Dans la forêt de Dadiá, dans le nord de la Grèce, Youssouf Kotza, vêtu d’une tenue ignifuge, scrute les crêtes de la basse montagne et les cimes des pins autour de lui. Ce pompier de métier, membre du conseil municipal de Souflí, un des villages aux portes de la forêt, se dit «catastrophé, soulagé et épuisé». Pendant huit jours, ses collègues et lui se sont battus contre les flammes qui ont ravagé un vaste pan des 42 000 hectares d’un des plus importants parcs Natura 2000 du pays. Le feu a pris le 20 juillet dans cet écrin verdoyant à quelques kilomètres du fleuve Evros, qui marque la frontière avec la Turquie.
«Dès que l’incendie s’est déclaré, nous avons ferraillé sans arrêt», soupire l’homme au visage buriné et aux yeux cernés. Pendant neuf jours, ce fut un combat de titans : les flammes qui dévalaient les pentes et se propageaient dans la forêt à la vitesse grand V dépassaient les 20 mètres de haut. Désormais, le feu est maîtrisé, mais Youssouf sait «d’expérience qu’il faut surveiller pendant au moins dix jours après l’extinction du dernier brasier. Entre la sécheresse et les vents forts, il y a un risque qu’il reprenne».




