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Reportage

«Je me sens en sécurité avec la frontière à côté»: à Shyrivtsi, la détresse des déplacés ukrainiens

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Dans ce village proche de la Roumanie et relativement épargné par les combats, les échos des tragédies de Marioupol, Kharkiv ou Boutcha résonnent entre les murs de l’école reconvertie en centre d’accueil où 2 000 personnes fuyant l’est du pays se sont installées.

Natalya et sa fille Arina, originaires de Marioupol, regardent le paysage près du village de Shyrivtsi, le 28 mars. (Rafael Yaghobzadeh/Libération)
Publié le 31/03/2022 à 12h00

Ils sont deux fois plus nombreux que les réfugiés : les déplacés dits «internes» n’ont pas quitté l’Ukraine, mais ils ont eux aussi été chassés de leur foyer par la guerre. Distinction sémantique mais détresse commune. Les déplacés n’ont pas de famille ou d’amis à l’étranger, ils sont parfois trop pauvres pour émigrer, ou ils refusent d’abandonner leur territoire attaqué. Ils seraient environ 7 millions, selon les estimations de l’ONU – leur décompte est plus incertain que celui des exilés, enregistrés lors du passage de la frontière.

La majorité des déplacés internes sont passés du côté ouest du Dniepr, le grand fleuve qui sépare l’Ukraine en deux. Le plus loin possible des combats. Trois régions frontalières, en particulier, sont devenues des terres d’accueil : celles de Lviv, à proximité de la Pologne, d’Oujhorod, près de la Slovaquie, et de Tchernivtsi, proche de la Roumanie. Andreï, Na

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