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Conclave

«Conseil de la paix» de Trump : la France «n’entend pas donner» de «suite favorable», selon l’entourage présidentiel

Moscou avait affirmé plus tôt ce lundi 19 janvier que le président russe «étudiait la proposition» pour rejoindre l’entité créée par son homologue américain pour la fin de la guerre dans l’enclave palestinienne. La Russie dit «étudier la proposition».

Emmanuel Macron prononce son discours du Nouvel An devant les forces armées à la base aérienne militaire d'Istres, dans le sud de la France, le 15 janvier 2026. (Philippe Magoni/AFP)
Publié le 19/01/2026 à 11h17, mis à jour le 19/01/2026 à 17h03

On savait déjà que le Conseil de la paix lancé il y a quelques jours par Donald Trump, initialement dans le but de mettre fin à la guerre à Gaza, allait accueillir des Etats membres qui devraient dans un second temps allonger un milliard de dollars pour obtenir un siège permanent. Parmi eux : le président argentin ultraconservateur, Javier Milei, le Premier ministre canadien, Mark Carney, l’ex-Premier ministre britannique, Tony Blair, ou encore le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Une source gouvernementale canadienne a par ailleurs annoncé ce lundi 19 janvier que le pays «ne paiera pas pour un siège» au «Conseil de paix», en réaffirmant toutefois l’«intention» du Premier ministre canadien, Mark Carney, «d’accepter l’invitation».

Le Kremlin a affirmé ce même jour qu’un nouveau nom figurait sur la liste : celui du président russe, Vladimir Poutine, qui pourrait donc rejoindre, sur invitation trumpienne, le «plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé» – dixit son créateur.

«Le président Poutine a reçu une invitation à se joindre à la composition du Conseil de paix par des voies diplomatiques», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’un briefing quotidien auquel participait l’AFP. Moscou serait en train «d’étudier la proposition» et espère rester en contact avec Washington pour en «clarifier les détails». La proposition intervient dans un contexte de relations compliquées entre le président américain et son homologue russe, bien que Trump ait rétabli le contact avec Moscou depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, avec l’intention de trouver une issue au conflit en Ukraine.

Un énième pays a été ajouté à cette liste : la France. Mais l’entourage d’Emmanuel Macron a fait savoir ce lundi qu’il n’entendait pas «donner [de] suite favorable» à cette invitation qui «soulève des questions majeures quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause». La «charte» de cette initiative «dépasse le seul cadre de Gaza», contrairement aux attentes initiales, a-t-on relevé dans l’entourage du président français.

Avant cela, le ministère des Affaires étrangères français avait rappelé son «attachement à la Charte des Nations unies». «Celle-ci demeure la clé de voûte d’un multilatéralisme efficace, où le droit international, l’égalité souveraine des Etats et le règlement pacifique des différends priment sur l’arbitraire, les rapports de force et la guerre», avait ajouté le Quai d’Orsay. «En lien avec nos proches partenaires, nous examinons actuellement les dispositions du texte proposé comme fondement de cette nouvelle instance, dont le projet dépasse la seule situation à Gaza», soulignait le ministère.

Un milliard en espèces

L’instance avait été à l’origine conçue pour superviser la reconstruction de Gaza mais son projet de charte ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et lui assigne un objectif plus large, celui de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde. «Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits», indique le texte intégral publié par le Times of Israel.

Le texte de huit pages critique d’emblée les «approches et institutions qui ont trop souvent échoué», dans une allusion claire aux Nations unies, et appelle à avoir «le courage» de s’en «écarter». Il souligne d’ailleurs «la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace». Donald Trump sera le «premier président du Conseil de paix», dont les pouvoirs prévus sont très vastes : il est seul habilité à «inviter» d’autres chefs d’Etat et de gouvernement à l’intégrer, il peut révoquer leur participation sauf en cas de «véto par une majorité des deux tiers des Etats membres», et a un droit de regard sur tous les votes.

«Chaque Etat membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux Etats membres qui versent plus d’un milliard de dollars en espèces au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte», ajoute le projet, sans plus de précisions.

Mise à jour à 17 h 07 avec les informations données par le Canada.

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