L’alerte avait été donnée par les autorités : l’Ukraine était menacée par des missiles russes dans la nuit de vendredi à samedi, notamment la capitale. Les attaques sur Kyiv ont finalement provoqué un incendie dans un immeuble résidentiel et fait un mort et dox-neuf blessés dont onze ont été hospitalisés, selon le maire Vitali Klitschko. L’attaque a également coûté la vie à une femme de 47 ans dans la région de Kyiv, a indiqué le gouverneur de la région, Mykola Kalashnyk.
Selon le président ukrainien, la Russie a attaqué l’Ukraine avec près de 500 drones et 40 missiles au cours de la nuit, ciblant les infrastructures énergétiques et civiles. Selon l’agence Reuters qui relaie les informations de la capitale ukrainienne, plus de 2 600 bâtiments résidentiels, 187 crèches et 138 écoles à Kyiv ont été privés de chauffage après l’attaque de la nuit alors que la température dans la capitale oscille autour de 0°C samedi matin. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a déclaré qu’un tiers de Kyiv était sans chauffage. Les autorités de la région de Kyiv, qui entoure la capitale mais ne l’inclut pas, ont déclaré que 320 000 foyers étaient privés d’électricité.
Alors que le président ukrainien doit se rendre en Floride pour rencontrer Donald Trump dimanche, ces alertes aériennes ont touché l’ensemble du territoire ukrainien à certains moments de la nuit.
Une journaliste de l’AFP à Kyiv a entendu de fortes explosions vers 1 h 30 (00 h 30 en France) puis une nouvelle fois une demi-heure plus tard. Des images de l’AFP montrent des flashes orangés, visiblement provoqués par des explosions, illuminer le ciel au-dessus de la capitale.
«Des explosions dans la capitale. La défense anti-aérienne est en action. Restez dans les abris !» a écrit Vitali Klitschko sur Telegram. «L’ennemi attaque la capitale», a déclaré de son côté le chef de l’administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko. Près de trois heures plus tard, l’administration militaire de la région de la capitale a encore indiqué que la défense anti-aérienne avait été activée en raison de l’approche d’un drone.
Au moment de monter dans son avion ce samedi matin vers les Etats-Unis, Volodymyr Zelensky a déclaré que les Russes «ne veulent pas mettre fin à la guerre et cherchent à saisir toutes les occasions d’infliger à l’Ukraine des souffrances encore plus grandes et accroître leur pression sur d’autres à travers le monde».
Accélération des pourparlers
Près de quatre ans après le lancement de l’offensive à grande échelle de la Russie, les pourparlers en vue d’un règlement du conflit se sont accélérés ces dernières semaines, à la suite de la présentation d’un plan dévoilé par Donald Trump.
Alors que ce document était considéré initialement par les Ukrainiens et les Européens comme trop favorable à Moscou, Volodymyr Zelensky a présenté cette semaine une nouvelle mouture. Cette dernière prévoit un gel de l’actuelle ligne de front sans offrir de solution immédiate concernant les revendications territoriales de la Russie, qui occupe plus de 19% de l’Ukraine.
Vendredi, Donald Trump a averti vendredi son homologue ukrainien que rien n’était acquis avant qu’il ne donne son «accord». Le chef d’Etat ukrainien «n’a rien tant que je ne donne pas mon accord», a déclaré le président américain au site internet Politico. «Donc nous verrons bien ce qu’il a», a-t-il ajouté, tout en estimant : «Je pense que ça se passera bien avec lui. Je pense que ça se passera bien avec Poutine», avec lequel il prévoit de s’entretenir «bientôt».
Volodymyr Zelensky fera dimanche le déplacement jusqu’en Floride, où le président américain passe les fêtes de fin d’année dans sa résidence Mar-a-Lago.




