Le pays doit-il héberger plus ou moins de 10 millions de personnes en 2050 ? C’est la question à laquelle les Suisses sont invités à répondre lors d’un référendum le 14 juin prochain. La date a été annoncée cette semaine par le gouvernement. L’initiative, elle, a été lancée par l’Union démocratique du centre (UDC), formation d’extrême droite qui est également la plus représentée au Conseil national, équivalent helvète de l’Assemblée nationale. En cas de succès, cette limite serait inscrite dans la Constitution. Elle serait La limite serait ensuite ajustée chaque année pour tenir compte de l’évolution du solde naturel de la population.
A lire aussi
Sous le slogan «Préservons ce que nous aimons», ses partisans souhaitent limiter les possibilités pour les demandeurs d’asile et leurs familles de résider de manière permanente en Suisse si la population devait dépasser 9,5 millions d’habitants avant 2050. Dans ce cas, le gouvernement «cherchera également à renégocier les accords internationaux qui favorisent la croissance démographique», selon la proposition.
Si le seuil des 10 millions est dépassé de manière permanente, les autorités seraient tenues de prendre toutes les mesures disponibles pour respecter cette limite. Cela inclut explicitement la résiliation d’un accord clé avec l’UE sur la libre circulation des personnes.
Un parti oublié
Bien qu’actuellement présidé par l’UDC Guy Parmelin, le Conseil fédéral, qui détient le pouvoir exécutif du pays, s’y oppose, tout comme la plupart des partis politiques et des associations professionnelles. Deux sondages publiés en 2025 ont en revanche anticipé marqué un léger penchant de la population en sa faveur. En novembre, 48 % des électeurs interrogés se sont déclarés favorables ou plutôt favorables au projet de l’UDC, qui s’était fait remarquer en 2009 en faisant campagne avec succès pour l’interdiction des minarets. Selon la même enquête, réalisée par l’institut de recherche LeeWas pour le compte de deux journaux, 41 % des personnes interrogées s’opposaient à cette limite, quand 11 % restaient indécises.
La population suisse a connu une croissance rapide. Au milieu des années 1990, la population ne dépassait pas les 7 millions d’habitants. Elle est aujourd’hui supérieure à 9 millions, avec une croissance plus rapide que dans la plupart des pays voisins – en bonne voie pour atteindre le seuil fixé par l’UDC avant le milieu du siècle. Cette croissance suscite notamment des inquiétudes quant à la saturation des infrastructures, au niveau trop élevé des loyers et à la pression sur les salaires. Selon des chiffres officiels cités par le Guardian, «environ 27 % des résidents suisses ne sont pas citoyens».




