L’éclat soudain d’une lampe torche lui soulève les paupières, alourdies de sommeil. Il fait sombre, entre les murs froids de la colonie pénitentiaire n°15 de Moguilev en ce petit matin du 13 décembre 2025. Mais pourquoi donc ce réveil impromptu, dix minutes avant l’heure cadencée, comme chaque matin, dans cette prison de l’est du Bélarus ? A ses côtés, les codétenus dorment toujours quand Sergueï Ivantsov voit un gardien s’approcher. Et de lui lancer : «Habille-toi, fais tes affaires, tu as une minute.» Franchissant le seuil de la cellule assoupie, le prisonnier est maintenu dans l’ignorance. S’apprête-t-on, de nouveau, à le transbahuter dans un autre centre de détention ? A le jeter en cellule disciplinaire, isolé de tout ?
A la vue d’une poignée de détenus dans un couloir, traînant eux aussi quelques affaires, Sergueï Ivantsov comprend ; aujourd’hui, il n’aura pas à scier ou assembler des palettes de bois, comme le prévoit le labeur forcé de la colonie n°15. Aujourd’hui, il est libre. Enfin, presque. Le voilà qui prend place dans un car, les mains liées dans son dos, les yeux masqués, pour six heures de trajet. Il fait partie




