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Royaume-Uni

«J’ai perdu ma liberté il y a quatre décennies à cause d’un crime que je n’ai pas commis» : au Royaume-Uni, un homme innocenté après 38 ans de prison pour meurtre

Peter Sullivan avait 30 ans en 1986 lorsqu’il a été arrêté pour le meurtre d’une femme de 21 ans. Pendant des décennies, l’homme a contesté en vain sa condamnation, avant d’être blanchi par la cour d’appel de Londres ce mardi, à 68 ans.
Peter Sullivan, après son arrestation. (Merseyside Police)
publié le 13 mai 2025 à 19h21

C’est l’une des pires erreurs judiciaires au Royaume-Uni. Un homme a été innocenté mardi par la justice britannique après près de 40 ans sous les verrous pour le meurtre d’une femme en 1986. Peter Sullivan, qui avait 30 ans quand il a été condamné et est désormais âgé de 68 ans, avait contesté en vain sa condamnation en 2008 et 2019. La cour d’appel de Londres l’a finalement innocenté, expliquant que l’ADN trouvé sur la victime ne correspondait pas au sien.

Peter Sullivan, qui a assisté à l’audience en vidéo depuis sa prison, a écouté la décision la tête baissée et les bras croisés. Il a pleuré et porté la main à sa bouche quand sa condamnation a été annulée. Dans une déclaration lue par son avocate, il a dit qu’il n’était «pas en colère» et «pas amer».

«J’ai perdu ma liberté il y a quatre décennies à cause d’un crime que je n’ai pas commis», a lu l’avocate. «Ce qui m’est arrivé est très injuste, mais cela ne diminue ou ne minimise pas le fait que tout cela s’est produit en raison d’une mort atroce», a-t-elle poursuivi.

Une preuve d‘ADN

Diane Sindall, une barmaid de 21 ans, avait été retrouvée morte à Bebington, Merseyside, dans le nord-ouest de l’Angleterre, en août 1986. Elle avait été agressée sexuellement et tuée alors qu’elle rentrait du travail. Peter Sullivan avait été arrêté le mois suivant et condamné en novembre 1987. Selon la BBC, il a été libéré en début d’après-midi.

La police de Merseyside a expliqué que la preuve de l’ADN n’était pas disponible lors de l’enquête initiale. Les policiers «feront tout» pour trouver la personne dont l’ADN a été laissé sur les lieux où Diane Sindall est morte, a déclaré l’enquêtrice en chef Karen Jaundrill. «Malheureusement, l’ADN identifié ne correspond à aucun autre dans la base de données nationale», a-t-elle ajouté.

«Reconstruire une vie avec lui»

Depuis la réouverture de l’enquête en 2023, la police a enquêté sur 260 hommes. Mais toutes ces pistes, ainsi que celles des proches de la victime, ont été écartées. La sœur de Peter Sullivan, Kim Smith, a dit à des journalistes après l’audience être «ravie» de la décision de la Cour d’appel. Mais «c’est une honte que tout cela soit arrivé», a-t-elle ajouté. «Nous avons récupéré Peter, et nous devons maintenant essayer de reconstruire une vie avec lui», a aussi dit la sœur de Peter Sullivan.

Pour Downing Street, «il est clair» qu’il a été «victime d’une grave erreur judiciaire». «Nous devons examiner attentivement […] comment cela a pu se produire», a déclaré un porte-parole. «Nos pensées vont également à la famille de Diane Sindall en ce jour qui doit être incroyablement difficile», a-t-il également dit.