Deux semaines pile après l’annonce d’un «accord historique» sur l’armement depuis le perron de l’Elysée, Emmanuel Macron recevra lundi à Paris son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. «Les deux dirigeants échangeront sur la situation et sur les conditions d’une paix juste et durable, dans la continuité des discussions de Genève et du plan américain et d’une concertation étroite avec nos partenaires européens. Ils feront également le point sur le travail engagé sur les garanties de sécurité dans le cadre de la coalition des volontaires», a précisé l’Elysée.
Billet
«Vladimir Poutine doit accepter le cessez-le-feu ou se résoudre à exposer la Russie à de nouvelles sanctions qui épuiseront son économie, ainsi qu’au soutien redoublé des Européens à l’Ukraine», prévient de son côté le ministre français des Affaires étrangères dans un entretien à la Tribune Dimanche. Alors que le président russe conteste la légitimité de son homologue ukrainien, Jean-Noël Barrot rappelle que Volodymyr Zelensky «a été élu dans des élections ouvertes, transparentes et démocratiques, ce qui n’est pas le cas de Vladimir Poutine».
«C’est la guerre que le président russe a choisi de livrer qui empêche l’Ukraine de procéder à des élections. Quant aux affaires de corruption, elles doivent être traitées par les institutions compétentes, sans interférence avec le processus de paix», a-t-il estimé. Même s’il vient d’être contraint à limoger son chef de cabinet, Andri Iermak, bras droit extrêmement influent, à la suite d’une enquête anticorruption, Volodymyr Zelensky «dispose de toute la légitimité pour conduire l’Ukraine vers la paix», a ajouté Jean-Noël Barrot.
Réunion à Washington dimanche
Plus tôt ce samedi, Volodymyr Zelensky a fait savoir qu’une équipe de négociateurs ukrainiens est partie pour les Etats-Unis afin de discuter du plan américain visant à mettre fin au conflit avec la Russie. Cette délégation rencontrera dimanche à Washington le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, ainsi que Jared Kushner, le gendre du président américain, a fait savoir un responsable gouvernemental américain.
Kyiv a été la cible dans la nuit de vendredi à samedi de nouvelles frappes de drones et de missiles russes. Dans le même temps, l’Ukraine a revendiqué l’attaque par des drones navals de deux pétroliers de la «flotte fantôme» russe.
Emmanuel Macron a estimé mardi qu’il n’y avait «aujourd’hui clairement pas de volonté russe d’avoir un cessez-le-feu», appelant à «continuer de mettre la pression» sur la Russie pour qu’elle négocie. «Plusieurs participants» à une visioconférence des soutiens de l’Ukraine qui s’est tenue mardi ont «rendu compte de leurs échanges directs avec les Russes, en particulier avec le président Poutine», a rapporté le chef de l’Etat français. Selon lui, Moscou n’a pas non plus montré de «volonté de discuter» du projet de plan américain pour l’Ukraine amendé après des discussions entre Américains, Ukrainiens et Européens à Genève le weekend dernier.
«Une armée ukrainienne forte»
Le chef de l’Etat s’exprimait devant des journalistes à l’issue d’une visioconférence de la «coalition des volontaires», qui réunit plus de 30 pays, principalement européens, disposés à apporter d’une manière ou d’une autre des «garanties de sécurité» à Kyiv en cas de conclusion d’un cessez-le-feu ou d’un accord de paix avec Moscou.
Il a ainsi estimé qu’il fallait avant tout «une armée ukrainienne forte». Les «discussions à Genève ont montré qu’il ne devait pas y avoir de limitation à l’armée ukrainienne», a-t-il insisté, contrairement à ce que prévoyait une première mouture d’un plan américain que les Ukrainiens et les Européens se sont depuis efforcés d’amender.
Un groupe de travail a aussi été lancé le lendemain sur les «forces de réassurances» censées «consolider cette armée ukrainienne» en «deuxième rideau» en cas d’accord russo-ukrainien, a encore annoncé Emmanuel Macron. Il est «piloté par la France et la Grande-Bretagne, avec une association étroite de la Turquie qui joue un rôle-clé sur le plan maritime, et pour la première fois avec une implication des Etats-Unis d’Amérique», a-t-il ajouté, alors que le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a participé à la visioconférence.
Mise à jour à 20 h 08, avec l’ajout des déclarations du ministre Jean-Noël Barrot.




