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Action, réaction

Guerre en Ukraine: l’Allemagne veut blinder son armée

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La guerre en Ukraine bouscule les principes de neutralité du pays et pousse le chancelier à se doter d’une armée plus crédible.

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, lors de sa visite au commandement des opérations de l'armée allemande à Schwielowsee, dans le Land du Brandebourg, le 4 mars. (Michele Tantussi/Reuters)
ParChristophe Bourdoiseau
correspondant à Berlin
Publié le 24/03/2022 à 5h51

Jusqu’au 24 février, l’Allemagne croyait qu’elle était encore «encerclée d’amis», comme ironisait l’ancien président fédéral, Johannes Rau. Mais avec une guerre en Ukraine, à dix heures de voiture de Berlin, le rêve d’une paix durable après la défaite de 1945 s’est effondré. «C’est un changement d’époque», a prévenu le chancelier, Olaf Scholz.

Alors que les Allemands étaient plongés dans la transition énergétique, ils parlent aujourd’hui de réarmement, de prolongation des centrales thermiques, de dissuasion nucléaire et de nouvelles responsabilités en matière de sécurité. L’Allemagne a abandonné son rêve de devenir une «grande Suisse» en Europe : «Ma génération a ressenti soudain un besoin de sécurité», a expliqué la jeune ministre écologiste des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui a jeté par-dessus bord – en quelques jours – tous les principes pacifistes de son parti des Verts.

«Stratégie nationale de sécurité»

Les Allemands bouleversent une politique étrangère qui consistait jusqu’à présent à «sortir le chéquier», dialoguer avec les dictateurs et se ranger derrière l’allié américain ou français pour les interventions militaires à l’étranger. La guerre de Poutine les oblige à se confronter à une «nouvelle réalité dans [leur] politique de sécurité», concède Anna

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