Menu
Libération
Liberté de la presse

En Turquie, journalistes locaux et internationaux étouffent sous le même bâillon

Réservé aux abonnés

Les conditions de travail des reporters deviennent de plus en plus difficiles sous la pression accrue du pouvoir qui n’hésite plus à museler les moindres critiques, y compris des correspondants étrangers.

Depuis le mouvement protestataire de Gezi, en 2013, les conditions de travail des journalistes en Turquie se sont durcies. (Yasin Akgul /AFP)
ParAnne-Sophie Faivre Le Cadre
correspondante à Istanbul
Publié le 05/12/2022 à 9h33

Evangelos Areteos a été banni. Après vingt-trois ans à sillonner le pays où sont nés ses deux enfants, le journaliste grec a été arrêté à l’aéroport d’Istanbul le 26 août, interrogé par la police sept heures durant et notifié de son interdiction de revenir dans le pays où il a construit toute sa vie professionnelle. «Je n’ai pas compris, je n’ai rien fait ou écrit de différent par rapport à d’habitude. Il n’y a eu aucun signe avant-coureur. Que s’est-il passé ?» s’interroge le journaliste.

«Arrestations sous des prétextes fallacieux»

Le bannissement du journaliste grec est l’un des derniers exemples du durcissement des conditions d’exercice des journalistes turcs et internationaux, latent depuis le mouvement protestataire de Gezi, en 2013. «De manière générale, on peut dire que la Turquie va vers une consolidation politique et idéologique, et le pouvoir met tous les moyens pour mener ce processus qui impose à toute la société, à l’opinion publique, aux médias et à la société civile une idéologie islamo-nationaliste», expose Erol Onderoglu, journaliste franco-turc et représentant en Turquie de Reporters sans frontières, ay

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique