Le gouvernement italien met un peu plus la pression sur les autorités suisses. Lundi soir, il a exigé la mise en place d’une équipe conjointe d’enquêteurs dans l’affaire de l’incendie du bar de Crans-Montana, la nuit du nouvel an, qui a coûté la vie à 40 personnes.
Tant que cette condition ne sera pas remplie, Rome a prévenu que son ambassadeur en Suisse, rappelé samedi en signe de protestation contre la libération sous caution du propriétaire français du bar, ne reprendrait pas ses fonctions sur place.
La Première ministre, Giorgia Meloni, a reçu lundi l’ambassadeur Lorenzo Cornado, a indiqué le gouvernement italien. «Il a été décidé de subordonner le retour de l’ambassadeur en Suisse à la mise en place d’une coopération entre les autorités judiciaires des deux Etats et à la création immédiate d’une équipe d’enquête conjointe», indique le gouvernement. Et ce «afin que les responsabilités dans le massacre de Crans-Montana du 1er janvier 2026 puissent être déterminées sans plus tarder», précise Rome.
Six jeunes Italiens ont péri dans l’incendie du Constellation, dans la station de ski de Crans-Montana, dans le canton du Valais (Sud-Ouest), qui s’est déclaré tôt le 1er janvier, en plein fête de nouvel an. Giorgia Meloni avait exprimé samedi «la vive indignation du gouvernement et de l’Italie» après la libération vendredi du propriétaire français du bar, Jacques Moretti.
«Homicide par négligence»
L’incendie, qui a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes, a été provoqué selon l’enquête par les étincelles de bougies «fontaine» qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l’établissement.
L’enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités, alors que la commune de Crans-Montana a notamment reconnu avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans l’établissement depuis 2019.
Reportage
En tant que propriétaires de l’établissement, Jacques Moretti et sa femme font l’objet d’une instruction pénale pour «homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence». Ils ont été entendus mardi et mercredi sur les faits par la justice du canton du Valais. Début janvier, Giorgia Meloni avait annoncé l’ouverture par le procureur de Rome d’un dossier dans cette affaire.




