Une fumée épaisse et des centaines de tonnes d’huile en feu. La Russie a poursuivi ce samedi 20 décembre ses frappes sur la ville et les infrastructures de la région d’Odessa dans le sud de l’Ukraine, provoquant un important incendie dans le plus grand terminal d’huile végétale du pays. Une autre frappe, vendredi soir, a tué huit personnes.
Moscou a intensifié ses attaques ces dernières semaines sur la région, près de la mer Noire, frappant installations portuaires, infrastructures énergétiques, ponts et autres équipements civils, sur fonds de pourparlers impulsés par les Etats-Unis pour tenter de mettre fin au conflit.
En images
«La Russie tente à nouveau de restreindre les accès de l’Ukraine à la mer et de bloquer nos régions côtières», a dénoncé le président ukrainien Volodymyr Zelensky ce samedi. Moscou avait prévenu d’une intensification des attaques en représailles aux frappes de Kyiv, qui se sont multipliées contre les pétroliers de la «flotte fantôme» russe.
«L’ennemi détruit délibérément l’infrastructure logistique de la région d’Odessa et terrorise les civils», a également fustigé ce samedi sur Telegram le vice-Premier ministre ukrainien chargé de la reconstruction, Oleksiï Kouleba, faisant état d’une nouvelle attaque tôt dans la matinée sur le port voisin de Pivdenny. Un employé est mort et deux autres ont été blessés dans l’incendie déclenché dans ce terminal, le plus grand d’huile végétale d’Ukraine, selon un bilan provisoire communiqué par Cornelis Vrins, directeur du commerce d’Allseeds, propriétaire du terminal.
Leader de la production d’huile de tournesol
Des images montrent des pompiers face à d’immenses flammes engouffrant d’énormes citernes portant le logo de l’entreprise, surplombées d’une épaisse fumée noire. «Des centaines de tonnes d’huile de tournesol» ont été perdues dans cet incendie selon Cornelis Vrins, qui affirme qu’il s’agit de la cinquième frappe, et la plus destructrice, depuis le début de l’invasion russe en février 2022.
L’Ukraine est l’un des leaders mondiaux dans la production d’huile de tournesol, mais la guerre a compliqué les exportations, notamment avec la fermeture des voies en mer Noire et les attaques russes sur les ports maritimes et du Danube.
Par ailleurs, des dizaines de milliers de personnes étaient toujours sans électricité dans la région d’Odessa samedi alors que Moscou vise particulièrement les infrastructures énergétiques, privant la population d’électricité et d’eau au début de l’hiver. Kyiv a de son côté revendiqué vendredi avoir frappé pour la première fois un pétrolier de la «flotte fantôme» russe «dans les eaux neutres» de la Méditerranée.
Questions-réponses
Ces attaques se poursuivent alors que des négociateurs ukrainiens et russes se sont rendus à Miami vendredi et samedi pour de nouvelles discussions avec les envoyés américains pour tenter de négocier un plan de sortie du conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. De fait, Washington a «proposé un format, autant que je sache, Ukraine, Etats-Unis, Russie», a précisé Volodymyr Zelensky, ajoutant que des représentants européens pourraient être présents et qu’il «serait logique d’avoir une telle réunion en commun […] une fois que nous aurons pris connaissance des résultats potentiels des réunions qui ont déjà eu lieu».
Selon lui, seuls les Etats-Unis sont capables de persuader la Russie de mettre fin à la guerre. «Je pense que les Etats-Unis et le président Trump ont cette force. Et je pense que nous ne devrions pas chercher d’alternatives aux Etats-Unis. Tout autre choix soulève des doutes» quant à la possibilité d’obtenir la paix, a-t-il déclaré.
«Pression totale»
Cela ne l’a pas empêché de demander une «pression totale» de la part de la première puissance mondiale sur son ennemi russe. «Les Etats-Unis doivent dire clairement : s’il n’y a pas de voie diplomatique, alors il y aura une pression totale», a précisé Zelensky, citant la possibilité par exemple de fournir plus d’armes à l’Ukraine ou d’étendre les sanctions à toute l’économie russe.
En outre, alors que Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à organiser une nouvelle élection présidentielle dans son pays, Vladimir Poutine a suggéré que la Russie pourrait cesser ses frappes en profondeur le jour où un scrutin aurait lieu. «Ce n’est pas Poutine qui décide quand et sous quel format les élections auront lieu en Ukraine», a lancé le chef d’Etat ukrainien ce samedi, écartant toute possibilité d’en organiser sur les territoires actuellement occupés par les forces russes.




