«J’ai été immensément triste en l’apprenant. Et j’ai ressenti un mélange de rage et de désespoir.» C’est ainsi qu’a réagi à chaud Fernando García Salmones, victime d’un prêtre, après l’annonce surprise de l’épiscopat espagnol, rendue officielle ce mardi matin. Après des mois de silence et d’atermoiements, l’Eglise a demandé à un cabinet d’avocat un audit sur les cas de pédocriminalité survenus en son sein au cours de ces dernières décennies. Ce cabinet est chargé d’élaborer un rapport d’ici un an et demi. L’objectif est de lister les plaintes, d’en étudier la véracité et de recommander «les procédures juridiques visant à sanctionner les pratiques délictueuses».
L’initiative est en soi inédite car, jusqu’alors, les autorités ecclésiastiques espagnoles pratiquaient l’évitement ou, au mieux, face aux injonctions du Vatican de «faire toute la lumière» sur ce fléau dans le pays, s’arrangeaient pour minimiser l’ampleur du phénomène. En décembre, les services papaux avaient transmis à l’épiscopat espagnol un dossier de 251 cas nouveaux de pédocriminalité, lui-même élaboré par le quotidien El País, qui depuis




