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Incendie de Crans-Montana : après le couple Moretti, l’enquête étendue à deux agents de la ville

Alors qu’un homme chargé de la sécurité de la commune, et qui avait inspecté le bar et ses normes de sécurité incendie en 2018 et 2019, a été mis en cause mercredi, une quatrième personne est à son tour inculpée, révèle la «RTS» ce jeudi.

La façade du bar Le Constellation, à Crans-Montana, le 1er janvier 2026. (Maxime Schmid/AFP)
Publié le 28/01/2026 à 21h19, mis à jour le 29/01/2026 à 10h25

Nouveau tournant dans l’enquête concernant l’incendie meurtrier du bar le Constellation, survenu dans la nuit de la Saint-Sylvestre, à Crans-Montana (Suisse). Alors que jusqu’à présent, seuls les époux Moretti, copropriétaires du bar, faisaient face à la justice, le ministère public du canton du Valais, qui enquête sur ce drame ayant entraîné la mort de 40 personnes et fait 116 blessés, annonce ouvrir deux nouvelles instructions pénales.

La première, annoncée mercredi et révélée par la télévision suisse publique RTS, concerne un ancien chargé de sécurité de la commune. Cet homme, responsable de plusieurs inspections menées dans le bar en 2018 et 2019 concernant le respect des normes incendies, sera auditionné le 9 février, d’après la RTS. La procédure vise à déterminer d’éventuelles responsabilités pénales liées aux manquements constatés dans le suivi des établissements publics, rapporte le média suisse.

Ce jeudi, l’actuel responsable du service de sécurité publique de la commune de Crans-Montana a été à son tour inculpé. Une mise en cause liée aux carences de contrôles effectués au sein du bar : une visite doit en principe avoir lieu chaque année, or la dernière inspection remonte à 2019. Cet homme sera entendu en qualité de prévenu par les procureurs et auditionné le 6 février, rapporte la RTS.

Avec ces deux nouvelles mises en cause, l’enquête s’étend donc désormais au niveau des responsabilités de la commune de Crans-Montana.

Des failles dans les contrôles de sécurité

L’incendie du bar Le Constellation, qui a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes dont des Français et des Italiens, a été provoqué selon l’enquête par les étincelles de bougies «fontaine» qui ont enflammé une mousse au plafond du sous-sol de l’établissement.

L’enquête devra notamment lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités, alors que la commune de Crans-Montana a notamment reconnu avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans l’établissement au cours de ces dernières années. Aucun contrôle n’a été effectué entre 2020 et 2025.

En tant que propriétaires de l’établissement, un couple de Français, Jacques et Jessica Moretti, font, eux, l’objet d’une instruction pénale pour «homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence». Jacques Moretti a été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 janvier après le paiement d’une caution. Il est placé, comme son épouse, sous mesures de contrainte.

Près d’un mois après le drame, neuf personnes grièvement blessées dans l’incendie sont toujours soignées en réanimation en France, a indiqué mercredi le ministère de la Santé, à l’occasion d’une visite de remerciements de l’ambassadrice de Suisse.

Au total, 20 victimes de l’incendie ont été accueillies dans les hôpitaux français. Dix-huit patients ont été accueillis le 1er janvier et les trois jours qui ont suivi. Deux ont été accueillis la semaine d’après, pour qu’ils puissent être soignés plus près de leur domicile. Sur les 20 patients, cinq ont pu regagner leur domicile, six se trouvent encore en soins intensifs et neuf sont encore en réanimation, a indiqué le centre de crise.

Mise à jour le 29 janvier à 10 h 25 avec la mise en cause d’une quatrième personne par la justice valaisanne

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