Un inextricable verrou institutionnel paralyse le fonctionnement de quatre organes constitutionnels espagnols, pourtant essentiels à l’exercice de la démocratie : le Tribunal constitutionnel, dont un tiers des membres n’est plus renouvelé depuis 2019 ; le Défenseur des droits (nommé «Défenseur du peuple» en Espagne), bloqué depuis 2017 ; le Tribunal des comptes, sans activité depuis juillet ; et le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ, l’équivalent du Conseil de la magistrature en France). La raison réside dans le refus du Partido Popular (PP, Parti populaire), le principal parti de l’opposition de droite, de voter de nouvelles nominations. Celles-ci ne peuvent être validées que par un vote des trois cinquième du Parlement, ce qui revient à supposer un consensus entre socialistes et populares. «Le Parti populaire est responsable d’un blocage inadmissible», s’est récemment fâché le chef du gouvernement socialiste, Pedro Sánchez. Magistrat à la Cour d’appel de Madrid et ancien porte-parole de l’association progressiste Juges pour la Démocratie, Ignacio González Vega décrypte ce blocage, qu’il déplore.
Peut-on parler d’une situation singulière ?
Oui, singulière et préoccupante. Ces trente dernières années, le Parti socialiste et le Parti populaire se sont mis d’accord sur le renouvellement de ces organismes. Aujourd’hui, nous assistons à un blocage inouï, qui porte préjudice au prestige de nos institutions et rend les citoyens perplexes. Pour le PP, re




