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Espagne : un ex-ministre de Pedro Sánchez placé en détention provisoire dans une affaire de corruption

José Luis Ábalos, ancien ministre des Transports du gouvernement socialiste, est soupçonné d’être au cœur d’une énorme escroquerie.

José Luis Ábalos, ancien ministre des Transports, le 15 octobre 2025 à Madrid. (Javier Soriano/AFP)
Publié le 27/11/2025 à 16h32

L’ex-ministre des Transports, José Luis Ábalos, ancien bras droit du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez et aujourd’hui député, a été placé en détention provisoire ce jeudi 27 novembre, notamment pour des soupçons de corruption, a annoncé le juge chargé de l’enquête. Il est devenu le premier député espagnol en exercice à être placé en détention.

Un «pacte criminel»

Son ancien assistant, Koldo García, qui a donné son nom à cette affaire tentaculaire surnommée «l’affaire Koldo» et portant sur des ventes irrégulières de masques à des administrations pendant la pandémie de Covid-19, a lui aussi été placé en détention provisoire, pour écarter tout risque de fuite, a précisé le magistrat dans un communiqué.

Le juge a également le renvoi en procès des deux hommes, tout comme de l’entrepreneur Victor de Aldama, pour corruption, trafic d’influence, appartenance à une organisation criminelle, et détournement de fonds publics. Récemment, le parquet a requis dans des conclusions provisoires 24 ans de prison à l’encontre de José Luis Ábalos, 19 ans et demi pour son assistant Koldo Garcia, et sept ans contre Victor de Aldama, considérant que le trio avait conclu un «pacte criminel» dirigé par une «volonté d’enrichissement».

Selon le ministère public, les trois hommes auraient souhaité à l’époque profiter de la position de ministre de José Luis Ábalos pour «favoriser […] l’attribution de marchés publics» à des entreprises liées à Victor de Aldama. Des pots-de-vin qui ont aussi éclaboussé le successeur de José Luis Ábalos au poste de ministre, Santos Cerdán. Ce dernier, également soupçonné de corruption dans une autre affaire d’attribution de marchés publics avec José Luis Ábalos et Koldo Garcia, a été libéré la semaine dernière et placé sous contrôle judiciaire. Il a passé cinq mois en détention provisoire.

Pedro Sánchez éclaboussé

Cette affaire empoisonne depuis des mois la vie de Pedro Sánchez, chef de file du gouvernement socialiste espagnol, qui a affirmé à plusieurs reprises tout ignorer de ce dossier. Entendu début novembre par une commission parlementaire organisée par le parti d’opposition de droite (PP), il avait dénoncé une «instrumentalisation grossière» et avait démenti toutes les allégations de «corruption systémique» au sein du parti socialiste.

Le chef du gouvernement est par ailleurs éclaboussé par différentes autres affaires judiciaires. Il y a une semaine à peine, le procureur général de l’Etat qu’il avait nommé en 2022 a été condamné pour violation du secret judiciaire, alors qu’il était accusé d’avoir diffusé des informations confidentielles sur le conjoint d’une figure de l’opposition de droite. Enfin, son épouse, Begoña Gómez, devrait être jugée pour une affaire de corruption et trafic d’influence.

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