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La chanteuse Björk appelle le Groenland, convoité par Trump et sous tutelle danoise, à déclarer son indépendance

L’Islandaise, aussi connue pour son engagement en faveur de l’environnement, a réaffirmé son combat pour la liberté des peuples en prenant fait et cause pour le territoire autonome.

La chanteuse Björk en concert au Mexique en avril 2017 (Carlos Tischler/NurPhoto.AFP)
Publié le 06/01/2026 à 18h41

En 2007, Björk le chantait, aujourd’hui elle le scande. «Chers Groenlandais, déclarez l’indépendance !!!!» a écrit l’artiste islandaise sur Instagram lundi 5 janvier, exhortant le peuple voisin à se défaire de la tutelle danoise.

Le post de la chanteuse, accompagné de sa stridente musique Declare Independence, souhaite «bonne chance à tous les Groenlandais dans leur lutte pour l’indépendance», alors que la première puissance mondiale lorgne l’immense île pour en faire le «51e Etat américain».

De récentes déclarations de Donald Trump ont ravivé les menaces d’annexion. A bord d’Air Force One, dimanche 4 janvier, le président américain, enorgueilli de son intervention contre le président vénézuélien, Nicolás Maduro, a répété sa petite musique impérialiste au sujet de l’île.

«D’un colonisateur cruel à un autre»

Et Björk de contre-attaquer avec la sienne – qui dégomme le Danemark au passage –, Declare Independence, une chanson punk et répétitive. Exposant «un point de vue personnel», les paroles de cet hymne à l’autodétermination peuvent servir selon la chanteuse à toute «lutte d’une nation opprimée».

Ce cri du cœur poussé pour ses voisins est d’autant moins surprenant que l’Islande a elle-même été sous domination danoise pour ne devenir autonome qu’en 1944. «Nous n’avons pas perdu notre langue (mes enfants parleraient danois aujourd’hui)», a écrit la chanteuse sur ses réseaux.

«La possibilité que les […] Groenlandais puissent passer d’un colonisateur cruel à un autre est trop brutale pour même l’envisager», a-t-elle également écrit, en référence aux politiques violentes menées par le Danemark à l’encontre de la population groenlandaise, traitée selon elle «comme des êtres humains de seconde classe».

Elle fait notamment référence aux mesures de stérilisation forcée menées entre 1966 et 1975, pour lesquelles la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, présentait en septembre des excuses publiques au nom de la couronne et promettait des compensations financières aux victimes.

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