«Interdit aux enfants et aux membres de la famille», indique un panneau à l’entrée des artistes du Théâtre d’opéra et de ballet d’Odessa. Mais sur l’immense scène, une demi-heure avant le début du spectacle, ce vendredi en fin d’après-midi, trois fillettes courent et s’ébrouent parmi les danseurs qui s’échauffent. A l’aise comme sur une aire de jeu, imitant les sauts de chat de leurs mères. Ces temps-ci, les écoles primaires et maternelles ferment souvent, ou plus tôt que d’habitude, à cause des coupures de courant et autres désagréments liés à la guerre.
Le petit Ivan, avachi sur une chaise, joue sur son téléphone, pendant que son grand-père, Victor Ianchuk, le régisseur, installé derrière sa console, effectue les derniers réglages. Sur l’écran, on voit la somptueuse salle à l’italienne aux cinq balcons se remplir peu à peu, un théâtre d’or et de velours carmin de 1 500 places environ. Depuis le début de la guerre, une représentation à guichets fermés ne reçoit plus qu’un millier de spectateurs, soit la capacité de l’abri antibombes, dans les sous-terrains, en cas d’alerte. A Odessa, les pieds dans la mer Noire et exposé




