Après l’incendie, qui a fait quarante morts, dont vingt mineurs, et 116 blessés, «la plupart grièvement», dans un bar de Crans-Montana, la commune tient ce mardi 6 janvier une conférence de presse sur la situation.
Nicolas Féraud, président du conseil communal, a indiqué que l’étude de documents administratifs pour tenter d’établir comment le drame avait pu se produire, avait relevé des «manquements» aux contrôles périodiques du bar. «Les contrôles périodiques n’ont pas été effectués de 2020 à 2025» alors que la loi impose au service de sécurité communal «de faire ces visites périodiques annuellement» dans les établissements recevant du public. «Nous le regrettons amèrement», a-t-il ajouté, sans pouvoir expliquer pourquoi les inspections n’ont pas été faites. «La justice dira l’influence qu’a eu un tel manquement dans la chaine de causalité ayant conduit au drame.»
Reportage
Lors de contrôles en 2018 et 2019, «le chargé de sécurité communale» n’avait cependant «relevé aucun problème avec le revêtement phonique», en l’occurrence la mousse isolante de l’établissement, qui a pris feu très rapidement. «Il y a eu des travaux en 2015. Les travaux de la véranda ont été validés. En revanche, aucune demande n’a été faite pour les travaux intérieurs. […] Le propriétaire n’était pas obligé de faire une demande mais en l’occurrence, il ne l’a pas fait.»
«Jamais reçu d’alerte»
Même si une vidéo exhumée par le média suisse RTS a montré que des employés se méfiaient déjà en 2019 des bougies incandescentes et de la mousse, la commune n’avait «jamais reçu d’alerte», selon Nicolas Féraud. «Si nous avions su des choses, nous aurions fait toutes les procédures nécessaires pour qu’il n’y ait plus de danger.»
Interrogé sur le non déclenchement de l’alarme incendie, Nicolas Féraud a répondu : «Je pense qu’il n’y avait pas d’alarme incendie là-dedans. Un seul extincteur était suffisant pour la taille de ce local.» Ce qu’a confirmé le conseiller communal de sécurité publique de la commune de Crans-Montana, Patrick Clivaz, présent à ses côtés : «Un système d’alarme incendie n’est pas nécessaire pour ce type d’établissement.»
Le bar appartient depuis 2015 à deux Français, Jacques et Jessica Moretti, isés par une enquête et soupçonnés d’«homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence». Le président de la commune a assuré n’avoir aucun lien avec le patron, originaire de Corse et connu de la justice française pour des faits de proxénétisme il y a une vingtaine d’années. Nicolas Féraud a confirmé avoir ordonné la fermeture d’un deuxième établissement appartenant à cet homme, un restaurant.
«La commune assumera sa pleine responsabilité», a précisé Nicolas Féraud, qui a témoigné du souhait de Crans-Montana de se porter partie civile. «On ne quitte pas un navire au milieu de la tempête, on assume.» Tout engin pyrotechnique est désormais interdit dans les établissements qui accueillent du public à l’intérieur, a ajouté Nicolas Féraud.




