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«Nightwatch»

Groenland : face à la menace Trump, des surveillances à la «Game of Thrones» menées par le Danemark

Les services de renseignement danois ont mis en place des dispositifs de surveillance nocturnes au Groenland convoité par Trump, qui rappellent ceux menés par les soldats de Westeros dans la série à succès.

Les autorités danoises surveillent les éventuels mouvements américains au Groenland chaque nuit. (Pierre Vernay/Biosphoto. AFP)
Publié le 27/11/2025 à 20h55

Une «ronde de nuit», qui n’est pas sans rappeler les tours de garde des soldats de la Garde de nuit en haut du Mur, dans Game of Thrones, afin de prévenir de la moindre tentative d’incursion des Marcheurs Blancs. Il y a un peu de cela dans l’initiative mise en place par les autorités danoises ces derniers mois à la suite du différend diplomatique entre Copenhague et Washington au sujet du Groenland, lorsque le président américain avait menacé de prendre le contrôle de l’île arctique au printemps dernier.

De quoi contraindre le Danemark à mettre en place ces surveillances, qui commencent chaque jour à 17 heures, heure locale, et se terminent à 7 heures aux aurores, selon le journal danois Politiken.

«Il est juste de dire que la situation au Groenland et le décalage horaire entre le Danemark et les Etats-Unis ont été des facteurs importants dans la mise en place de cet arrangement au printemps», a déclaré une source proche du ministère des Affaires étrangères au Guardian.

Ancien analyste en chef de l’agence danoise de renseignement de défense, Jacob Kaarsbo a en outre ajouté que cette évolution montrait que l’idée selon laquelle les Etats-Unis étaient le plus important allié du Danemark était désormais caduque. «Les alliances reposent sur des valeurs communes et une perception commune des menaces. Trump ne partage aucune de ces valeurs avec nous, et je dirais même qu’il ne les partage pas avec la plupart des Européens», a asséné Jacob Kaarsbo auprès de Politiken.

«Besoin»

Après son élection, le président américain avait expliqué avoir «besoin» du Groenland, notamment pour la sécurité des Etats-Unis, répétant à plusieurs reprises son souhait de s’en emparer. Le Groenland, soutenu par sa puissance de tutelle, a rétorqué ne pas être à vendre et décider seul de son avenir. Territoire autonome du Danemark grand comme quatre fois la France mais recouvert à 80 % de glaces, le Groenland fascine pour ses hypothétiques ressources minières. Le secteur minier est pourtant quasi-inexistant, notamment en raison de difficultés techniques d’exploitation.

Fin août, la télévision danoise avait révélé qu’au moins trois Américains, liés à Donald Trump, avaient mené des opérations d’influence à travers l’île polaire. Mi-septembre, le ministre danois de la Défense était au Groenland avec ses homologues islandais et norvégien à l’occasion d’un exercice de grande ampleur avec des pays de l’Otan.

Outre les Danois, des troupes françaises, allemandes, suédoises et norvégiennes - en tout plus de 550 soldats - participaient à l’exercice «Arctic Light 2025» dont l’objectif est de renforcer la capacité opérationnelle des forces armées sur l’immense île arctique. Les Etats-Unis, eux, étaient absents.

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