Recep Tayyip Erdogan n’est pas connu pour son sens de l’autocritique. Pourtant, il est un sujet sur lequel, au fil des discours des dix dernières années, le président islamo-nationaliste turc exprime régulièrement ses regrets et son sentiment d’échec : la culture.
Bien qu’ayant mis la main sur l’immense majorité des médias, contrôlé l’essentiel du système scolaire et déversé des montagnes d’argent public pour financer des œuvres qui reflètent son idéologie, le pouvoir n’est pas parvenu, outre le succès de quelques séries nationalistes à gros budget, à façonner pleinement une culture hégémonique conforme à ses vœux, et craint de voir la jeune génération lui échapper. A défaut de pouvoir imposer sa propre culture, la censure apparaît comme la dernière optio




