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Historique

Incendie meurtrier dans un bar en Suisse : avant le drame de Crans-Montana, de sinistres précédents

Le 5-7 en Isère, le Kiss au Brésil, le Pulse en Macédoine du Nord… Comme le Constellation, le bar suisse qui s’est embrasé la nuit dernière dans un incendie au bilan encore incertain, d’autres établissements festifs ont été ravagés dans l’histoire récente par des sinistres meurtriers.

Le dancing 5-7, à Saint-Laurent-du-Pont en Isère, après l'incendie qui l'a ravagé dans la nuit du 1er au 2 novembre 1970. (Photo/AFP)
Publié le 01/01/2026 à 18h26

«Une quarantaine» de personnes sont «décédées», selon les autorités suisses, après l’incendie qui a ravagé un bar lors de la nuit du nouvel an dans la station de ski de Crans-Montana, dans le canton du Valais. Un sinistre qui en rappelle d’autres. Passage en revue de certains des incendies dans des bars ou des boîtes de nuit les plus meurtriers dans le monde depuis le drame du 5-7, en Isère, le 1er novembre 1970.

Novembre 1970 : le 5-7 en Isère

146 morts, âgés de 14 ans à 25 ans. Le 1er novembre 1970, un incendie se déclenche dans une loge située au premier étage du 5-7, une boîte de nuit située à Saint-Laurent-du-Pont, à vingt kilomètres au nord de Grenoble, en Isère. Le bilan est terrible. Des fêtards qui tentent de s’échapper sont bloqués par les tourniquets qui régulent le passage et ne permettent que l’entrée dans l’établissement, pas la sortie. Ils périssent asphyxiés. «La mort a fermé le bal», titre l’hebdomadaire Paris Match, quelques jours plus tard.

Accusées de négligence et poursuivies pour homicides et blessures involontaires, cinq personnes sont condamnées en 1972 à des peines de prison avec sursis. Parmi elles, Gilbert Bas, le seul des trois fondateurs du 5-7 à avoir survécu à la catastrophe, et Pierre Perrin, le maire de Saint-Laurent-du-Pont. Un mémorial en hommage aux victimes a été inauguré en 1976, sur les lieux du drame.

Décembre 2004 : le República Cromañón à Buenos Aires

C’était, déjà, lors de la période des fêtes de fin d’année, précisément pendant la nuit du 30 au 31 décembre 2004. A Buenos Aires, en Argentine, plus de 3 000 personnes sont rassemblées au República Cromañón pour assister à un concert du groupe de rock Callejeros. La salle est conçue pour en accueillir à peine un millier. L’utilisation d’engins pyrotechniques dans l’établissement fermé déclenche un violent incendie. 194 personnes, en majorité des adolescents et des jeunes adultes, sont tuées. «A l’intérieur, il ne reste rien. Des bouts de verre, quelques restes d’une table de mixage, tout est noir. L’odeur est insoutenable», décrit à l’époque la journaliste de Libération sur place.

Janvier 2013 : le Kiss au Brésil

Une fête universitaire qui tourne à la catastrophe nationale. Le 27 janvier 2013, aux premières heures de la nuit, le plafond en mousse acoustique du Kiss, une boîte de nuit de Santa Maria, dans l’extrême sud du Brésil, s’enflamme à cause de feux de Bengale allumés par un groupe qui se produit ce soir-là. La discothèque, surpeuplée, ne dispose que d’une seule sortie de secours. 242 personnes sont tuées, asphyxiées, pour la plupart, par les fumées de cyanure qui se dégagent de la mousse d’insonorisation au plafond. La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, déclare trois jours de deuil national. En 2022, les propriétaires du Kiss sont condamnés respectivement à 22 ans et 19 ans de prison – un verdict qui sera cassé quelques mois plus tard, en raison d’un vice de procédure.

Mars 2025 : le Pulse en Macédoine du Nord

En Macédoine du Nord, l’incendie du Pulse, survenu dans la nuit du 15 mars au 16 mars 2025, coûte la vie à 63 personnes et provoque une crise politique. Le sinistre, là encore, a été déclenché par l’utilisation de feux d’artifice qui enflamment l’établissement, situé à Kocani, dans l’est du pays. Mais l’enquête révèle que la licence d’exploitation du Pulse a été obtenue de manière frauduleuse et que celui-ci n’avait pas le droit d’accueillir du public. Des milliers de manifestants se rassemblent à Skopje, la capitale, et dans le reste du pays pour dénoncer la corruption, les «assassins» et réclamer «justice pour les victimes». En octobre, plusieurs responsables politiques ont été inculpés dans le cadre de cette affaire, parmi lesquels deux anciens ministres de l’Economie.

Décembre 2025 : le Birch en Inde

L’autre incendie meurtrier en discothèque de la fin d’année 2025 s’est produit dans la nuit du 6 au 7 décembre au Birch, un établissement très fréquenté de l’Etat de Goa, dans le sud-ouest de l’Inde. Bilan : 25 morts, plusieurs blessés. Ce «tragique accident n’aurait jamais dû se produire» car «l’établissement fonctionnait sans autorisation en bonne et due forme et cette négligence a provoqué l’incendie» a déploré sur place le ministre en chef de l’exécutif local, Pramod Sawant. Les médias locaux ont expliqué que l’incendie pourrait avoir été causé par «l’explosion d’une bonbonne» de gaz.

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