«A moi seul, je peux tenir tête à l’Etat.» C’est une des phrases que les enquêteurs ont souvent entendues dans la bouche de l’ancien commissaire de police José Manuel Villarejo, tant ce personnage sulfureux estimait bénéficier d’une totale impunité. Pas de chance : un maxi-procès s’ouvre mercredi. Aux côtés de 26 autres accusés, des complices présumés, le plus corrompu de tous les policiers espagnols est accusé d’«extorsion de fonds», «corruption», «falsification de documents officiels» et «appartenance à organisation criminelle». Rien que ça. Mais ce n’est pas étonnant pour ce mystérieux personnage de 70 ans, aussi massif que rondelet, toujours coiffé d’un béret, dont le nom apparaît dans presque toutes les affaires d’espionnage politique et policier des trois dernières décennies en Espagne.
L’aplomb de José Manuel Villarejo a été sans limites : au fil du temps, le Cordouan a été impliqué dans de sombres affaires avec le roi émérite Juan Carlos, de hauts responsables politiques, des patrons des principaux groupes espagnols (l’électricien Iberdrola, la banque BBVA, le pétrolier Repsol…) ou encore de hauts magistrats. Se pencher sur son cas donne le tournis tant toutes les hautes sphères semb




