















Dans l'œil de LibéCe samedi 14 décembre, une figure de l’extrême droite prorusse devrait accéder au pouvoir en Géorgie, suscitant la fureur des partisans de l’Union européenne. Retour sur plusieurs semaines de manifestations violemment réprimées.
EN IMAGES - Tbilissi debout contre les influences russes
publié le 14 décembre 2024 à 8h22
Le 28 octobre, la présidente Salomé Zourabichvili dénonce une «falsification totale» des élections législatives géorgiennes de 2024 et appelle à manifester le lendemain, devant le Parlement. Ici, le 29 novembre à Tbilissi.
Dina Oganova
Les manifestations s'intensifient à partir du 29 novembre, après l'annonce du gouvernement de suspendre jusqu'en 2028 les négociations sur l'entrée de la Géorgie dans l'Union européenne.
Dina Oganova
Brandissant des drapeaux de l'Union européenne et de la Géorgie, plusieurs milliers de personnes se rassemblent régulièrement devant le Parlement à Tbilissi.
Dina Oganova
Depuis la guerre russo-géorgienne en 2008, environ 18 % du territoire (l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie) échappe à l'administration géorgienne et est sous contrôle russe.
Dina Oganova
A la suite de l'invasion russe de l'Ukraine, le 24 février 2022, la Géorgie dépose officiellement sa candidature à l'Union européenne le 3 mars de la même année.
Dina Oganova
La police anti-émeute disperse les manifestations à l'aide de canons à eau et de gaz lacrymogène.
Dina Oganova
Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 400 manifestants ont été interpellés depuis le 28 novembre, la plupart pour "désobéissance" ou "vandalisme".
Dina Oganova
L'Union européenne envisage des "mesures" contre la Géorgie en raison de la répression "brutale" des manifestations pro-UE, a annoncé une porte-parole de la diplomatie européenne ce mardi 10 décembre.
Dina Oganova
Un nouveau pic de tensions est attendu ce samedi 14 décembre, lorsque le parti du Rêve géorgien placera à la présidence l'ex-footballeur d'extrême droite Mikheil Kavelachvili, une figure loyale au gouvernement prorusse.
Dina Oganova
Les opinions politiques de Mikheil Kavelachvili s'alignent sur celles de l'extrême droite, notamment en ce qui concerne l'identité nationale, l'opposition à la reconnaissance des droits des minorités sexuelles et la promotion de la "pureté des valeurs traditionnelles des Géorgiens" contre ce qu'il décrit comme un "fascisme libéral putride" imposé par l'Occident.
Dina Oganova
En rupture avec le gouvernement, la présidente, Salomé Zourabichvili, qui ne dispose que de pouvoirs limités, soutient les manifestants. Elle a annoncé qu'elle refuserait de rendre son mandat jusqu'à ce que de nouvelles élections législatives soient organisées.
Dina Oganova
Un appel à manifester a été lancé pour la journée de samedi 14 décembre.
Dina OganovaDina Oganova, la photographe géorgienne qui signe ces photos, explique en quoi cette colère est nécessaire : «Pour la Géorgie, il est très important de faire partie de l'UE, tout d'abord pour se sentir en sécurité.»
Dina Oganova
«Nous sommes un très petit pays et nous avons le plus monstrueux voisin, la Russie, qui toute notre vie a essayé de nous manger et de prendre nos territoires.»
Dina Oganova
«Nous n'avons que deux possibilités : rejoindre l'UE ou retourner en Union soviétique, et nous ne voulons pas de cette dernière solution, surtout la nouvelle génération qui n'a aucune nostalgie pour le passé, qui ne parle pas la langue russe, qui ne veut pas vivre sous la dictature, qui est la génération de la liberté et qui choisit l'avenir européen.»
Dina Oganova
«C'est pourquoi nous, les Géorgiens, sommes dans les rues, en ce moment même, parce que c'est notre dernière chance de changer notre gouvernement prorusse et de retourner dans la famille européenne.»
Dina Oganova