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Groenland : face à Trump, l’Union européenne est un tigre de papier

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L’Europe est-elle capable de résister à la volonté des Etats-Unis de faire main basse sur une partie son territoire ? La réponse négative s’impose, l’UE n’étant pas un Etat capable de faire la guerre, mais une confédération sans leadership.

A Nuuk, la capitale du Groenland, le 15 janvier. (Juliette Pavy)
ParJean Quatremer
Correspondant européen
Publié le 08/01/2026 à 20h25

Que fera l’Union européenne si les Etats-Unis annexent demain le Groenland ? La réponse est simple : «Bien entendu, nous ne ferons rien.» Une formule que l’on doit à Claude Cheysson, le ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, réagissant au coup d’Etat du général Jaruzelski voulu par l’URSS, qui souhaitait casser le mouvement démocratique. Mais, à l’époque, cet aveu d’impuissance, certes brutal, pouvait se comprendre : la république populaire polonaise était de l’autre côté du rideau de fer et intervenir, c’était entrer en guerre contre l’Union soviétique, ce que personne ne souhaitait.

Cette fois, la situation est a priori différente puisque c’est un territoire appartenant à un Etat membre de l’Union, le Danemark, qui est menacé. Le fait que ce soit par son plus vieil allié, les Etats-Unis, ne change rien : les pays européens, comme l’article 42 (7) du traité sur l’UE leur en fait l’obligation (si un Etat membre fait «l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres Etats membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir»

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