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Royaume-Uni

Eprouvé par le battage médiatique autour de l’affaire, le père de «Maddie» McCann réclame des «normes plus strictes» pour la presse

Gerry McCann a appelé à une régulation plus stricte de la presse au Royaume-Uni, soulignant dans une rare interview à la BBC parue mercredi 11 décembre, combien sa famille avait souffert de l’attention médiatique autour de la disparition de sa fille en 2007.

Kate et Gerry McCann, en 2017. (Joe Giddens/AFP)
Publié le 11/12/2025 à 9h02

L’affaire jamais élucidée de la disparition de «Maddie» à l’âge de trois ans a connu de nombreux rebondissements et suscité un énorme intérêt médiatique. Dans une interview à la BBC diffusée mercredi, Gerry McCann confie que lui et sa femme Kate se sentaient «chanceux d’avoir survécu» à l’intrusion de la presse dans leur vie privée.

«Des journalistes venaient chez nous, des photographes allant jusqu’à coller leurs appareils contre la vitre de notre voiture alors que nous avions des jumeaux de deux ans à l’arrière, terrifiés», raconte le père de la fillette disparue au Portugal en 2007, soulignant «à quel point c’est éprouvant en tant que parent». «Il y a des moments où j’avais l’impression de me noyer», ajoute-t-il.

Il dénonce «les histoires inventées», les «mensonges, les déformations», et affirme que «les médias avaient interféré de façon répétée dans l’enquête». Certains ont publié des informations «qui auraient dû rester confidentielles, qui auraient dû être transmises à la police, des déclarations de témoins, et bien d’autres choses encore», déplore Gerry McCann.

Les pratiques des médias

Gerry et Kate McCann figurent parmi une trentaine de signataires d’une lettre adressée au Premier ministre Keir Starmer, lui demandant de poursuivre une enquête publique sur les pratiques des médias, dont la première phase s’était conclue en 2012. Cette enquête, la «Leveson Inquiry», avait été lancée après un scandale dans lequel des journalistes de l’ex-tabloïd News of the World avaient piraté les téléphones de personnalités britanniques, dont celui d’une écolière assassinée.

L’enquête a conduit à la création d’un nouvel organe de régulation de la presse, mais une deuxième phase, qui devait porter sur les relations entre les journalistes, les hommes politiques et la police, a été annulée par le précédent gouvernement conservateur. Les travaillistes désormais au pouvoir ne l’ont pas relancée, même s’ils l’avaient promis, selon Gerry McCann, qui voudrait des «normes plus strictes» pour la presse.

Il a aussi accusé certains organes de presse d’avoir encouragé les agissements d’une jeune femme, Julia Wandelt, qui prétendait à tort être Madeleine McCann et a été condamnée en novembre pour avoir harcelé sa famille.

Le principal suspect dans la disparition de Madeleine, Christian Brueckner, n’a jamais été inculpé dans cette affaire. Il a été libéré de prison en Allemagne en septembre après avoir purgé une peine pour crimes sexuels.

Au cours de l’entretien, Gerry McCann reconnaît également qu’après 18 ans, «l’espoir est mince» de retrouver Madeleine, même s’il «n’est pas éteint. Mais nous devons savoir ce qui lui est arrivé.»

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