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Reportage

Guerre en Ukraine : à l’Opéra d’Odessa, une nuit au rythme des alertes

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Malgré les attaques incessantes de drones russes venus de Crimée sur le port de la mer Noire, la vie culturelle continue et le célèbre Théâtre de ballet et d’opéra de la ville ne désemplit pas.

A Odessa, la représentation au Théâtre d'opéra et de ballet est interrompue par des sirènes d'alarme antiaérienne, le 13 février 2026. (Jędrzej Nowicki/Libération)
Publié aujourd'hui à 18h00

«Interdit aux enfants et aux membres de la famille», indique un panneau à l’entrée des artistes du Théâtre d’opéra et de ballet d’Odessa. Mais sur l’immense scène, une demi-heure avant le début du spectacle, ce vendredi en fin d’après-midi, trois fillettes courent et s’ébrouent parmi les danseurs qui s’échauffent. A l’aise comme sur une aire de jeu, imitant les sauts de chat de leurs mères. Ces temps-ci, les écoles primaires et maternelles ferment souvent, ou plus tôt que d’habitude, à cause des coupures de courant et autres désagréments liés à la guerre.

Le petit Ivan, avachi sur une chaise, joue sur son téléphone, pendant que son grand-père, Victor Ianchuk, le régisseur, installé derrière sa console, effectue les derniers réglages. Sur l’écran, on voit la somptueuse salle à l’italienne aux cinq balcons se remplir peu à peu, un théâtre d’or et de velours carmin de 1 500 places environ. Depuis le début de la guerre, une représentation à guichets fermés ne reçoit plus qu’un millier de spectateurs, soit la capacité de l’abri antibombes, dans les sous-terrains, en cas d’alerte. A Odessa, les pieds dans la mer Noire et exposé

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