Une voix enjouée résonne dans la salle du centre de la jeunesse bélarusse. C’est celle de Yulia Boukchtanovitch, qui entame une leçon de langue bélarusse. Attablés devant elle, au milieu de crayons et dessins, il y a Ian, Arseni, Dasha… Des petits Bélarusses, âgés de quatre à dix ans et arrivés en Pologne ces deux dernières années. Sur les murs et fenêtres de cette ancienne succursale de banque varsovienne, convertie en local associatif, s’étale du blanc et du rouge, couleurs devenues l’emblème de l’opposition à Alexandre Loukachenko. Sa réélection frauduleuse, le 9 août 2020, avait fait naître dans la «dernière dictature d’Europe» un soulèvement sans précédent. Une contestation qui a depuis été matée par la torture, les arrestations arbitraires et les procès bidon. Le nombre de prisonniers politiques s’élève à plus de 1 200, selon l’organisation bélarusse des droits de l’homme Viasna, poussant les Bélarusses
Reportage
En exil, la dissidence bélarusse tente sa révolution linguistique
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Longtemps dénigrée par le régime d’Alexandre Loukachenko, la langue bélarusse suscite l’intérêt croissant de l’opposition en exil. Une manière de contrer deux siècles de russification, et de préparer l’après-dictature.
Lors d'une manifestation à Varsovie pour acclamer la militante Svetlana Tikhanovskaia, en exil, depuis les élections du 9 aout 2020. (François Devos/Hans Lucas. AFP)
Par
Patrice Senécal
Publié le 14/08/2022 à 12h47
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