Pas question de laisser le Groenland et le Danemark seuls face à l’appétit de Trump. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a annoncé ce dimanche 11 janvier au soir l’ouverture imminente d’un consulat français à Nuuk, capitale du Groenland, dans un contexte de tensions ravivées autour de ce territoire autonome danois. «A la demande du Président de la République, la France va ouvrir un consulat à Nuuk dans les jours qui viennent», a-t-elle déclaré au micro de LCI. Cela, afin de «montrer le respect de l’autonomie» groenlandaise, a-t-elle souligné.
«Escalade gravissime»
Interrogée par Darius Rochebin sur l’hypothèse d’une action militaire américaine, Catherine Vautrin a replacé le débat dans le cadre des liens de défense et des équilibres institutionnels entre le Groenland, le Danemark et leurs alliés. Elle affirme : «Il y a, depuis 1951, un accord de défense entre les Etats-Unis et le Groenland». Elle poursuit : «D’autre part, il y a ce statut particulier du Groenland avec le Danemark. Les 56 000 habitants ont une nationalité danoise. Cela veut dire que si demain des troupes américaines attaquaient le Groenland, nous aurions un pays de l’Otan qui irait attaquer un pays membre.» Une situation qui constituerait, selon elle, «une escalade extrêmement préoccupante, […] gravissime».
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À la question «est-ce que des Français seraient prêts à se battre à ce moment-là ?», la ministre répond : «Nous n’en sommes pas là. Ne soyons pas nous-mêmes escalatoires».
Lors de sa visite à Nuuk, le 15 juin 2025, en amont du G7 au Canada, Emmanuel Macron avait évoqué l’ouverture prochaine d’un consulat général à Nuuk. Le président de la République avait affirmé qu’il souhaitait «être plus proche [des Groenlandais] et à [leurs] côtés».
«Il revient au Danemark et au Groenland de décider»
Depuis, le dossier a repris de l’ampleur au début du mois. Le 6 janvier, Emmanuel Macron a cosigné avec plusieurs dirigeants européens une déclaration conjointe réaffirmant que la sécurité arctique doit être traitée «collectivement» entre alliés de l’Otan (États-Unis inclus) tout en rappelant explicitement les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale. «Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland», avaient-ils déclaré.
Dans la foulée de l’opération américaine au Venezuela, Donald Trump a martelé que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle de ce territoire autonome danois - riche en ressources minières inexploitées - pour des raisons de sécurité nationale. Et ce, par «la manière douce» ou «la manière forte», a menacé le président américain, après que Copenhague a répété que l’île n’était pas à vendre.




