En résumé :
- Dans la nuit de dimanche à lundi 24 novembre, les Etats-Unis et l’Ukraine ont affirmé à Genève avoir avancé sur une nouvelle version «affinée d’un cadre pour un accord de paix» avec la Russie.
- Ce texte reflète «déjà la plupart des priorités clés» de Kyiv, selon l’Ukraine. Il convient notamment que soit «respectée la souveraineté» ukrainienne.
- La version initiale impliquait que l’Ukraine cède des territoires, accepte de réduire la taille de son armée et renonce à intégrer l’Otan.
- Retrouvez toutes les informations de dimanche sur le plan de paix américain pour l’Ukraine ici.
La Maison Blanche conteste favoriser la Russie dans son plan de paix
La porte-parole de la Maison Blanche a qualifié ce lundi de «complètement fallacieuse» l’idée selon laquelle le président américain Donald Trump et son gouvernement favoriseraient la Russie dans les pourparlers pour mettre fin au conflit en Ukraine. «L’idée selon laquelle les Etats-Unis d’Amérique ne seraient pas engagés à égalité avec les deux belligérants pour mettre fin à la guerre est totalement et complètement fallacieuse», a dit Karoline Leavitt lors d’un échange avec la presse.
«Je discuterai des points sensibles avec le président Trump», affirme Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré e lundi que le projet de plan de paix actuellement en discussion avec les États-Unis et l’Europe intégrait des points «corrects», mais que les questions sensibles devaient être discutées avec le président américain Donald Trump. «Après les discussions à Genève, […] de nombreux éléments pertinents ont été intégrés dans ce cadre», a déclaré le dirigeant ukrainien dans son allocution vidéo nocturne. Avant d’ajouter : «Notre équipe a déjà rendu compte aujourd’hui du nouveau projet de mesures, et c’est vraiment la bonne approche. Je discuterai des questions sensibles, des points les plus délicats, avec le président Trump.»
La Maison Blanche déclare qu'aucune rencontre entre Trump et Zelensky n'est prévue cette semaine
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré ce lundi qu’aucune rencontre n’était prévue cette semaine entre le président américain Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon certaines sources interrogées par Reuters, Zelensky pourrait se rendre aux États-Unis dès cette semaine afin de discuter avec Trump des aspects sensibles du plan visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le délai fixé à jeudi par Donald Trump n’a plus lieu d’être
Les représentants américains dépêchés dimanche à Genève ont «constaté la pleine volonté de coopération de l’Ukraine et qu’il n’est pas nécessaire de lui imposer de délai», a repéré le Monde sur le site d’information RBC-Ukraine, citant une source «bien informée». Donald Trump avait fait pression sur l’Ukraine pour qu’elle accepte son plan de paix d’ici jeudi. Ce délai ne serait désormais plus en vigueur. D’après RBC, la prochaine étape des négociations doit être fixée par la partie américaine et une conversation téléphonique ou une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump pourrait ensuite avoir lieu.
Plan de paix en Ukraine : la triple trahison
Le plan de paix proposé par Donald Trump signe un triple retournement. D’abord vis-à-vis du rôle des Etats-Unis dans le monde. Autrefois gendarme du monde, le gendarme démissionne. Désormais, il s’en fout. Ensuite vis-à-vis du peuple ukrainien, abandonné par les Américains dans le guet-apens du plan de paix fomenté avec la Russie. Enfin, vis-à-vis des Européens, mis au ban des nations au service du nouvel équilibre mondial voulu par Trump, où la planète se partagerait entre les domaines d’influence des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine.
La ville de Pokrovsk vacille sous les assauts russes
Des avancées russes minimes mais continues, au prix d’un bilan humain hallucinant. En une semaine, du lundi 17 au dimanche 23 novembre, les forces de Moscou ont perdu 7 000 hommes, tués ou blessés, selon un décompte de l’analyste Ragnar Gudmundsson, qui compile les données du ministère des Armées ukrainien. Le décompte n’a rien d’exceptionnel, il est même inférieur de 3 % à celui de la semaine précédente. Notre récit
Un changement de plan bien fragile
Le nouveau document issu des négociations de Genève modifie considérablement la version russo-américaine de départ, dans l’intérêt des Ukrainiens. Une évolution saluée prudemment par les Européens, alors qu’il semble peu probable que Moscou l’accepte.
Pression américaine sur l'Ukraine
Les Etats-Unis ont fait pression sur l’Ukraine pour accepter leurs propositions afin de mettre un terme à la guerre avec la Russie, lors des pourparlers à Genève dimanche, a déclaré à l’AFP un haut responsable informé des discussions. Bien que la pression américaine se soit atténuée au cours de la réunion, une «pression globale» demeure, a indiqué lundi ce responsable ayant requis l’anonymat.
Volodymyr Zelensky prêt à recevoir le rapport de sa délégation
«Dans l’heure qui vient, j’attends un rapport détaillé de la délégation ukrainienne», a écrit le président ukrainien sur Telegram. Il dit avoir fait le point avec le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, «sur le déroulement des rencontres d’hier, à Genève, et les résultats obtenus». «Il est important qu’avec nous, d’autres Européens soient également impliqués dans les contacts avec l’équipe américaine. L’avenir de l’Ukraine est dans l’Union européenne et les questions de sécurité commune de nos peuples se décident maintenant», souligne-t-il.
Une centrale thermique russe remise en service après une attaque de drones ukrainiens
Une centrale thermique et électrique située dans la région de Moscou, en Russie, a repris ses activités après avoir été fermée en raison d’un incendie causé par une frappe de drone ukrainien, a déclaré lundi le gouverneur régional Andreï Vorobyov. L’attaque perpétrée dimanche contre cette installation située à Shatura, une ville d’environ 33 000 habitants, a provoqué un incendie majeur et privé les habitants de chauffage alors que les températures nocturnes avoisinaient zéro degré. Il s’agit de l’une des frappes les plus importantes menées à ce jour par Kyiv contre une centrale électrique située en profondeur sur le territoire russe.
Plan de paix en Ukraine : la triple trahison, par Serge July
La proposition américaine visant à solder la guerre entre Moscou et Kyiv illustre la démission des Etats-Unis de son rôle de gendarme du monde. Les petits pays devront désormais se débrouiller seuls. Lire le billet de Serge July.
Emmanuel Macron sur RTL mardi pour parler notamment de l'Ukraine
En marge de son déplacement en Afrique (G20 à Johannesburg ce week-end, puis visite au Gabon et sommet Union-européenne-Union africaine en Angola), Emmanuel Macron prendra la parole mardi. Dans la matinale de RTL, le président de la République devrait en profiter pour faire le point sur les négociations de paix en Ukraine, alors qu’une nouvelle réunion de la «coalition des volontaires» est prévue mardi en visioconférence. Alors qu’il se rendra jeudi à Varces (Isère), sur un site de l’armée de terre, Emmanuel Macron pourrait également évoquer auprès de la radio l’instauration d’un service militaire volontaire.
La nouvelle proposition de paix rejetée par Moscou
Sans surprise, la Russie ne valide pas la contre-proposition qui a émergé ces dernières heures. «À première vue, le plan européen est totalement non constructif et ne nous convient pas», a déclaré à Moscou le conseiller du Kremlin pour la politique étrangère, Iouri Ouchakov, face à des journalistes. Le président Vladimir Poutine avait déclaré vendredi que les propositions américaines pour la paix en Ukraine pourraient servir de base à une résolution du conflit, mais que si Kyiv rejetait le plan, les forces russes poursuivraient leur avancée. Depuis la copie a évolué et est bien moins favorable à la Russie que le plan initial.
Incarcérée en Russie, une chanteuse pacifiste fuit à l'étranger dès sa libération
Une jeune Russe, emprisonnée pour avoir interprété des chansons pacifistes dans les rues de Saint-Pétersbourg, a été remise en liberté et a quitté la Russie. Cette étudiante en musique de 18 ans, connue sous le nom de scène Naoko, avait été arrêtée en octobre et condamnée successivement à trois courtes peines de prison pour avoir interprété avec son groupe les chansons d’artistes considérés comme indésirables par les autorités russes. L’arrestation des membres du groupe a créé une vague de solidarité sur TikTok et chez les musiciens de rue russes, pris eux aussi dans les mailles de la répression. Des milliers de personnes ont été arrêtées dans le cadre de la répression de toute critique envers l’offensive russe en Ukraine, certains écopant de lourdes peines de prison.
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Des «progrès significatifs», selon Keir Starmer
Chacun y va de sa déclaration au lendemain des pourparlers dimanche à Genève entre Américains, Ukrainiens et Européens pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a par exemple salué ce lundi des «progrès significatifs», selon son porte-parole. «Le Premier ministre se félicite évidemment des progrès significatifs réalisés lors des réunions d’hier entre les Etats-Unis et l’Ukraine», a-t-il déclaré, même s’il reste «des problèmes à régler» et que le travail sur le plan de paix américain se poursuivra «dans les jours et semaines à venir».
«Un nouvel élan» qui implique «encore du travail», selon les dirigeants européens
Selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, «il reste encore du travail à faire» dans les négociations de paix sur l’Ukraine, «mais il y a une base solide pour avancer». Le président du Conseil européen, Antonio Costa, met en avant un «nouvel élan» à l’issue de la rencontre de dirigeants européens à Luanda (Angola). «Les questions qui concernent directement l’Union européenne, comme les sanctions, l’élargissement ou les actifs [russes] gelés, réclament l’implication totale et des décisions de l’Union européenne», a-t-il néanmoins souligné.
Pour Friedrich Merz, les chances d'un accord cette semaine sont faibles
Le chancelier allemand a jugé improbable une «percée» cette semaine dans les négociations sur un plan de paix pour l’Ukraine. Friedrich Merz a notamment insisté, en marge du sommet Union européenne-Union africaine à Luanda, en Angola, sur le fait que la Russie devait rejoindre les négociations : «La Russie doit être présente à la table [des négociations]. Si cela se concrétise, chaque effort aura été justifié, et dans le cas contraire, il faudra redoubler d’efforts. C’est un processus laborieux […], je ne m’attends pas à une percée cette semaine», a-t-il déclaré. Le dirigeant allemand a également prévenu : les Européens devront approuver tout aspect impliquant leur sécurité dans un futur accord mettant fin à la guerre en Ukraine.
Un nouvel échange entre l'Ukraine et ses alliés prévu mardi
Les dirigeants des pays membres de la «coalition des volontaires» soutenant l’Ukraine tiendront une réunion en vidéoconférence mardi pour discuter des pourparlers de paix, a déclaré la porte-parole de la Commission européenne. «Il reste beaucoup à faire concernant les propositions de paix pour l’Ukraine», a-t-elle encore déclaré aux journalistes lors du point presse quotidien à Bruxelles.
Jean-Noël Barrot parle de discussions «constructives et utiles»
Sur X, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères s’est montré positif après un échange avec ses homologues européens et ukrainien. «Les discussions à Genève avec les Etats-Unis ont été constructives et utiles, écrit Jean-Noël Barrot. Le travail se poursuit pour créer les conditions d’une paix respectant la souveraineté de l’Ukraine et garantissant les intérêts et la sécurité de l’Europe.»
Je me suis entretenu avec le ministre des Affaires étrangères ukrainien @andrii_sybiha et nos collègues européens. Les discussions à Genève avec les Etats-Unis ont été constructives et utiles. Le travail se poursuit pour créer les conditions d'une paix respectant la souveraineté…
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) November 24, 2025
L'Allemagne salue des «progrès» dans les pourparlers
Le gouvernement allemand a salué lundi «les progrès» réalisés pendant les pourparlers à Genève entre Américains, Ukrainiens et Européens pour mettre fin au conflit avec la Russie. «Nous considérons comme très positif le fait que des progrès aient enfin à nouveau été réalisés et nous nous réjouissons que les choses avancent», a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Hille, lors d’un point presse à Berlin.



