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Censure

«J’ai préparé mon départ du pays en urgence si jamais» : en Turquie, la culture dans le viseur d’Erdogan

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La censure et les intimidations contre les artistes se multiplient ces derniers mois. Le 17 février, le chanteur d’un groupe de rock légendaire a été arrêté dans le cadre d’une «opération antidrogue» visant aussi une vingtaine d’autres célébrités.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan en novembre 2025 à Johannesburg pour un sommet du G20. (Alet Pretorius/Reuters)
Par
Romain Karouks
correspondance à Istanbul (Turquie)
Publié le 21/02/2026 à 10h40

Recep Tayyip Erdogan n’est pas connu pour son sens de l’autocritique. Pourtant, il est un sujet sur lequel, au fil des discours des dix dernières années, le président islamo-nationaliste turc exprime régulièrement ses regrets et son sentiment d’échec : la culture.

Bien qu’ayant mis la main sur l’immense majorité des médias, contrôlé l’essentiel du système scolaire et déversé des montagnes d’argent public pour financer des œuvres qui reflètent son idéologie, le pouvoir n’est pas parvenu, outre le succès de quelques séries nationalistes à gros budget, à façonner pleinement une culture hégémonique conforme à ses vœux, et craint de voir la jeune génération lui échapper. A défaut de pouvoir imposer sa propre culture, la censure apparaît comme la dernière optio

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