koupiansk.
L'Allemagne accuse la Russie d'une cyberattaque et d'ingérence électorale
L’Allemagne a attribué ce vendredi au service de renseignement militaire russe GRU une «attaque informatique» visant son système de contrôle du trafic aérien, perpétrée en août 2024, ainsi qu’une «campagne» de déstabilisation durant les dernières législatives allemandes, au mois de février. Le responsable est le «collectif de hackers APT28, également connu sous le nom de Fancy Bear», a déclaré un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères lors d’un point de presse. Pour ce qui est de l’ingérence dans les élections, l’affirmation est «formelle» : «la Russie a tenté, à travers la campagne Storm 1516, d’influencer et de déstabiliser tant la dernière élection au Bundestag (Parlement allemand, en février) que, de façon continue, les affaires intérieures de la République fédérale d’Allemagne». Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, les pays européens accusent la Russie de mener une guerre «hybride» — un mélange de moyens non conventionnels qui peut inclure du sabotage et des campagnes de désinformation. Berlin détient des «preuves absolument solides» de l’implication de Moscou dans ces deux affaires, mais ne les détaillera pas pour protéger le travail de ses services de renseignement.
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Erdogan plaide auprès de Poutine pour un cessez-le-feu sur certaines infrastructures
Lors d’un entretien au Turkménistan avec Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan a plaidé ce vendredi pour un cessez-le-feu dans les ports et les infrastructures énergétiques en Ukraine. Le chef de l’Etat turc, qui entretient des liens étroits avec Kyiv et Moscou, «a suggéré qu’un cessez-le-feu limité, sur les installations énergétiques et des ports, serait bénéfique», ont indiqué ses services dans un communiqué. Erdogan avait déjà jugé fin novembre, lors d’une visioconférence d’une coalition d’une trentaine de pays soutenant Kyiv, qu’un tel cessez-le-feu «pourrait constituer un arrangement susceptible de créer les conditions favorables à la négociation d’un accord de paix global». Il avait déploré quelques jours plus tard une «escalade inquiétante» en mer Noire, après des attaques, revendiquées par l’Ukraine, de pétroliers liés à la Russie au large des côtes turques.
Les Américains seraient «favorables» à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE dès 2027
Une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne dès janvier 2027 est envisagée dans le plan de paix des Etats-Unis pour mettre fin à la guerre entre Kyiv et Moscou, selon un haut responsable au fait du dossier. «C’est stipulé, mais c’est un sujet de négociation, et les Américains y sont favorables», a affirmé ce vendredi ce responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Bras de fer
Volodymyr Zelensky attendu lundi à Berlin
Le président ukrainien est attendu ce lundi à Berlin, sur fond d’un intense ballet diplomatique visant à mettre fin à la guerre entre l’Ukraine et la Russie, a annoncé ce vendredi un haut responsable. «Si la situation sécuritaire le permet, il sera là», a précisé ce responsable s’exprimant sous couvert d’anonymat alors que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont les soutiens européens clé de Kyiv face à Moscou. Trump avait déclaré mercredi que les dirigeants européens voulaient également organiser une réunion sur l’Ukraine ce week-end, mais que la participation américaine n’était pas acquise.



