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Interview

Evacuation de l’usine Azovstal à Marioupol: «Il est certain qu’il reste des gens et qu’il est très difficile de s’en extirper»

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Mardi, un premier convoi de survivants de l’usine Azovstal de Marioupol a pu arriver à Zaporijia. Un processus périlleux et difficile, qui doit être répété, espère une responsable de l’opération pour le compte de l’ONU.

Arrivée à Zaporijia du convoi de rescapés de l'usine Azovstal de Marioupol, mardi. (Dimitar Dilkoff/AFP)
Publié le 04/05/2022 à 15h15

Coordinatrice humanitaire des Nations unies en Ukraine, Osnat Lubrani était dans le premier convoi d’évacuation des civils réfugiés sous le complexe industriel d’Azovstal, arrivé mardi à Zaporijia. Elle raconte à Libération comment cette opération inédite s’est déroulée et l’état dans lequel elle a trouvé Marioupol.

Qu’avez-vous vu à Marioupol ?

Je connaissais la ville. Ce que nous avons vu était choquant, avec des tombes sporadiques dans les rues. C’était un jour de marché, la ville n’est pas morte à 100 %, des gens étaient dehors. C’était surréaliste, au milieu de toutes ces destructions, de voir quelqu’un se promener à vélo, un autre avec des enfants. La seule comparaison historique qui m’est venue est Dresde. Mais, même dans les immeubles bombardés, des gens étaient à leurs balcons. Je ne sais pas comment ils vivent, comment ils ont survécu.

Pourquoi l’opération a-t-elle été si longue ?

Nous sommes partis de Marioupol et avons pris la direction du village de Bezemen, en vertu de l’accord entre toutes les parties. La première fois, nous n’avons pu emmener que 20 personnes. Beaucoup avaient peur, ils préféraient attendre que les autres soient bien arrivés. Plus sont venus ensuite. Nous avons fait le trajet plusieurs fois entre Bezemen et Azovstal.

Que se passait-il à Bezemen ?

Nous avions été p

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