Et si Donald Trump était, malgré lui, l’un des pères fondateurs d’un «Etat européen» en menaçant d’annexer de force un morceau du territoire de l’Union ? Pour Sylvain Kahn, historien et géographe, professeur au centre d’histoire de Sciences-Po, qui vient de publier l’Europe, un Etat qui s’ignore (CNRS éditions, 319 pages, 17 euros), les Européens ont déjà gagné la première manche en obligeant le président américain à renoncer à l’option militaire. Mais ils doivent être prêts à mener une guerre commerciale impitoyable pour s’affranchir définitivement d’une emprise américaine désormais inamicale.
Donald Trump n’impose-t-il pas un crash test aux ambitions politiques et géopolitiques de l’Union ?
Pour l’instant, les Européens ont réussi à passer ce crash test. Depuis dix jours, l’Union et les Etats qui lui sont proches, le Royaume-Uni et la Norvège, tapent du poing sur la table et s’opposent frontalement aux désirs d’annexion d’une partie de leur territoire par l’administration américain




