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Arraisonnement

Flotte fantôme russe : le capitaine indien du pétrolier «Grinch» placé en garde à vue

Le parquet de Marseille a indiqué ce dimanche 25 janvier avoir arrêté pour «défaut de pavillon» le capitaine du bateau arraisonné jeudi dans les eaux internationales et immobilisé depuis dans le golfe de Fos.

Le «Grinch», immobilisé au large de Martigues, ce dimanche 25 janvier. (Manon Cruz/Reuters)
Publié le 25/01/2026 à 15h19

Après l’arraisonnement, l’arrestation. Le capitaine du pétrolier Grinch, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, a été placé samedi 24 janvier au soir en garde à vue pour «défaut de pavillon», a indiqué dimanche le parquet de Marseille. Il est «âgé de 58 ans» et «de nationalité indienne».

Le Grinch, un pétrolier de 249 mètres de long, a été arraisonné jeudi matin dans les eaux internationales entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, puis escorté jusqu’au golfe de Fos, où il est arrivé samedi en fin d’après-midi. Soupçonné d’appartenir à la flotte de navires fantômes qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales, il figure sous ce nom sur une liste établie par le Royaume-Uni, et sous le nom de Carl sur une autre liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.

Vérifications sur le navire

Le parquet de Marseille, qui avait ouvert le 22 janvier une enquête préliminaire du chef de défaut de pavillon, doit procéder avec les services en charge de l’enquête, la section de recherches de la gendarmerie maritime de Toulon et le centre de sécurité des navires de Marseille, à un certain nombre de vérifications sur le navire.

Le pétrolier est au mouillage dans le golfe de Fos, à quelque 500 m du rivage de la ville de Martigues, a constaté dimanche matin un photographe de l’AFP. Il est entouré d’un navire de la Marine nationale, également au mouillage à proximité, ainsi que de deux vedettes de la gendarmerie, dont l’une tourne autour du Grinch. Pour garantir «la sûreté et la sécurité» de l’enquête en cours, les autorités maritimes ont défini «des zones d’exclusion nautique et aérienne».

L’équipage, «également de nationalité indienne» est «maintenu à bord», a encore indiqué le parquet de Marseille, précisant que «les investigations ont pour objet de vérifier la validité du pavillon» et «des documents requis pour sa navigation».

«Accroître la pression»

Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay fin septembre. Ce dernier, qui figurait lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.

Dans le cadre de cette première enquête, le commandant du Boracay et son second avaient été placés en garde à vue. A l’issue, le parquet de Brest a décidé d’engager des poursuites à l’encontre du seul commandant chinois, qui est convoqué devant le tribunal de Brest le 23 février pour «refus d’obtempérer».

Emmanuel Macron avait alors indiqué vouloir «accroître la pression sur la flotte fantôme parce que ça réduit clairement la capacité de la Russie à financer son effort de guerre» en Ukraine. Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la «flotte fantôme» font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

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