Trois jours après une entrevue à Londres pour serrer les rangs autour de Volodymyr Zelensky, une nouvelle réunion de la «coalition des volontaires», qui rassemble des soutiens de Kyiv, aura lieu jeudi après-midi, a fait savoir le gouvernement français ce mercredi 10 décembre. Ce nouveau rendez-vous entre dirigeants occidentaux, coprésidé en visio par la France et le Royaume-Uni, «permettra d’avancer sur les garanties de sécurité à offrir à l’Ukraine et la contribution importante des Américains», a expliqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à la sortie du Conseil des ministres autour d’Emmanuel Macron à l’Elysée.
Billet
Cette annonce intervient dans la foulée de nouvelles critiques de Donald Trump. Le président américain, qui veut obtenir une paix coûte que coûte, s’est dit dimanche «déçu» de son homologue ukrainien, qui n’a selon lui «pas encore lu» le plan américain. Le milliardaire républicain a enfoncé le clou mardi en affirmant que l’Ukraine devrait organiser des élections, accusant Kyiv d’«utiliser la guerre» pour s’en abstenir.
Volodymyr Zelensky a de son côté répondu être «prêt» à des élections et assuré qu’il enverrait rapidement à Washington sa version révisée du plan américain pour l’Ukraine.
Le texte de Washington prévoyait que Kyiv cède des territoires non occupés par la Russie en échange de promesses de sécurité jugées insuffisantes pour l’Ukraine. Selon Volodymyr Zelensky, la question territoriale et les garanties de sécurité internationale figurent parmi les principaux points de blocage. L’Ukraine est persuadée que même si une paix finissait par être déclarée, la Russie l’attaquerait de nouveau tôt ou tard.
«Ralentissement» de l’aide à l’Ukraine
En outre, l’institut de recherche allemand Kiel Institute a émis ce mercredi matin une alerte sur l’aide militaire, financière et humanitaire à destination de l’Ukraine. Ce soutien pourrait atteindre son plus bas niveau en 2025, a prévenu l’organisme ce mercredi matin. Les Européens, qui en fournissent désormais l’essentiel, ne parvenant plus à compenser l’arrêt de l’aide américaine.
Avant de se désengager, à l’initiative de Donald Trump de retour à la Maison Blanche en janvier 2025, les Etats-Unis fournissaient plus de la moitié de l’aide militaire. Si les Européens sont dans un premier temps parvenus à compenser, ils ont ensuite flanché depuis le début de l’été, selon le Kiel Institute. «Si ce ralentissement se poursuit dans les mois à venir, 2025 deviendra l’année présentant le moins de nouvelles allocations d’aide pour l’Ukraine» depuis 2022, a prévenu le patron du Kiel Institute.
Infographie
Sur les dix premiers mois de 2025, 32,5 milliards d’euros d’aide militaire ont été alloués à l’Ukraine, essentiellement par l’Europe. En seulement deux mois, les alliés de l’Ukraine devraient allouer plus de 5 milliards d’euros pour égaler la plus faible année (37,6 milliards alloués en 2022) et plus de 9 milliards pour s’inscrire dans la moyenne de 41,6 milliards annuels versés entre 2022 et 2024. Or de juillet à octobre, seulement 2 milliards d’euros ont été alloués en moyenne chaque mois.
Selon les chercheurs du Kiel Institute, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont doublé voire triplé leurs contributions respectives, tandis que le soutien de l’Italie a baissé de 15 % et que l’Espagne n’a alloué aucune nouvelle aide militaire en 2025.




